Pour aider les pêcheurs confrontés à l'interdiction des rejets en mer

Le programme EODE s’invite à bord des chalutiers

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 9514 par
Sur le pont du Marmouset II, Estelle Soulet et Antoine Balazuc, à gauche, aux côtés d’Olivier Leprêtre et des membres de son équipage.

Sur le pont du Marmouset II, Estelle Soulet et Antoine Balazuc, à gauche, aux côtés d’Olivier Leprêtre et des membres de son équipage.

Le programme coopératif EODE (Expérimentation de l’obligation de débarquement), porté par le CRPMEM et cofinancé par France filière pêche et la Région Nord-Pas-de-Calais, a été labellisé par le pôle de compétitivité Aquimer en mai 2014. En lien avec les deux organisations de producteurs (From Nord et OP CME) qui ont leur siège à Boulogne, le service portuaire de la CCI Côte d’Opale et le Comité national des pêches, ont pour ambition d’identifier des solutions pour que les chalutiers de Manche Est-mer du Nord puissent se préparer au mieux à la prochaine application de l’obligation de débarquement des espèces sous quotas. Il s’attache aux questions soulevées à chaque étape de marche en avant du poisson, en l’occurrence les espèces non désirées que l’on relâchait jusqu’à présent par dessus bord : l’enregistrement, le contrôle, le tri, le stockage à bord, le débarquement et l’entreposage à quai, le transport, la traçabilité, le traitement et la valorisation. «Il s’agit aussi, ajoute le jeune halieute Antoine Balazuc, recruté pour les seize mois du programme, de mesurer les impacts socio-économiques de cette nouvelle disposition réglementaire et d’être force de proposition à l’échelle nationale, voire européenne.» L’Institut maritime de prévention, à Lorient,  devrait apporter son expertise.

Concrètement, le programme a démarré à l’automne à bord du chalutier Marmouset II (23,40 mètres), armé par Olivier Leprêtre, président du CRPMEM. L’expérimentation se fera à raison de deux marées hebdomadaires par mois durant un an. Il sera étoffé, entre avril et septembre 2015, par les marées effectuées à bord d’un chalutier de moins de 18 mètres qu’il faut encore choisir. Si Antoine Balazuc est le responsable du programme, Estelle Soulet, technicienne spécialisée en sciences halieutiques, assure le suivi expérimental à bord. «Les deux premières marées, la première en mer du Nord, la seconde en Manche Est, expliquent-ils, sont pilotes. Elles ont pour but de mettre en place un protocole que validera IFREMER.» Lors de la première semaine, les deux halieutes, avec la  collaboration de l’équipage, ont collecté un échantillon de 120 kilos de captures normalement rejetées : merlan, limande, limande sole, cabillaud et chinchard, principalement. «On recueille également d’autres données, précisent-ils, notamment sur la charge de travail supplémentaire pour l’équipage

Un travail à terre. Restera, de septembre 2015 à janvier 2016, à réaliser la phase « terre » du programme EODE. Dès le 1er janvier 2016, ces captures non désirées, souvent sous la taille minimale autorisée, plus rarement abîmées, parfois tout simplement non commercialisables, devront être valorisées autant que possible, même si, selon le règlement de la nouvelle PCP, elles ne pourront pas être destinées à la «consommation humaine directe». C’est également un objectif d’EODE que de trouver les meilleures voies de commercialisation pour chaque espèce de poisson, chaque catégorie de taille, chaque qualité. A ce stade, entre en jeu, localement, l’expertise de la plate-forme d’innovation Nouvelles Vagues et de l’entreprise Copalis, spécialisée dans la valorisation des coproduits marins. De l’amont à l’aval, toute la filière est sur le pont !