Fabrication du verre

Saverglass va créer 75 emplois

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 8495 par

Durant l’été 2012, les travaux ont bouleversé le terrain nu qui sépare l’usine et les bâtiments d’Alphaglass de la rocade vers Saint-Omer. Rencontre avec Jacques Parissaux, le directeur d’Alphaglass, qui lève le voile.

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Le secret fut vite éventé, avec une bonne nouvelle à la clef : «75 emplois seront créés dans l’immédiat et 110 dans trois ans», affirme Jacques Parissaux, le directeur d’Alphaglass.

Alphadec, le dernier-né de Saverglass. Plus de 20 millions d’euros vont être investis par le groupe Saverglass sur le plateau arquois. Deux nouvelles lignes de production seront ouvertes en juillet 2013. Loïc de Gromard, le président de Saverglass, avait le choix entre quatre sites pour implanter Alphadec. C’est pourquoi le monde économique et les élus politiques locaux se réjouissent de sa préférence pour l’Audomarois où le savoir-faire et le professionnalisme verriers sont dans les gènes de plusieurs générations.

Trois phases sont nécessaires pour obtenir la bouteille ou le flacon désiré : la fabrication (à Arques), le satinage à Saverplus (Coulommiers, Seine-et-Marne) qui opacifie le verre et l’application du motif sur le verre (à Feuquières dans l’Oise). Il restera à remplir le contenant avec le parfum ou l’alcool retenu (à Cognac en Charente-Maritime).

Cette fragmentation des opérations peut surprendre. C’est pourquoi la direction de Saverglass veut regrouper les process en un même lieu : Alphadec. Cette concentration pérennise, à l’évidence, le site arquois.

R et D,  des technologies de pointe. Dans un monde industriel où les effluents doivent être les moins nocifs possibles, Saverglass – par un système high-tech  – divise par dix les effets des acides utilisés pour le satinage. Pour les décors, le même souci d’excellence : les encres organiques remplacent les émaux et aucun métal lourd au final n’est rejeté. Il s’agit là de l’aboutissement du projet «Drawspeed Glass», élaboré avec le pôle de compétitivité Maud.

Annuellement, plusieurs dizaines de millions de bouteilles  (de 75 cl et un litre) sortiront des lignes d’Alphadec et 80% environ y seront décorées. En ces temps où les nouvelles économiques concernent le plus souvent la fermeture de sites ou les réductions d’effectif, l’annonce de ces constructions prochaines mettent du baume au cœur de la population environnante.

 

Encadré

Le parcours d’un homme

D’origine paysanne, Jacques Parissaux est le cinquième enfant d’une fratrie de six. Il vit le jour à Guînes, là où l’on situe la rencontre entre François Ier et Henri VIII, au camp du Drap d’or.  Après une maîtrise en droit privé, il passe deux années à Sarrebruck, en Allemagne. En 1973, à l’âge de 25 ans, il intègre la VCA (verrerie cristallerie d’Arques) qu’il quittera le 31 décembre 2008. Au service du personnel, il sera DRH dans les années quatre-vingt avant de devenir directeur général adjoint en 1995, auprès de Paul Fontaine. Au début du troisième millénaire, il est directeur général en charge des ressources humaines, de la production et des nouveaux produits pour la France, l’Espagne, les USA, les Emirats et la Chine.

En 2004, Philippe Durand organise différemment la société en trois zones : l’Europe, l’Amérique du Nord (USA et Canada) et l’international (Chine, Emirats…). Alors que Patrick Gournay est en charge des finances, du marketing et du commerce, Jacques Parissaux est responsable de l’Europe (Japon compris).
En 2008, la crise commence à faire ses ravages. Jacques Parissaux fait part à Guillaume de Fougères de sa volonté d’arrêter ses activités. On lui demande d’épauler Loïc de Gromard, le patron de Saverglass, et de prendre la direction d’Alphaglass tout en pilotant le projet des Emirats. Le mi-temps négocié a laissé place à une activité intense !

C’est ainsi que le 22 octobre 2012, il s’est envolé vers l’Inde et le Sri Lanska pour recruter des autochtones pour l’usine des Emirats.

Père de deux enfants (Bénédicte, ingénieur contrôle de gestion à Arc international, et Xavier, pharmacien au sein du groupe Roquette), il est aussi le grand-père de quatre petits-fils. Nul doute que cet amateur éclairé de poésie leur récitera les vers de Ronsard ou d’Hugo, de Brassens ou de Trénet. Après tout, seule l’orthographe change, et l’alexandrin n’est-il pas aussi un vers à (12) pied(s) !?

 

M.L.

Dans moins d’un an, cette esplanade accueillera les 10 000 m² des ateliers Alphadec.