A Coquelles

Une année de forte croissance en prévision pour Eurotunnel

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 8601 par

Groupe Eurotunnel (GET) a publié ses résultats trimestriels. Toujours porté par le marché, le groupe franco-britannique affiche des points positifs et s’attend à dépasser le milliard d’euros d’ici le printemps prochain.

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Pendant que les navires des compagnies maritimes du Calais-Douvres et du Dunkerque-Douvres restaient à quai lors de la tempête des 27 et 28 octobre derniers, les navettes ferroviaires d’Eurotunnel circulaient. Depuis le redémarrage de l’économie anglaise, l’opérateur ferroviaire engrange le trafic. Le troisième trimestre affiche des résultats très positifs : +16% d’activité globale du chiffre d’affaires (à 309,8 millions d’euros), +7% sur le rail seul. Le chiffre d’affaires des navettes croît de 4% (à 144,1 millions d’euros). La logistique n’est pas en reste avec un bond de 21%. Europorte, qui coiffe au poteau les filiales logistique de GET, marque des points, grâce notamment au transport de biomasse et du charbon de sa filiale GRBF au Royaume-Uni. Et vend aussi son savoir-faire à Hitachi rail qui viendra tester et faire homologuer ses trains Class 800 et 801. L’activité maritime avec MyFerryLink a fondé de nombreux espoirs : un an après son lancement, le Petit Poucet du Détroit (ses concurrents ont une offre de fréquence jusqu’à deux fois plus importante) pèse un peu plus de 8% du trafic transmanche et a réalisé 25,2 millions d’euros de chiffre d’affaires. S’il ne gagne pas encore d’argent, il s’approche peu à peu de son point mort. Pour autant, il reste sous la menace de la décision de la Competition, Commission anglaise qui pourrait lui interdire le port de Douvres (Eurotunnel avec MyFerryLink serait en position dominante selon les experts britanniques). La décision en appel est attendue début novembre. Eurotunnel s’appuie sur la décision du tribunal de commerce de Paris qui l’avait autorisé à acquérir trois des quatre navires de SeaFrance lors de sa liquidation judiciaire.

 Des perspectives encourageantes. Autre inquiétude pour le groupe, la Commission européenne qui demande la baisse des tarifs dans le tunnel. «Les Etats français et anglais ont rejeté la demande de la Commission européenne. GET a fait réaliser une étude indépendante prouvant que les tarifs pratiqués sont très compétitifs au regard de l’importance de l’investissement initial», indique le groupe. En dépit de cela, GET travaille à élargir ses activités : en juin dernier, la Deutsche Bahn obtenait son certificat d’exploitation pour transporter des passagers dans le tunnel ; en septembre, Eurostar annonçait pour décembre 2016 un service direct entre Londres et Amsterdam, et d’ici 2015 la desserte directe Londres-Lyon-Marseille… En outre, Eurotunnel a engrangé, via son programme ETICA d’aide au lancement de nouveaux trafics ferroviaires, deux nouveaux trafics dont l’un a permis le transfert de 80 camions/jour sur le rail. Enfin, le groupe ferroviaire apprécie fortement l’annonce du ministre des Transports Frédéric Cuvillier concernant le lancement de l’autoroute ferroviaire Calais-Le Boulou. «Nous avons du terrain à Frethun, reste à construire la voie», a commenté Jacques Gounon.