Villeneuve-d'Ascq

L’intelligence artificielle au service de l’industrie 4.0

Dans le monde de l’industrie, on estime à 630 milliards d’euros le surcoût lié aux opérations de maintenance non planifiées. A l’heure de l’industrie 4.0, la maintenance prédictive est essentielle pour éviter les arrêts de production. La start-up Wavely vient de lancer un capteur pour surveiller la santé des machines, en utilisant toutes les propriétés de l’intelligence artificielle.

Marion Aubert présente le capteur intelligent et connecté Wavely Predict.

A la tête de cette PME de dix-sept salariés, trois cofondateurs : Marion Aubert, diplômée d’HEC, Nicolas Coté, acousticien, et Alexis Vlandas, chercheur au CNRS. «L’industrie met déjà en place la maintenance préventive, mais cela ne protège pas entièrement des pannes imprévues. Il faut avant tout repérer les signes annonciateurs pour aider la machine à vivre plus longtemps, en permettant aux équipes de s’organiser. En étudiant les vibrations des pièces les plus critiques d’une machine tournante – roulements, courroies, pompes –, on peut anticiper les futures pannes», explique Marion Aubert, présidente. La PME vient de lancer un capteur intelligent et connecté, Wavely Predict, qui s’appuie sur des modèles en combinant quatre types de signaux : acoustiques, vibratoires, électromagnétiques et thermiques. Connectés par un réseau sans fil, ces capteurs peuvent être installés n’importe où, sans formation spécifique. Une application mobile permet aux techniciens, opérateurs ou prestataires de service externe de consulter l’état des machines à tout moment, sur site ou à distance. «Cela permet d’avoir un suivi sur les machines éloignées, dangereuses ou difficiles d’accès», précise Marion Aubert, qui complète : «Il ne s’agit pas de remplacer un être humain. Mais quand il y a un niveau de bruit important ou que les collaborateurs ne sont pas sur site, les capteurs facilitent la maintenance. Ceux qui connaissent le mieux les machines sont les collaborateurs. On leur donne juste des oreilles supplémentaires.» Après une première série lancée cet été, la commercialisation est prévue pour la fin d’année.

Coconception régionale

Si les clients de Wavely sont plutôt nationaux (industrie agroalimentaire, pharmaceutique, acteurs de l’énergie…), la PME souhaite s’internationaliser dès l’an prochain (Allemagne, Italie, Benelux…). Le capteur a été imaginé en Hauts-de-France, en coconception avec le bureau d’études en objets connectés BlueGriot, basé à Eurasanté. Wavely s’occupe de la partie logicielle ; neuf mois de R&D ont été nécessaires pour la conception de ce capteur, amené à voir ses fonctionnalités évoluer au fil du temps. «Nous voulons aider les entreprises à se lancer dans la maintenance prédictive», poursuit Marion Aubert. La PME s’est fixé l’objectif d’atteindre 1,5 M€ de chiffre d’affaires dès l’année prochaine.