A Douvrin, le volontarisme d'Arnaud Montebourg

Une reconnaissance avant la conférence du 25 octobre

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 8491 par

Le 8 octobre dernier, Arnaud Montebourg a fait le tour des sites industriels dédiés à l’automobile : Douvrin, Onnaing et Maubeuge. Le secteur est en effet fortement impacté par la baisse de la demande européenne, la concurrence mondiale barre la route aux exportations françaises quand certains ont tout simplement délocalisé pour servir les marchés internationaux… Le ministre n’a fait aucune annonce mais a voulu mettre en lumière l’automobile « qui marche ». Compte-rendu d’une visite effectuée au pas de charge.

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D.R.

Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif à Douvrin, le 8 octobre dernier.

 

C’était la cohue. Une quarantaine de journalistes se marchaient littéralement dessus pour suivre Arnaud Montebourg. Accueilli par Philippe Vairin, PDG du groupe Peugeot SA, et Philippe Coene, directeur général de la Française de mécanique (qui avait revêtu pour la circonstance le bleu de travail), le ministre a positivé. « Nous avons construit 43 millions de moteurs depuis la création de ce site« , a souligné Philippe Varin. « Je suis venu rendre visite aux gens qui font de la région Nord-Pas-de-Calais la plus grande d’Europe dans le secteur de l’automobile« , a surenchéri le ministre. En témoigne le site de Douvrin où la Française de mécanique, filiale à 50/50 de Peugeot et Renault, fabrique 1 500 moteurs par jour et emploie 3 400 salariés dans ses 21 bâtiments de la zone industrielle Artois-Flandres. Là, un parcours a été dressé avec des opérateurs qui attendaient de parler au ministre. Ainsi,  M. Pannequin, chef d’équipe : « Je vais lui présenter ma fonction, je n’ai pas de question particulière. » Pas plus de question chez son jeune apprenti qui se forme sur le site via un contrat d’apprentissage. La Française de mécanique ne sert quasiment plus le constructeur Renault et tourne grâce à Peugeot. La marque au lion a annoncé un plan de restructuration national qui prévoit la suppression de 8 000 postes. Arnaud Montebourg doit recevoir la direction et les syndicats ensemble le 25 octobre prochain. A Douvrin, la production va ralentir aux alentours de la Toussaint. La FM aura recours au chômage partiel. Philippe Vairin l’a dit à plusieurs reprises : « Nous devons faire baisser notre masse salariale au sein du groupe. »

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3 400 personnes travaillent pour l'automobile sur le site de Douvrin.

Le ministre d’un site à l’autre… Arnaud Montebourg joue gros avec la succession des dossiers industriels qui se succèdent : la sidérurgie, l’automobile, l’industrie pharmaceutique… Le ministre prend aussi à rebrousse-poil ses collègues du gouvernement en proposant que la baisse des charges des employeurs soit liée à des investissement « productifs« . Le ministre prêche aussi pour que soient mis à contribution certains secteurs ciblés « comme la banque et l’immobilier » : si les banques ne prêtent pas assez aux entreprises, l’impôt devrait les décider… L’industrie bénéficie donc des attentions du ministre mais son engagement ne vaut pas solution. Le ministre du Redressement productif fait partie de la table interministérielle relative à la compétitivité ; il promeut les programmes d’investissement avenir (PIA) qui doivent financer 12 villes pilotes en France afin qu’elles deviennent des centres de recharge de batteries électriques dans le cadre d’un déploiement futur. En attendant, Arnaud Montebourg vole d’un site à l’autre. Après Douvrin, il a visité l’usine automobile de Toyota près de Valenciennes. Chez le constructeur japonais, Arnaud Montebourg a lui-même apposé un logo sur une Hyaris comme pour faire un pied de nez aux marques étrangères qui vendent en France sans y produire. Le ministre a ensuite enchaîné avec le site de Renault à Maubeuge mais ne sera pas allé à Douai. « Nous nous en sortirons grâce à l’innovation« , a-t-il martelé. Pas sûr que cela suffise…