Reconversion de la Raffinerie des Flandres

Publié dans l'édition Nord N. 8558 par

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D.R.

Il y a tout juste trois ans, Total annonçait la fermeture de la Raffinerie des Flandres, 370 emplois étaient menacés auxquels il convient d’ajouter les nombreux sous-traitants.

Il y a tout juste trois ans, en avril 2010, le groupe Total annonçait la fermeture de la Raffinerie des Flandres mais affichait sa volonté de sauver les 370 emplois à travers sa participation dans le projet de création d’un terminal méthanier porté par EDF et en assurant la reconversion du site industriel d’ici 2013.

Le chantier du Terminal Méthanier a démarré en septembre 2011 et le projet de création d’une unité de démonstration pour la synthèse de carburant à partir de la biomasse vient d’être présenté à la réunion du S3PI.

« Biotfuel » est porté par Total, Axens, CEA, IFP (filiale de Lesieur) et ThyssenKrupp. Il est soutenu par l’Ademe dans le cadre du fonds démonstrateur de recherche ainsi que par la Région Picardie et concerne la synthèse de carburant à partir de biomasse. Il s’agit de biocarburants de 2ème génération, c’est-à-dire réalisés à partir de déchets agricoles, de la paille et des résidus forestiers. Le produit fini représente du gazole et du kérosène. A noter que le procédé ne nécessite pas de changement de moteur. « Biotfuel » se propose de couvrir la totalité des actions de la chaîne allant des R&D à la commercialisation. Le procédé de fabrication consiste à différentes étapes : La torréfaction, le broyage, le séchage, la gazéification, la purification, le fischer-tropsch pour obtenir en bout de chaîne un biodiesel et un biokérosène. Les principales matières premières seront importées de Compiègne.

Projet de recherche et développement sur cinq ans, l’unité de démonstration sera située dans la partie sud de l’ancienne Raffinerie des Flandres, Bionex en assurant l’exploitation. Le site est qualifié d’idéal de part la présence de synergies et de compétences locales, les infrastructures sont déjà créées. Pour que les investissements soient entrepris afin de pérenniser l’activité après la phase d’observation, il faudra démontrer « que ça marche ! ».

Pour Christian Muys (MNLE) d’un point de vue éthique, on ne peut qualifier ce projet de biocarburant écologique puisque la paille et les déchets forestiers ne proviennent pas du local. Selon ce défenseur de l’environnement : « Les produits agricoles ne doivent pas être minéralisés, leur culture entraînera une augmentation de l’utilisation d’engrais et le bilan carbone s’avérera négatif, il ne s’agit en rien de développement durable. Les biocarburants doivent être issus de déchets n’entrant pas dans l’alimentation, mais ici la matière première provient de Compiègne mais aussi du Brésil. Il ne s’agit en rien d’une énergie renouvelable ».