Emploi et formations diplomantes

Élisabeth Borne : une ministre au travail pour l’emploi des jeunes

La nouvelle ministre du Travail, Élisabeth Borne, était dernièrement en visite dans le département du Nord, à Douai et à Lille. Un périple sur le thème : «Aucun jeune sans solution !»

Durant sa visite à l'AFPA de Lomme, Elisabeth Borne, la ministre du Travail, a évoqué les dispositifs confirmés quelques jours plus tard. (Aletheia Press / B.Dequevauviller)

Lors de son allocution du 14 Juillet, Emmanuel Macron a fixé un des axes majeurs de la rentrée : l’emploi des jeunes ! «Notre jeunesse doit être la priorité de la relance», a insisté le chef de l’Etat, alors que 700 000 jeunes devraient arriver sur le marché du travail à la rentrée. Dernièrement, c’est Elisabeth Borne qui est venue dans le Nord porter la parole présidentielle, alors qu’il pourrait y avoir 300 000 jeunes chômeurs de plus au second semestre de l’année 2020. De fait, le Nord pourrait être durement touché. On comptait 57 620 chômeurs en catégorie A (sans aucune activité) chez les moins de 25 ans au premier semestre de cette année. Quelques jours avant la présentation du «Plan jeunesse», à 6,5 milliards d’euros, par le Gouvernement, la nouvelle ministre du travail a notamment visité l’AFPA de Lomme et une antenne douaisienne du groupe Vitamine T, un des leaders en France de l’insertion par l’activité économique (IAE).

Une compensation de 4 000 euros

Depuis juin 2019, le groupe Vitamine T expérimente un programme spécifique dédié à l’accompagnement des personnes éloignées de l’emploi : le programme Dest1. C’est ce dispositif qu’Elisabeth Borne est venue découvrir. Elle a pu entendre le témoignage de jeunes accompagnés par la structure. «On se sent un peu impuissant, on envoie énormément de candidatures, mais il n’y a personne qui répond», a raconté Kimberley (22 ans), qui a depuis trouvé un stage en pâtisserie.

Parmi les mesures annoncées par la ministre et depuis confirmées lors de la présentation du «Plan jeunesse» : une compensation de charges de 4 000 euros par an pour les entreprises qui embauchent un jeune ou encore des primes pour les contrats d’apprentissage. En ce qui concerne les modalités, cette prime valable un an – et dont les entreprises pourront bénéficier pour les embauches du 1er août 2020 au 31 janvier 2021 – se traduira par un versement trimestriel aux employeurs dans la limite de 1 000 euros. Pour les jeunes en échec dans l’enseignement supérieur, 100 000 formations qualifiantes ou préqualifiantes seront proposées «dans les métiers d’avenir» (transition écologique, santé, numérique).

Retour des contrats aidés

Enfin, le Plan jeunesse marque aussi le retour des contrats aidés dans le secteur marchand, supprimés en 2017, mais en les ciblant vers les jeunes les plus éloignés de l’emploi. Sont ainsi prévus 60 000 contrats initiative emploi (CIE) pour des jeunes rencontrant des difficultés particulières d’insertion, dont une partie du salaire sera financée par l’Etat. Tout au long de sa journée nordiste, Élisabeth Borne a affirmé prendre le sujet des jeunes qui arriveront sur le marché du travail à la rentrée «à bras-le-corps». Avec un seul mot d’ordre : «Aucun jeune sans solution !»


Exonérations de charges et formations qualifiantes

Le 14 juillet, le président a notamment promis une exonération des charges aux entreprises, pour l’embauche de jeunes à «faible qualification, jusqu’à 1,6 Smic». Un dispositif «exceptionnel » selon le chef de l’État, «parce qu’il durera un à deux ans. On va l’évaluer». Emmanuel Macron a aussi annoncé la création de 100 000 services civiques dans les six prochains mois, soit presque un doublement par rapport aux 140 000 existants, et des formations qualifiantes supérieures «pour permettre à un jeune qui n’a absolument aucune issue, aucune perspective d’embauche, de poursuivre un peu ses études avec un accompagnement social».