Campagne d'évaluation des stocks halieutiques en mer du Nord

La Thalassa d’IFREMER est revenue à quai avec des signes d’espoir

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 8641 par

Chaque année, une mission scientifique de l’Ifremer, à bord de la Thalassa, scrute les fonds de la Manche et de la mer du Nord pour évaluer les stocks de poissons exploités par nos pêcheries. En 2014, les premiers indices rassemblés sont plus prometteurs que ceux observés les années précédentes.

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Les 23 scientifiques qui ont participé à l’annuelle campagne d’évaluation des ressources halieutiques en Manche Est et en mer du Nord sont restés à bord du navire océanographique Thalassa, à leur retour à Boulogne-sur-Mer le 15 février, pour faire part aussitôt de leurs premiers résultats en présence du ministre des Transports, de la Mer et de la pêche Frédéric Cuvillier. Avec précaution, car ces informations sont encore très lapidaires et les six navires armés par les autres Etats ne sont pas tous rentrés. Néanmoins, essentiellement à la lueur des indices d’abondance de juvéniles, on perçoit quelques tendances positives cette année contrairement aux campagnes précédentes. «On a observé un meilleur recrutement pour le hareng, le merlan, la morue, la limande, le rouget-barbet et la petite roussette», avance prudemment le chef de mission, Yves Vérin, responsable du labo Ressources halieutiques, Centre Ifremer Manche-mer du Nord. «Chez la morue, ajoute l’halieute Youen Vermard, on a trouvé des individus de plus grande taille», possible conséquence du « plan cabillaud ». De même, les scientifiques ont constaté une remontée en mer du Nord de l’anchois et de la sardine.

D.R.

Yves Vérin, chef de mission, et les chercheurs Elvire Antajan et Youen Vermard (de gauche à droite).

Des prélèvements jour et nuit. Menée dans le cadre du programme IBTS (International Bottom Trawl Survey) coordonné par le Conseil international pour l’exploration de la mer (CIEM), cette campagne de la Thalassa, débutée à Brest le 13 janvier, s’est déroulée avec des vents dépassant souvent la vitesse de 50 nœuds qui n’ont pas empêché la mission de procéder le jour à 87 traits de chalut de fond (de 30 minutes, à une vitesse de 4 nœuds), la nuit à 115 échantillonnages au filet à larves, et au prélèvement de milliers d’otolithes (pour 16 espèces différentes), ces concrétions minérales trouvées dans l’oreille de poisson qui permettent de lire son âge.

Premier à se réunir, le groupe « hareng » du CIEM va pouvoir s’appuyer sur ces données pour donner un avis scientifique qui servira, en décembre, à l’élaboration des TAC et quotas, dont pourra disposer en 2015 chaque organisation de pêcheurs européens, zone par zone, espèce par espèce.