Au bassin à houle et à courant du centre Ifremer à Boulogne-sur-Mer

EEL energy teste une hydrolienne révolutionnaire

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 8577 par

La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Geneviève Fioraso, et celui chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche, Frédéric Cuvillier, ont assisté le 29 juillet, à Boulogne-sur-Mer, aux essais d’un prototype d’hydrolienne à membrane ondulante particulièrement innovant.

Vous devez être connectés pour visualiser cet article

Depuis la création de Nausicaà en 1991, le centre Manche-mer du Nord d’Ifremer dispose au rez-de-chaussée du Centre national de la mer d’un bassin d’expérimentation jusqu’à présent essentiellement utilisé pour tester des chaluts et des engins de pêche. Doté d’un système de simulation de la houle et des courants, il sert désormais de plus en plus aux spécialistes des énergies marines renouvelables. «Cette infrastructure, explique le directeur, Dominique Godefroy, permet de réaliser des travaux en partenariat avec des industriels et des organismes de recherches publics et privés, avec pour principal objectif de valider et d’optimiser les différents concepts étudiés.»

D.R.

Les ministres Frédéric Cuvillier et Geneviève Fioraso, entourant Dominique Godefroy (Ifremer), ont assisté aux essais de "l'anguille".

L’énergie de demain. Il existe aujourd’hui des dizaines de systèmes qui cherchent à récupérer l’énergie des courants marins. Les plus connus, et sûrement les plus avancés, sont les hydroliennes à hélice, adaptation marine des éoliennes mais qui présentent des inconvénients, notamment en termes d’encombrement et de maintenance. Créée en 2011 par Jean-Baptiste Drevet, l’entreprise EEL energy propose un concept de rupture dans le domaine des hydroliennes. Il s’agit d’une membrane précontrainte qui, en ondulant sous l’effet des courants, transforme l’énergie mécanique des oscillations de la structure en énergie électrique. «Dans le cadre d’une thèse cofinancée EEL energy/ADEME, explique le chef de la start-up, nous réalisons des essais en bassin sur un prototype à l’échelle 1/6e et nous développons un modèle d’interaction fluide/structure de ce système. Fonctionnant pour des vitesses de courant supérieures à 0,8 m/seconde, ce dispositif à échelle réduite pourrait produire de l’électricité près de 50% du temps s’il était établi au large de Boulogne. Les prochains essais en bassin permettront d’affiner les puissances récupérables.» Le déploiement industriel est prévu pour la fin 2014.

Cette structure, dont la membrane en caoutchouc est développée en partenariat avec le manufacturier Hutchsinson, oscille telle une anguille (« eel » en anglais). D’où le nom donné à la société. EEL energy se compose aujourd’hui d’une équipe de quatre personnes dont la moitié travaille en permanence à Boulogne.