Enseignement supérieur

Une rentrée hybride à l’IESEG School of Management

A l’heure de l’enseignement supérieur dans un monde post-Covid, l’IESEG Lille refond son programme « Grande Ecole », tout en adaptant son approche aux nouvelles contraintes sanitaires. En pleine réorganisation, l’école de management veut former des managers ouverts vers le monde.

90% des diplômés de l'IESEG trouvent un emploi durant avant même la fin de leur cursus ou dans les deux mois qui suivent leur diplôme. Crédit photo Barbara Grossmann - IESEG

C’est une rentrée inédite qui s’annonce pour l’ensemble des établissements. Après avoir dû faire face à une digitalisation totale des cours dès le mois de mars, ils se préparent à accueillir leurs élèves dans des conditions particulières. «Pour aller plus vite et plus loin, il a fallu nous réorganiser. L’enseignement supérieur est confronté à de sérieux défis, qu’ils soient sociétaux, environnementaux et économiques», explique Jean-Philippe Ammeux, directeur de l’IESEG School of Management. Cette réorganisation passe par la refonte du programme « Grande Ecole » (master en management en cinq ans), basée sur une approche interdisciplinaire et interculturelle, en phase avec la vision 2025 impulsée dans l’école. En parlant de «changemakers», l’IESEG colle aux attentes des entreprises en formant des managers aux compétences à la fois techniques, stratégiques et collectives. Ce nouveau programme « Grande Ecole » implique aussi une interdisciplinarité entre les cours puisque les étudiants seront réunis autour d’un projet commun, transversal à divers enseignements et tiré d’une situation réelle d’entreprise. Douze parcours seront possibles (contre neuf les années précédentes) avec un renforcement des disciplines de digital marketing, de financial management & control ou encore de financial transactions and corporate strategy. Les étudiants seront aussi formés aux data sciences. L’IESEG veut donc combiner une triple performance en «people, planet et profit», comme détaille le directeur : «Un bon manager doit soutenir le profit, mais il serait irresponsable de ne viser que cela. La combinaison des trois complique la tâche des managers qui doivent savoir arbitrer. Chaque discipline s’est complexifiée et les diplômés doivent être encore plus compétents.»

«Faire de l’enseignement en distanciel n’est pas si simple»

L’IESEG mise sur le présentiel : à la rentrée, 60% des cours sont proposés dans les établissements. Un choix évident : «C’est un souhait des enseignants, des étudiants et des familles. Nous privilégions les cours en présentiel car la situation est perturbante pour les étudiants. Nous sommes face à un nouveau défi : être performant en présentiel comme en distanciel», poursuit Jean-Philippe Ammeux. Même si l’IESEG s’est affranchie des amphithéâtres de centaines d’étudiants depuis plusieurs années – désormais les cours comprennent une trentaine d’étudiants –, il faut malgré tout s’adapter à un enseignement différent. L’école a investi plus d’un million d’euros dans le matériel et l’équipement de salles dites «hybrides», sans compter la formation du corps professoral. S’il ne craint pas pour l’insertion professionnelle de ses diplômés (6 000 étudiants sur les deux campus de Lille et de La Défense), Jean-Philippe Ammeux reste prudent quant à une reprise économique : «Il est clair que cela sera compliqué pour des secteurs comme l’hôtellerie et le tourisme. L’économie française est sous perfusion. Quand on aura débranché, il faudra voir comment cela se passe.»