PÔLE IMAGES

La filière régionale se regroupeen élargissant son champ

Publié dans l'édition Nord N. 8358 par

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Voilà deux ans que le pôle Images a été lancé, avec pompe et enthousiasme. C’était au Fresnoy, à défaut d’être sur l’un de ses lieux, encore en friche (la Plaine-Images, juste en face, actuellement presque terminée). Il fallait y croire. Vincent Leclercq, directeur général du pôle Images, y a cru. Deux ans plus tard, il peut annoncer avec fierté que toute la filière image et création – identifiée en 2009 comme l’une des douze filières innovantes sur lesquelles il fallait miser – est enfin organisée. Soit un réseau de 62 formations à l’image, proposées par 21 établissements, 120 entreprises, 22 équipes de recherche et 9 organisations professionnelles.

Un long travail de regroupement. Sous le mot “réseau” se cache un travail de longue haleine. Avec le soutien constant de la Région, l’équipe du pôle a mené un travail discret et efficace d’animation et de rassemblement. Avant de commencer, le responsable avait dressé la liste de tout ce qui pouvait diviser : les territoires, les statuts (privés/publics), les enjeux, etc. La liste était longue visiblement. Et sous le terme “image” se cachent des genres aussi différents que le jeu vidéo, le cinéma, le documentaire, l’animation, l’art vidéo, etc. Autant de familles qui ne se connaissaient pas. Il a fallu expliquer que les différences étaient des complémentarités, pas des oppositions. Et donner les bons arguments. “Qu’est-ce qui fait qu’on joue collectif ? D’abord un peu de danger, sinon personne ne bouge. Ensuite, les échecs de ceux qui voulaient partir tous seuls. Et pour finir, la conjoncture. L’évolution du monde de l’image est perpétuelle. Il faut sans cesse savoir se réinventer”, explique Vincent Leclercq avec lucidité et conviction. “Il s’agit d’innover, d’inventer quelque chose qui n’existe pas, et de le créer ensemble”, insiste-til. Trois fonds – Casper, Serious Game et Expériences interactives (lancé le 1er juillet) – ont accompagné financièrement ce travail de regroupement.Qui a réagi le plus vite ? “Les professeurs. Ils sont confrontés tous les jours à des étudiants de la génération numérique. Ils ont bien senti qu’il fallait ouvrir leur enseignement à d’autres champs et être plus interactifs. Aujourd’hui, il faut savoir allier l’artistique, la technique et la gestion de la production”, ajoute Marnix Bonnike, directeur du développement du pôle Images.

Se montrer ensemble. Si le processus de regroupement a été long à mettre en place, il a fait des émules. Les 130 chercheurs issus des dix laboratoires de recherche de la région (Lille 1, Lille 2, Lille 3, CNRS, Inria, université de Valenciennes et du Hainaut-Cambraisis) vont lancer un groupe d’intérêt scientifique au mois de septembre. La dynamique est en marche. Et pour la rendre mieux visible, deux événements majeurs ont été organisés. Une journée de Rencontres annuelles, avec l’ensemble des participants au pôle et des intervenants extérieurs, pour faire le point sur les dernières créations et avancées technologiques (présentation de six démarches innovantes et de deux entreprises innovantes), pour “réfléchir ensemble” et se poser les bonnes questions : pourquoi jouer collectif, quel est l’accompagnement humain et financier, pourquoi rejoindre le pôle… De quoi convaincre les derniers réticents ! L’autre événement était une exposition collective des meilleurs travaux des élèves de toutes les écoles et formations du pôle (du CAP au master) : “Cas d’écoles” a présenté pendant trois jours plus de 50 oeuvres dont la variété des sujets, de la créativité et des niveaux techniques était déjà un intérêt en soi et montre un formidable panorama des possibilités et des richesses de ce pôle unique en France. Et pour lui donner encore plus de clarté, un projet de fusion entre le Craav et le pôle Images est en cours, avec une nouvelle dénomination.