A Wizernes, le sort d'un papetier

Compte à rebours pour Arjowiggings

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 9519 par

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Pascal Lebard, PDG du groupe Sequana, propriétaire d'Arjowiggings.

Pascal Lebard, PDG du groupe Sequana, propriétaire d'Arjowiggings.

Depuis le printemps 2014, les inquiétudes montent parmi 307 salariés du site. L’annonce de la vente l’été dernier, puis celle de la fermeture définitive en cas de non-reprise ont ébranlé les autorités publiques. Depuis, Ministère, banque publique d’investissement, Caisse des dépôts et consignations, beaucoup de monde est passé au chevet du papetier wizernois. Avec plus de 400 millions d’euros de dettes, un mono-produit concurrencé par les productions asiatiques et handicapé par le manque d’une unité de fabrication de pâte, l’entreprise ne parvient plus à l’équilibre et les pertes s’affichent tous les ans. «Nous laissons le site pour 1 euro et quelques dizaines de millions d’euros pour le plan social», indiquait à la rentrée Pascal Lebard, président-directeur général d’Arjowiggings.

Un calendrier qui pourrait s’allonger. L’avenir de la production, ce sera le papier recyclé, l’emballage de luxe d’après le rapport d’un expert missionné par la communauté d’agglomération de Saint-Omer rendu en septembre dernier. L’avenir, c’est surtout un repreneur qui s’est manifesté l’été dernier : un ancien directeur du site, allié à un industriel finlandais. Pendant le temps des négociations avec le repreneur, la direction souhaite avancer sur le plan social, tandis que les syndicats veulent temporiser et attendre des garanties du repreneur potentiel. L’Etat arbitre mais ne mettra pas d’argent sur la table. Une (petite) bonne nouvelle est tombée le 26 janvier dernier avec la visite du site par un second repreneur. Il pourrait compter sur l’appui de Sequana, avec plus de 40 millions d’euros pour épauler la reprise. Avec combien de personnels ? Nul ne le sait encore. Le 5 février prochain, l’acquéreur potentiel présentera son plan de reprise aux représentant des salariés désormais divisés. En effet, certains refusent d’entrer dans le dispositif du plan social, d’autres veulent y croire. Une nouvelle (et dernière ?) séance de négociations est prévue le 5 mars. Le site doit fermer en juin si la reprise n’est pas réalisée.