A Calais, le point sur la dentelle

La dentelle essaie de relever la tête

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 8575 par

Malgré les difficultés, les dentelliers résistent à la morosité du marché en innovant : matières, couleurs, créations. Desseilles, Noyon, Codentel, Sophie Hallette, Solstiss, Bracq croient en effet au «Made in France» malgré des problèmes récurrents.

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CAPresse 2013

Chez Desseilles Laces, une pièce de dentelle en phase de visite.

 

 

C’est une marque de fabrique qui veut perdurer en misant sur la qualité. Les dentelliers de la région sont revenus de Paris «enchantés», au sortir du salon Interfilière des 6, 7 et 8 juillet derniers. Olivier Noyon pense qu’il atteindra les objectifs du plan de continuation octroyé par le tribunal de commerce de Boulogne-sur-Mer il y a plus de deux ans. Mais les 17 millions d’euros de chiffre d’affaires qui constituent son «point mort» sont loin des 13 millions réalisés en exploitation l’an dernier avec 220 salariés. Desseilles − qui a croisé son ancien groupe Lauma, lui aussi présent − reste optimiste malgré le redressement judiciaire pour lequel il a obtenu, il y a quelques semaines, six mois de répit. En juin dernier, le comité d’entreprise avait imposé à la direction un audit sur sa gestion depuis la reprise de la société par trois de ses cadres en 2011. Avec 82 personnes, le fabricant augmente son activité en dentelles tricotées mais subit toujours des problèmes insurmontables en Leavers. Avec 4 ouvriers tullistes également délégués syndicaux, la direction s’arrache les cheveux avec 670 heures de délégation syndicale depuis le début de l’année… Desseilles doit même parfois sous-traiter son Leavers : un comble. La direction attend que le juge-commissaire autorise 9 licenciements économiques (dont les tullistes).

Un rapport époustouflant… Mais le rapport du cabinet Syndex ne parle pas de problèmes de productivité au service Leavers et préfère souligner la politique de la direction en affirmant que le marché de la lingerie est en hausse (avec des chiffres de 2010 et 2011 !). Mieux, les auteurs du rapport (Benoît Boussemart, Dominique Fruleux et Lucie Wozniak) donnent des exemples de dentelliers concurrents qui se portent bien, à l’instar des Caudrésiens Holesco et son confrère CDM. Les auteurs semblent occulter que ces derniers sont sur le marché de la robe et que Desseilles ne fait que de la lingerie… La direction n’est pas bonne : les repreneurs constituent le problème selon Syndex. «On ne fait pas l’affaire ? Chiche», a répliqué Jean-Louis Dussart en comité d’entreprise : le directeur général a offert les métiers Leavers aux tullistes afin qu’ils forment une coopérative ; il promet une année de commandes pour les lancer et leur offre le fil ! Interloqués, les délégués syndicaux tullistes n’osent y répondre favorablement.

Et pendant ce temps, les exposants asiatiques sont toujours bien présents, comme le géant japonais Sakae Lace, leader mondial de la dentelle Leavers, qui avait lui aussi son stand sur le salon Interfilière