L’Histoire en portraits

Catherine de Médicis

À rebours de l’image détestable de Catherine de Médicis, reine jugée despotique et impitoyable, tenue pour responsable de la Saint-Barthélemy, Marcello Simonetta retrace le parcours hors du commun de la descendante de Laurent le Magnifique, héritière convoitée de la fortune d’une famille étroitement liée à la papauté. Entre assassinats, pièges et trahisons, deuils et humiliations, cette jeune orpheline apprend à devenir reine, se montrant capable de traverser les grands bouleversements politiques et religieux de son époque, et de surmonter les épreuves cruelles qui jalonnent sa vie d’épouse et de mère, pour asseoir un pouvoir qui lui revient de droit. Tiraillée entre deux clans, les Médicis et les Strozzi, qui, au gré des alliances, s’unissent et se déchirent, mais aussi pressée de défendre les intérêts de la France, Catherine fait preuve d’une ténacité et d’une énergie rares. Dans ce dernier volet de la trilogie consacrée à l’histoire tumultueuse des Médicis, l’auteur nous guide au milieu des intrigues des familles florentines et des machinations des cours françaises de la Renaissance.

Catherine de Médicis. Histoire secrète d’une querelle de famille de Marcello Simonetta (Editions Albin Michel – Traduit de l’italien par Patrizia Sirignano).

 

Le Régent

Dans la mémoire collective, le régent demeure encore le libertin aux moeurs légères qui incarna mieux que quiconque cette époque festive et insouciante que fut la Régence. Cette image réductrice ne doit pas faire oublier que Philippe d’Orléans fut aussi un compositeur et instrumentiste accompli, un peintre talentueux, un scientifique de premier ordre. Admiré pour ses talents militaires et sa bravoure sur les champs de bataille, il suscita l’admiration de la Cour avant que ses provocations, ses excès et ses égarements ne finissent par lasser jusqu’au Roi-Soleil. Cependant, après la mort de Louis XIV, il gouverna la France durant huit ans de 1715 à 1723, période durant laquelle il mit en chantier de nombreuses réformes, dont certaines novatrices. Pour assurer la paix extérieure, il n’hésita pas à s’allier avec l’Angleterre, remettant en cause temporairement la politique étrangère menée par Louis XIV, et s’attacha à préserver le pouvoir absolu du jeune roi Louis XV. En s’appuyant sur les dernières avancées de la recherche, Alexandre Dupilet offre un portrait profondément renouvelé de ce personnage déroutant, insaisissable et pétri de paradoxes.

Le Régent. Philippe d’Orléans, l’héritier du Roi-Soleil d’Alexandre Dupilet (Editions Tallandier).

 

Élie Decazes

Cet ouvrage passionnant retrace le destin hors du commun d’un personnage méconnu du grand public, qui contribua à faire entrer la France dans la modernité. Il apparaît ainsi au grand jour à 35 ans, au lendemain des Cent-Jours, lorsqu’il accède au poste de préfet de police de la Restauration. Puis, devenu le favori de Louis XVIII, il est nommé ministre de la Police puis ministre de l’Intérieur. Il est alors l’homme le plus puissant de France et, à 39 ans, devient en 1819 un des plus jeunes présidents du Conseil de l’histoire. Cependant, l’assassinat du duc de Berry provoque sa chute et, à moins de 40 ans, il quitte le pouvoir. Il devient alors un pair de France influent sous la Restauration et la monarchie de Juillet. Épris de nouveautés, il multiplie les expériences agricoles et se lance dans l’aventure industrielle avec l’exploitation des forges de l’Aveyron qui vont donner naissance à Decazeville. Soit la trajectoire singulière d’un serviteur de l’Etat restituée ici dans toute sa richesse et sa complexité.

Élie Decazes de François de Coustin (Editions Perrin).