Start-up créée en 2018 et basée sur le site d’Eurasanté à Lille

Avec sa rétine artificielle, Axorus commence à y voir plus clair

La société lilloise Axorus a développé des prototypes de rétines artificielles. Il faut désormais les tester. Un bel espoir pour les malades atteints de dégénérescence maculaire liée à l’âge.

L'équipe Axorus (de g. à dr.) : Arnaud Facon (ingénieur électronicien), Jean-Damien Louise (CEO-business), Hélène Moulet (Responsable ingénierie), Clémence Cossec (Directrice technique) et Julien Voillot (ingénieur matériaux). (© Aletheia Press / B.D.)

 

Tout le monde a entendu parler de la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), cette maladie de la rétine provoquée par une dégénérescence progressive de la macula, partie centrale de la rétine, et qui provoque un affaiblissement important des capacités visuelles. Axorus, une start-up créée en 2018 et basée sur le site d’Eurasanté à Lille, travaille depuis deux ans sur cette maladie extrêmement handicapante et sur d’autres pathologies liées à la vision. «Nous avons décidé de travailler plus précisément sur la rétine, explique Jean-Damien Louise, cofondateur et aujourd’hui directeur d’Axorus. Car, plus globalement, nous sommes spécialisé dans le développement d’interfaces neuro-électroniques.»

Premiers prototypes opérationnels

Pour mener à bien leurs recherches, les dirigeants lillois ont commencé par trouver des partenaires pour mettre au pot. Finovam, NFA et la BPI et bien sûr l’incubateur Eurasanté – dont la mission est d’assister les projets innovants en émergence et les créations d’entreprises s’inscrivant dans l’innovation – ont répondu présent pour une levée de fonds de 1,5 million d’euros. Enfin, la Satt Nord, qui facilite le transfert de technologies issues de la recherche publique dans les Hauts-de-France et Champagne-Ardenne, a permis à Axorus d’aboutir à un projet de rétine artificielle. Aujourd’hui, les premiers prototypes opérationnels sont même prêts. Mais il va falloir maintenant les tester. A terme, ce sera peut-être la solution pour redonner une lueur d’espoir aux malades. Mais il reste du chemin à parcourir…

Un neurone artificiel au cœur du projet

«L’idée était de faire communiquer le système nerveux avec des implants ou des dispositifs électroniques, détaille de façon très précise Jean-Damien Louise. Notre technique est donc basée sur un neurone électronique qui a été développé par un laboratoire du CNRS. Désormais, nous voulons utiliser ce neurone pour servir de pont de communication entre les futurs implants et le système nerveux des patients.» Les concepteurs de ces rétines artificielles vont bientôt les tester sur l’animal, en l’occurrence sur le rat. «Notre objectif est de prouver que cela fonctionne, et que cela fonctionne aussi bien technologiquement que commercialement», explique encore le directeur d’Axorus.

Les tests seront réalisés à l’Institut de la vision à Paris. En fonction des résultats, Axorus obtiendra alors, ou pas, l’autorisation de mise sur le marché… «On verra ce que ce le régulateur nous dit», relativise Jean-Damien Louise, pour qui des évolutions sur la technique sont largement envisageables. Quelles sont désormais les conditions à remplir ? «Il faut démontrer qu’il n’existe aucun danger avec notre technique. Et il faut aussi qu’elle apporte quelque chose de plus par rapport ce qui existe déjà.» Si les résultats des tests sont probants et que le régulateur donne son accord, Axorus pourrait alors obtenir rapidement l’autorisation de tester ses rétines artificielles directement sur l’homme.