Les fragilités des médias télévisuels locaux

Interrogations sur les télés locales de la Côte d’Opale

Publié dans l'édition Nord N. 8518 par

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CAPresse 2013

Le siège de l’ASTV à proximité de la mairie de Grande-Synthe.

A Grande-Synthe, dans le nouveau centre-ville Europe, c’était, le 9 novembre dernier, la 29e assemblée générale de l’ASTV devant une trentaine de personnes. Le maire de la commune, premier financeur, est en domaine connu : il a été salarié de la petite chaîne jusqu’en 1992 avant de devenir conseiller municipal en 1995 puis maire en 2001. Grande-Synthe apporte 530 000 euros de subvention à l’ASTV, sans compter la mise à disposition des locaux et celle de la majeure partie du matériel. Première chaîne locale de France en 1983, elle vivote depuis quelques années, prise entre des grilles qui se répètent et une décrue massive des effectifs due au départ de six salariés à Opal TV. Pour les chaînes locales, le lancement d’Opal TV était en effet une opportunité : l’occasion de réduire leur voilure. Toutes les chaînes de la Côte avaient donc proposé leurs candidats à Patrice Pèlerin, directeur de la chaîne littorale. Pour faire une chaîne de proximité, le nouveau venu se basait sur de «l’embauche et de l’expérience locales». A Calaisis TV, les élus qui la pilotent ont fait des pieds et des mains pour placer leurs salariés et éponger des pertes importantes. Seule Delta TV (antenne audiovisuelle de Delta FM) était restée sur la réserve : Opal n’y piochera qu’un journaliste. Toutes associatives, ces chaînes sont soutenues par les mairies et chassent la subvention dans divers programmes régionaux, voire européens. Côté recherche publicitaire, elles ne s’en donnent pas la peine. Calaisis TV voit ses effectifs quitter la chaîne et s’interroge publiquement sur son devenir.

CAPresse 2013

Le siège de Delta TV dans les locaux de la radio Delta FM à Gravelines.

 

Un modèle en devenir. Pour Opal TV, le modèle est très différent. Si les pouvoirs publics, à l’origine du lancement, supportent une grande partie du budget annuel, les prévisions faites par les promoteurs originels sont loin d’être remplies. Il manque 300 000 euros dans le budget de la chaîne. Les agglomérations et certaines villes mettent au pot. Quelques communautés de communes abondent un peu ; la publicité commence à arriver via le partenariat avec Weo. Mais l’absence de contributeurs boulonnais crée un vide. La communauté d’agglomération du Boulonnais ne participe pas au financement d’Opal TV mais reste bien visible à l’antenne. Un an à peine après son lancement, avec un effectif d’une vingtaine de salariés, la chaîne a commencé à encourager des départs volontaires et six personnes au moins sont concernées. A Grande-Synthe, l’histoire se répète : «la chaîne est revenue à sa finalité originelle : le microlocal, explique son président Louis Baldan. On pressentait cette évolution avec l’arrivée d’Opal TV. Ce n’est pas une mauvaise chose. Durer 30 ans, c’est déjà un beau résultat.»