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Des collectivités locales affrontent la transition énergétique

Publié dans l'édition Nord N. 8624 par

La transition énergétique se joue aussi au niveau local. Un peu partout, des collectivités s’emploient à trouver des solutions à leur échelle. Suivant des modalités très diverses, en fonction de leurs besoins spécifiques.

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La commune de Montdidier, en Picardie, fait figure de modèle dans les démarches locales de transition énergétique. Le 3 décembre 2013, son maire depuis 1998, Catherine Quignon-le Tyrant, apportait son témoignage au cours des rencontres de l’association ICDD (Innovation citoyenne et développement durable), à Paris. Au démarrage, se souvient l’élue, un diagnostique désastreux. “Le patrimoine bâti était une passoire énergétique ; et les logements, de véritables engins à consommer de l’énergie”, illustre la maire de cette commune de 6 500 habitants, qui souffre de la crise économique dont sont victimes les industries voisines. Sous l’impulsion de l’équipe municipale, la commune devient ville pilote dans la maîtrise de l’énergie, avec l’accompagnement de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) et le soutien des conseils régionaux et départementaux. Recherche d’énergies nouvelles, régulateurs de la puissance de l’éclairage public… toute une batterie de mesures est mise en place, permettant de diminuer les dépenses. Exemple, le coût de l’éclairage public a baissé de 10% sur dix ans, alors que le nombre de points lumineux a augmenté de 31%. “Et les économies réalisées sont toujours réinjectées localement”, précise Catherine Quignon-le Tyrant. Le statut expérimental de ces démarches permet de mettre en place des dispositifs innovants qui impliquent de facto des coûts supplémentaires. Le parc de quatre éoliennes, déployé depuis 2011 et géré par la régie d’électricité de la commune, est 100% public, grâce à l’engagement du Département, de la Commune et de l’Europe, qui ont contribué à hauteur de 11 millions d’euros. Déjà, plus de la moitié des besoins énergétiques de la commune sont ainsi couverts. Et les bénéfices réalisés par la régie publique d’électricité sont réinjectés dans l’entretien du réseau, les travaux d’isolation des bâtiments, mais aussi l’“aide directe” aux habitants, ajoute le maire. Par exemple, la taxe d’électricité a baissé, et une aide est consentie par la mairie pour les habitants qui achètent un vélo électrique. Aujourd’hui, Catherine Quignon- le Tyrant a de nouveaux projets, dont l’installation d’une “méga-éolienne”, pour partie fabriquée en Picardie. “Cela devrait nous permettre de répondre à 100% des besoins en énergie renouvelable”, escompte l’élue.

Une société différente, des économies. Partant, d’autres projets, expérimentations et études sont en cours ou en cours d’étude à Montdidier, concernant une meilleure gestion de la consommation d’énergie ou encore la conception d’un bâtiment qui produira plus d’énergie qu’il n’en consomme, afin d’en distribuer aux autres habitats à proximité. La mise en place d’une unité de méthanisation est également à l’étude, car la commune compte un abattoir et des céréaliers. “Si cette réflexion s’engage, on pourra implanter des projets qui répondent aux besoins locaux, au lieu de méga-projets”, s’enthousiasme Catherine Quignon- le Tyrant.
D’autres élus locaux se sont engagés dans des démarches similaires. C’est par exemple le cas de Vincent Martinez, maire de Plan-d’Aups- Sainte-Baume, dans le département du Var. L’élu a donné son autorisation à la création de maisons nouvelles, qui tournent en fonction du soleil, et un projet de ferme solaire est en cours. Des chantiers qui s’inscrivent dans une démarche globale de transition, vers un modèle urbain radicalement nouveau. Mais pour des raisons économiques aussi, les collectivités s’intéressent de près à l’énergie. En effet, en cette période de tension sur les budgets des collectivités, “nous sommes très impliqués. (…) Nous avons une stratégie générale de réduction des dépenses énergétiques”, a assuré Christian Pierret, président de la FVM (Fédération des villes moyennes), le 5 décembre 2013, lors d’une conférence de presse, à Paris. Parmi les pistes explorées, figurent la réduction des surfaces utilisées, une gestion plus rigoureuse des actifs immobiliers, mais aussi le développement du recours à des sources alternatives d’énergie.