Ouverture des lignes TER à la concurrence

Remettre le client au cœur du parcours ferroviaire

La procédure est longue mais les Hauts-de-France ont décidé de passer le cap en ouvrant trois lignes TER à la concurrence. Un moment historique dans l’histoire du ferroviaire, monopolisé par la SNCF. De nouveaux trains sont prévus à fin 2023 sur ces trois lots qui cumulent 5 millions de trains-kilomètres par an sur les 22 millions que compte le réseau.

En Allemagne, Transdev détient 7% de parts de marché sur le transport ferroviaire. © Bob Fotograf

En janvier dernier, le conseil régional des Hauts-de-France a délibéré sur la mise en concurrence de 20% du réseau TER régional, concernant 364 millions de voyageurs. L’appel à candidatures a été clôturé fin octobre, pour une attribution des marchés fin 2021/début 2022 et une mise en œuvre prévue fin 2023. Trois lots seront ouverts à la concurrence : la ligne Paris-Beauvais, l’étoile d’Amiens (réseau diversifié vers Abbeville, Laon, Creil, Compiègne, avec des voies neuves et des voies secondaires) et l’étoile de Saint-Pol (lignes entre Saint-Pol-sur-Ternoise et Arras, Béthune et Etaples).

Ce moment historique de changement d’opérateur est l’occasion pour Transdev, déjà bien installé en Hauts-de-France à travers plusieurs filiales, de se positionner sur ce marché qui ne lui est pas inconnu puisque l’opérateur gère plus de 30 lignes ferroviaires en Allemagne (soit 7% des parts de marché), mais aussi en Australie ou en Suède – ce qui en fait le premier opérateur privé pour le transport ferroviaire de voyageurs dans cinq pays –, et plus près de chez nous, en Bretagne avec le tram-train. Au cœur de la stratégie de l’opérateur : la qualité du service rendu au passager, rudement mis à l’épreuve l’an dernier avec les grèves à répétition. «Les Français aiment le train mais l’assimilent aux grandes distances, car il y a de moins en moins de lignes de proximité. Nous devons avoir une logique sur l’équitabilité d’accès au réseau, sur la garantie du matériel roulant, sur l’organisation du travail…», détaille Edouard Hénaut, directeur général de Transdev France. En attirant davantage de passagers, l’opérateur espère donc baisser le coût du transport pour le passager. D’autant plus que la région voit une augmentation de son trafic chaque année.

Proposer un parcours le plus fluide possible

D’ores et déjà, Transdev a mis sur pied une équipe à Amiens pour «prendre la température». L’opérateur, présent dans 17 pays, propose pas moins de 17 modes de transport au service des collectivités, des entreprises et du public : car, bus, trottinette ou vélo. «Les clients cherchent avant tout un opérateur de proximité. La perception du rail est dégradée et la Région, en s’ouvrant à la concurrence, cherche à offrir aux usagers un parcours fluide et intégré», résume Vincent Destot, directeur régional. Bus, cars, modes doux… Transdev mise sur son maillage pour interconnecter plusieurs services mais aussi sur son expertise en maintenance, un domaine pour lequel il prévoit de d’augmenter ses effectifs s’il est retenu.