Entretien avec André Flajolet, président de l'Association des maires du Pas-de-Calais

«Ce fut une aventure passionnante au service de tous les élus»

Nous avons rencontré André Flajolet, président de l’Association des maires du Pas-de-Calais jusqu’au Congrès départemental qui vient d’être annulé suite à la crise de la Covid-19. Celui-ci a accepté de nous livrer quelques-unes de ses réflexions de fin de mandat.

"Je souhaite rester fidèle à mes engagements pour l’environnement et pour la solidarité" a rappelé André Flajolet. © ACT'STUDIO

La Gazette : Au terme de ce mandat, quel bilan tirez-vous ?
André Flajolet : L’AMF 62 vient de réaliser un mandat d’équipe autour de trois thèmes majeurs : présence constante auprès des maires, défense à la fois des symboles et des spécificités municipales, utilisation des nouveaux outils de communication pour accélérer la réactivité et mieux diffuser l’information car connaître est aujourd’hui indispensable
Cette vie départementale de l’AMF, c’est la symbolique du drapeau du centenaire de la première guerre siglé au nom de chaque commune ; c’est un ensemble de réunions d’arrondissement sur les réformes vécues par les collectivités où l’autonomie communale fut parfois mise à mal ; c’est 25 conseils d’administration au siège ; c’est la crise de la Covid gérée avec l’État et le Conseil départemental, pour ne citer que quelques enjeux.
Je remercie mes collègues maires qui ont assuré des représentations importantes pour l’AMF 62 : à la présence postale, sur les questions agricoles, sur le contrat de ruralité, le logement et les mobilités, l’urbanisme communal, sujets essentiels pour de nombreuses communes. Ce fut une aventure passionnante au service de tous les élus. La présidence de l’AMF réclame disponibilité, capacité d’écoute et surtout humilité. Ce n’est pas un poste tremplin pour une carrière personnelle. C’est même souvent l’abnégation, voire une prise de risque. Il suffit de voir le nombre de maires qui, dans la discrétion et parfois contre leur opinion, ont contribué à soulager le Calaisis de la pression migratoire par solidarité et respect de la dignité due à toute personne.

Qu’aviez-vous prévu pour la journée du Congrès départemental du 1er octobre annulé pour cause de Covid ?
Nous avions préparé ce congrès dans le respect des exigences Covid et dans le souci d’être utile au plus grand nombre car beaucoup d’élus sont nouveaux, mais nombre de problèmes le sont aussi.
Six ateliers étaient proposés au fil de la journée et plus de 50 stands d’information étaient annoncés. Les termes dominants de la journée étaient : convivialité, formation/information, pragmatisme, sujets d’actualité, en particulier la Covid et la question scolaire. Le préfet et les présidents du Conseil régional et du Conseil départemental devaient s’exprimer sur les mesures de relance proposées aux collectivités.
Six ateliers étaient programmés sur les thèmes suivants : statut de l’élu local, pouvoirs de police du maire, gestion du personnel communal, élaboration du budget, responsabilité pénale et civile du maire, et fondamentaux de l’intercommunalité. Ce congrès devait être le dernier chapitre de ma présidence. Vu l’absence de congrès, j’ai adressé à chaque maire et président d’intercommunalité un bilan d’action et un bilan financier. De même, les ateliers prévus sont en cours de réalisation en studio et seront disponibles pour les élus sur le site de l’AMF 62 courant octobre.

Quelles réflexions vous inspirent cette fin de mandat ?
La philosophie m’a appris à prendre de la distance et à aller à l’essentiel. C’est pourquoi j’adresse d’abord un merci au préfet Fabien Sudry et à son successeur Louis Le Franc tant le travail avec l’État fut intense, courtois et productif, très souvent en lien avec le président Jean-Claude Leroy du Conseil départemental. Je pense en particulier aux réformes qui ont affecté les collectivités, les finances publiques ou le déploiement des maisons de service public. Je pense aussi à ce séisme qu’est la Covid 19, en particulier pour les enfants, la vie éducative et associative.
Un autre merci aux maires, souvent des petites communes qui ont donné de leur temps pour être au service de tous et qui ne retrouveront pas leurs responsabilités, et à mon équipe administrative qui a été remarquable de dévouement et de disponibilité.
J’ai vécu ce mandat en mettant fin aux clivages partisans pour faire vivre une majorité d’idées représentative de l’immense majorité des maires. Je souhaite rester fidèle à la notion communale, cellule de base de la République et à mes engagements pour l’environnement et pour la solidarité.

Vous êtes vice-président national de l’AMF auprès de François Baroin. Pensez-vous rester à ce poste ?
Sur le principe rien ne s’y oppose. Ma fonction nationale pour promouvoir une «économie verte» est de pleine actualité et les maires sont aux premières loges : économie circulaire, aménagement du territoire, nouvelles sources énergétiques, gestion patrimoniale de l’eau… Mais je préfère éviter les éventuels conflits entre les engagements de l’AMF Paris et les actions de l’AMF 62. N’oubliez pas que je suis un ancien professeur de philosophie, on ne se refait pas.