La ministre des Affaires sociales et de la Santé à Boulogne

Marisol Touraine inaugure l’extension du Centre hospitalier

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 8495 par

Après 20 ans de réflexion, de conception et de construction, l’extension du centre hospitalier Duchenne de Boulogne a été inaugurée le 12 octobre par deux ministres : Marisol Touraine, en charge des Affaires sociales et de la Santé, et Frédéric Cuvillier, ex-député-maire de la ville mais toujours président du conseil de surveillance de l’hôpital. Cette extension et la restructuration qui va suivre représentent un investissement de 106 M€ (sans compter 5,7 M€ d’équipements) dont ont profité le constructeur régional Rabot-Dutilleul et quelque 70 entreprises sous-traitantes . Au total, les travaux qui ont débuté en juin 2009 ont généré 200 emplois.

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D.R.

L'extension a été inaugurée par deux ministres, Marisol Touraine et Frédéric Cuvillier.

L’hôpital Duchenne, dans sa configuration originelle en forme de H, a été mis en service en 1979. Depuis, les besoins en soins de la population boulonnaise ont changé et augmenté : il faut l’agrandir et l’opération est inscrite au plan directeur. La phase d’élaboration du programme, c’est-à-dire le document qui identifie toutes les contraintes techniques et fonctionnelles, prend sept années ; les travaux, trois grosses années. Aujourd’hui, toute une aile a été ajoutée, ce qui représente 22 666 m² de surfaces neuves. Elle accueille le nouveau plateau médico-technique (pharmacie, laboratoires, stérilisation, bloc opératoire), le service de pédiatrie et le secteur des urgences pédiatriques, ainsi que les services de chirurgie. « A Boulogne, précise Marisol Touraine, l’accent a été mis sur le développement de la chirurgie ambulatoire, c’est-à-dire qui ne nécessite pas d’hospitalisation. »

Les salles de bloc sont plus grandes, mieux équipées et agencées, et  plus nombreuses (14 au lieu de 12). « Dès la fin 2012, 11 salles de bloc et deux équipées de capteurs plans numériques (pour la cardiologie interventionnelle et la chirurgie vasculaire périphérique) seront opérationnelles ; la 14e est celle pour les césariennes en urgence, encore au niveau 2, qui descendra au niveau 1 avec l’ensemble du bloc obstétrical d’ici 18 mois environ, précise le directeur Yves Marlier. Le laboratoire en open space est desservi par un circuit automatisé de valisettes acheminant les prélèvements, ce qui évitera de nombreux allers-retours au personnel de service (en attendant la mise en route d’un pneumatique entre les urgences et le laboratoire). Et deux ascenseurs monte-malades supplémentaires, en plus des trois existants, sont exclusivement dédiés au brancardage depuis les services jusqu’au bloc opératoire. » L’an dernier, 11 206 patients ont été opérés et 196 419 ont bénéficié d’une consultation, tandis que le service des urgences, qui fonctionne 24 heures sur 24, sept jours sur sept, a accueilli une moyenne de 118 personnes par jour.

Une biberonnerie respectant les dernières normes d’hygiène et de sécurité a été créée afin de préparer les biberons donnés à certains enfants ne pouvant boire les biberons à usage unique en pédiatrie, néonatalogie et maternité. En 2011, 1 287 enfants sont nés .

Plus de confort. La capacité totale des services de l’extension est de 145 patients accueillis dans 117 chambres essentiellement individuelles (et doublables si besoin) permettant d’accueillir 218 patients en cas de circonstances exceptionnelles. Exposées plein sud, équipées de sanitaires et des nouvelles technologies, ces chambres apportent un vrai coup de booster en termes de confort hôtelier. Au-delà, ce sont tous les espaces d’accueil et de vie qui ont été repensés pour que les accompagnants ne soient plus oubliés. De même, le nouvel espace mortuaire permettra d’accueillir les familles dans de meilleures conditions, avec des salles plus grandes (dont une salle de cérémonie avec lumière du jour), et un parking privatif protégé des intempéries.

Plus de sécurité. Enjeu majeur pour un hôpital, la sécurité a été entièrement repensée. L’installation de nouveaux groupes électrogènes et la duplication des circuits électriques rendent le centre hospitalier parfaitement autonome en cas de coupure électrique ou de panne de circuit. De même, la filtration de l’air et la mise aux normes des blocs et des salles sensibles, comme le laboratoire et la salle blanche de la pharmacie, renforcent encore la lutte contre tout risque infectieux. La création de coursives extérieures et le renforcement du système d’alarme amènent une plus grande efficience des secours en cas d’incendie.

De meilleures conditions de travail. Premier employeur de l’arrondissement de Boulogne-sur-Mer avec 2 177 salariés (équivalents temps plein), dont 187 praticiens, assistants ou internes, le centre hospitalier a également pensé à ses personnels. « Ainsi, les salles de la pharmacie (1 750 m² pour 1 100 m² actuellement) et de la stérilisation (780 m² au lieu de 320 m²) sont désormais éclairées par la lumière du jour, explique le Dr Isabelle Carton, responsable de la pharmacie, ce qui améliore le confort de travail. » Par ailleurs, 336 places de parking situées sous la structure d’extension (+ 88 en plein air) apportent une réponse durable aux besoins de stationnement des véhicules sur le site, en libérant sur les parkings existants des places pour les visiteurs.

Une seconde phase. Une fois les services déménagés dans l’extension, les espaces laissés libres dans les ailes du H vont bénéficier d’une restructuration pour permettre aux services restés dans les ailes d’origine de s’agrandir et d’offrir eux aussi davantage de chambres individuelles. « Dans un esprit de cohésion, assure Bruno Delattre, directeur du plan, toutes les ailes bénéficieront du même niveau de fonctionnalité. » Ces travaux vont durer trois années. En 2016, le centre hospitalier aura donc totalement changé de physionomie pour devenir le plus important de la Côte d’Opale.

La défense de l’hôpital public. Prompte à tomber la veste pour se faire vacciner contre la grippe, histoire de mieux faire passer son message en faveur de la prévention, Marisol Touraine a aussi profité de sa présence à Boulogne pour évoquer les enjeux liés au projet de communauté hospitalière de territoire. « L’instauration d’une convention avec les hôpitaux de l’arrondissement de Montreuil-sur-Mer (Rang-du-Fliers, Hesdin), a-t-elle annoncé, vous permettra de mettre en œuvre une stratégie commune et de mutualiser vos savoir-faire. » Au-delà, « il ne suffit pas de construire des hôpitaux, il faut une politique d’accès aux soins, de solidarité, d’excellence tout à la fois. Cette politique-là, promet-elle, est inscrite dans le projet de loi pour la Sécurité sociale en 2013, qui fait de l’hôpital public un des piliers de notre politique de santé, ce qui n’était plus le cas. »

ENCADRE

La nouvelle aile baptisée Gatien-de-Clocheville

L’extension porte le nom de Gatien de Clocheville. Ce fils unique du comte Julien Duquesne de Clocheville et de son épouse Louise-Pauline est décédé de la tuberculose en 1853 à l’âge de 19 ans. Avant de mourir, il a demandé à ses parents de consacrer une partie de leur fortune à la construction d’un hospice pour enfants pauvres et malades. Le vœu est respecté. Grâce à un legs des Clocheville, la ville de Boulogne érige en 1884 un pavillon annexe attenant à l’hôpital Saint-Louis. Celui-ci ayant fermé ses portes en 1979 suite au déménagement vers le centre hospitalier Duchenne, il fallait redonner le nom de Clocheville à un nouveau pavillon. La clause testamentaire est de nouveau respectée.