TREIZIÈME CONFÉRENCE PERMANENTE DU SRDE

Le Nord-Pas-de-Calais mérite un meilleur traitement

Publié dans l'édition Nord N. 8350 par

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« Je ne me remets pas du traitement fait à la région. La place qui nous a été faite dans le programme d’investissements d’avenir n’est pas digne. La logique qui a été appliquée n’est pas la logique de l’aménagement du territoire, c’est une logique de renforcement de celui qui est déjà fort. C’est inquiétant pour notre région. Nous avons longtemps servi l’Hexagone avec nos ressources minières. Le Nord est une des dernières colonies françaises. Avec l’automobile, nous n’avons eu que des outils de production. On est en train de creuser l’écart…” Philippe Vasseur, président de la CCI de région, n’a pas apprécié de voir la région échapper à l’essentiel de ce programme, parlant même de “camouflet”. Cinq équipements d’excellence (Equipex), un laboratoire d’excellence (Labex) sur cent, un institut de recherche technologique (Railenium), une société d’accélération de transfert et de technologie, “ce n’est pas la place de la région et, en termes d’image, le dégât est fait”.

Des projets qui tirent vers le haut. Ce coup de sang, d’autres auraient sans doute pu l’exprimer aussi lors de la treizième conférence permanente du schéma régional de développement économique (SRDE) qui s’est tenue à Lille, le 8 juin. Pierre de Saintignon, son président, et vice-président du Conseil régional, a certes lui aussi marqué la déception du Nord-Pas-de-Calais sur le traitement qui lui a été infligé : “Nous sommes dans l’eau. Nous avons le droit à être reconnu dans notre volonté de dynamisme. La région est en mouvement, met les moyens, s’engage, se bat puissamment…”, allant jusqu’à imaginer “le jour où nous aurons trouvé l’excellence dans tous nos paramètres”. Mais, assurément, le SRDE n’est pas un lieu où il fait bon épancher ses récriminations, mais bien un lieu où “tous marquent leur adhésion à la démarche initiée depuis son lancement, (où) dans nos différences, nous sommes en train de créer le chemin du possible par la construction de projets qui tirent vers le haut”. Le lancement de la mission d’enquête “Valorisation économique de la recherche” entend y contribuer quand les CCI affichent de leur côté leur volonté de contribuer à trouver des solutions en s’investissant dans la réussite des pôles de compétitivité et des pôles d’excellence, en aidant les PME à devenir des ETI et à accéder à la R&D, en créant une fondation partenariale avec le Pôle de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) pour booster la recherche…

 L’après-PLDE. De “gros sujets” (de satisfaction, cette fois), il n’en a pas manqué lors de cette conférence permanente “fatigante, très attentive, concentrée”. Il y eut ainsi l’adoption des quatre derniers plans locaux de développement économique (PLDE), ceux du Pays du Pévélois, des communautés d’agglomération Valenciennes Métropole et de la Porte du Hainaut, du Pays maritime et rural du Montreuillois. “Pour certains, c’est une confirmation, pour d’autres, c’est le début d’une réflexion commune, d’un projet à partager”, a commenté Pierre de Saintignon, pas mécontent d’avoir mené à bien la déclinaison territoriale du SRDE engagée en 2005, avant de (re)lancer l’idée de la construction de quatre à cinq grands macro-territoires de projets regroupant plusieurs PLDE, sans s’interdire de penser à une cohérence avec les territoires consulaires. Avant d’y parvenir devrait voir le jour un “inter- PLDE” autour du Louvre-Lens. “On ne peut passer à côté de la plus belle marque du monde. Il faut saisir toutes les chances de ce qui peut être le début d’une nouvelle aventure économique pour le bassin minier”, a précisé le vice-président du Conseil régional en rappelant avoir dans ses cartons “deux usines de taille mondiale” à installer dans l’environnement d’un cluster de la numérisation des oeuvres d’art à créer.

 De cette conférence permanente, outre le lancement des pôles d’excellence Energie 2020, sur la thématique du développement responsable et durable de la filière énergie, et T2M, sur celle d’une combinaison “textile mode et matériaux”, on retiendra encore l’adoption du contrat de plan régional de développement des formations professionnelles dont le document cadre a été signé le 20 mai avant d’être décliné d’ici la fin de l’année en 70 contrats d’objectifs avec 70 branches professionnelles, et une première expérimentation à mettre en place avec les secteurs du textile, de la propreté et des services à l’automobile. Présenté par Laurent Degroote, le rapport sur le développement de l’entrepreneuriat en Nord-Pas-de-Calais a débouché sur la décision de création de la stratégie régionale de l’entrepreneuriat, préalable à l’émergence d’une culture de l’initiative économique partagée (lire en pages suivantes).