A Grenade, le Congrès mondial de la nutrition

Gros plan sur le lait

Publié dans l'édition Nord N. 8592 par

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CAPresse 2013

Le professeur Jean-Michel Lecerf, nutritionniste et enseignant à l’Institut Pasteur de Lille.

 

 

Du 15 au 20 septembre derniers, à Grenade, de nombreuses délégations de congressistes ont fait le point sur leurs progrès scientifiques respectifs relatifs à l’alimentation dans le monde. Ainsi, Jean-Michel Lecerf, nutritionniste et professeur associé à l’Institut Pasteur de Lille, qui représentait le Centre national interprofessionnel de l’économie laitière (CNIEL). On se souviendra notamment que le lait est riche en calcium, en potassium, en protéines (notamment de lactosérum), en peptides divers et qu’il est, dans les esprits, associés à la croissance. Le professeur précise toutefois : «Sa consommation est un marqueur d’alimentation saine ; il n’y a pas d’aliment équivalent ayant autant d’acides gras, autant de protéines rapides et lentes : plus de 400. Il y a une très forte densité nutritionnelle. Sait-on qu’il y a plus de magnésium dans le lait que dans le chocolat ? Ou qu’il amène 32% des apports totaux d’iode chez les Français ?» explique le spécialiste qui met en avant la troisième enquête sur la population française (programme MONICA). Ce programme met également en exergue que le phosphore inorganique présent dans les produits laitiers génère de la sécrétion osseuse. D’après Jean-Michel Lecerf, les éléments de cette étude sont concluants : la consommation élevée de produits laitiers et de calcium a une incidence positive sur la pression artérielle systolique et diastolique. «La graisse laitière est inversement proportionnelle à l’adiposité ; elle a aussi une très grande capacité à retenir les protéines», selon le chercheur.

Bataille d’experts et mesure alimentaire. Des scientifiques sont cependant plus réservés : la consommation de lait accroîtrait le cancer de la prostate. «C’est très vraisemblable», reconnaît d’ailleurs le professeur. Il est aussi chargé en cholestérol : «le bon et le mauvais», précise le scientifique. Sa richesse serait un risque de surnutrition : «il faut comprendre que c’est aussi l’environnement alimentaire que les études mesurent. Rien n’est bon dans l’excès», tempère le nutritionniste. D’autres études montrent par ailleurs que la consommation de lait a un impact positif sur les risques cardiovasculaires. La conclusion de Vanina Bongard, chercheuse épidémiologiste à l’université de Toulouse, a indiqué dans sa présentation que «la haute consommation de produits laitiers (mais aussi de fruits, de légumes et de céréales) est associée à un taux plus bas de mortalité». Au final, dans 11 études sur 16 sélectionnées (études d’observations, randomisées, et/ou de filières), «la consommation de graisses laitières» est «inversement associée aux mesures d’adiposité et au syndrome métabolique». On y décèle un rôle positif de l’acide ruménique. Si Jean-Michel Lecerf prévient que «boire du lait ne fait pas maigrir», il peut agir sur la non-reprise de poids.