Micro-brasserie artisanale à Croix

Cambier artisan brasseur : la brasserie reprend sa place en ville !

Publié dans l'édition Nord N. 8713 par

Jean-Christophe Cambier court, ajuste et donne de sa personne pour brasser une bière dont il détient le secret. Une bière ou plutôt « sa » bière, puisqu’il en a imaginé les moindres arômes, mélange audacieux de son expérience et de ses goûts.

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Jean-Christophe Cambier, devant les cuves de brassage.

Jean-Christophe Cambier, devant les cuves de brassage.

Depuis décembre 2014, ce jeune brasseur a choisi Croix pour y installer une brasserie artisanale et urbaine. Ingénieur agronome de formation, Jean-Christophe Cambier a fait ses premiers pas dans le monde brassicole chez Heineken en tant que responsable qualité. « Mais aussi en tant que brasseur amateur. Issu d’une famille d’entrepreneurs, j’avais envie de me lancer dans l’entrepreneuriat, de créer mes propres bières1 et d’être au contact du client« , explique le jeune homme. Sa solide connaissance du monde brassicole derrière lui, il décide de se lancer, avec une idée précise : faire revenir la bière en ville. Pour concrétiser son projet, il suit une formation agricole à Douai à destination des artisans brasseurs, effectue un stage et, surtout, mobilise des financements. Il dépose son dossier sur MyMajorCompany et y récolte 4 000 euros qui lui permettent d’investir en partie dans l’outil de production (coût total : 300 000 euros). « J’avais déjà fait une vingtaine d’essais chez moi pour créer une identité propre. » C’est ainsi que naît la Mongy, fermentée une semaine, gardée2 15 jours « pour la clarifier et avoir une bière non filtrée dont les goûts sont affinés« .

Convivialité et découverte des saveurs, c'est le concept qu'a voulu créer l'artisan brasseur.

Convivialité et découverte des saveurs, c'est le concept qu'a voulu créer l'artisan brasseur.

Visite et dégustation sur place. La Mongy – de l’ancien nom du tramway qui traverse certaines villes de la Métropole, dont Croix, mais aussi « parce que le nom invite au voyage » – est aussi bien blonde, blonde houblonnée que triple. S’il est pour l’instant seul aux commandes, Jean-Christophe Cambier espère bien entendu créer de l’emploi. « Etre seul me permet d’appréhender toutes les facettes du métier : la production, l’étiquetage, la vente… Mais j’aimerais bien entendu embaucher d’ici deux ans. Tout en restant dans une idée de brasserie artisanale. J’aime le concept ‘small is beautiful’. La brasserie restera toujours à taille humaine. » D’afterworks autour d’un verre en passant par les visites organisées le samedi matin, la brasserie s’apparente à un laboratoire à ciel ouvert où l’on peut déguster tout en observant les cuves chauffer. Depuis décembre 2014, Jean-Christophe Cambier a brassé 5 000 litres et s’est fixé un objectif de 35 000 litres pour 2015. Et un panel, à terme, d’une dizaine de bières. Chaque détail compte, de la conception du logo – urbain et branché – jusqu’à la conception du verre. « Je considère la bière comme le vin : c’est important de la déguster dans un joli contenant. Je fonctionne aussi avec un réseau de distributeurs : des cavistes et des commerces spécialisés dans la bière.« 

  1. L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.
  2. La garde permet aux levures, encore actives, de prolonger la fermentation, libérant de l’alcool et des arômes.