A Ruitz, le Village d’entreprises a le moral

I-Plast, entre opportunités et adaptation

Période post-Covid oblige, si les mesures nationales et régionales sont déclinées localement par les agglomérations, ces dernières mobilisent, en plus de fonds, des outils territoriaux qui ont fait leurs preuves. Exemple à Ruitz, dans le bassin minier.

Le Village d’entreprises de Ruitz affiche quasiment complet malgré la période compliquée. (© Aletheia Press / M.R.)

A Ruitz, 1 700 habitants, ruralité et industrie. Ici, à la périphérie du bassin minier, la mutation économique n’est pas un vain mot. Et, avec la Covid, les acteurs du territoire doivent se projeter, au-delà de la survie, vers la transformation de leurs activités.

Dans le village d’entreprises de la zone d’activités, il ne reste qu’une cellule de vide. «On est sur un site de 130 locataires et 5 bâtiments», indique Olivier Gacquerre, président de l’Agglomération et maire de Béthune.

L’Agglomération a soutenu ceux qui avaient du mal à tenir, et constaté que d’autres s’adaptaient au fur et à mesure des opportunités. C’est le cas de Vincent Caulier, 48 ans, dans la plasturgie depuis 20 ans et dirigeant d’I-Plast. Après sa création dans son garage et une série de déménagements, l’entreprise s’installe à Ruitz en 2007. Spécialisée dans le Plexiglas, l’entreprise emploie six salariés et dispose de 800 m² (atelier, showroom et bureau). «On est un peu à l’étroit maintenant», sourit le dirigeant. S’il conçoit que l’utilisation du Plexiglas va devenir de plus en plus encadrée avec les lois régissant l’environnement, il n’aura pourtant jamais autant produit que lors de la crise sanitaire : les plaques de Plexiglas, pour la protection dans les commerces et grandes surfaces, ont généré un doublement du chiffre d’affaires, passant de 400 à plus de 800 000 euros en quelques mois…

I-Plast, spécialiste du Plexiglas, a tiré parti de la crise sanitaire en réorientant sa production et en imaginant de nouveaux produits. (© Aletheia Press / M.R.)

Elargir le spectre du marché

«On a dû recruter six intérimaires pendant le confinement et sur une partie de l’été. J’ai gardé une personne de plus en CDI depuis.» L’activité s’oriente autour d’objets PLV de plus en plus particuliers. Un professionnel de Wimereux a ainsi travaillé au design d’une chaise en hêtre (bois régional), exposée dans le showroom : «On croit à la production locale.» Dans son offre de produits à venir, une option «recyclage» apparaîtra très probablement. «Aujourd’hui, on recycle 60 à 70 tonnes de Plexiglas», souligne Vincent Caulier. Le métier change et les débouchés s’élargissent : de simple producteur, la société s’oriente vers le B to C avec un site internet marchand. L’an prochain, I-Plast devrait faire bâtir des locaux sur une parcelle de 1 200 m², sise sur le site, de quoi faire face à son activité.


L’Agglomération en appui

La communauté d’agglomération Béthune-Bruay Artois-Lys romane vient de s’inscrire dans le plan de relance de l’Etat et de la Région. Pour chaque euro investi par les premiers partenaires, le territoire mettra deux euros par habitant. «A travers les prêts que nous allons faire via les structures dédiées (comme Initiative Artois), c’est une forme de redistribution. Nous avons tout intérêt à ce que nos entreprises passent le cap : ce sont nos recettes de demain», explique Olivier Gacquerre, président de l’Agglomération. Au village d’entreprises de Ruitz, la collectivité a remis certains loyers ou orienté les entreprises vers des structures d’accompagnement.