COMMUNAUTÉ URBAINE D’ARRAS

Un territoire qui ne connaît pas la crise

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 9572 par

En ce début d’année, Philippe Rapeneau, président de la Communauté urbaine d’Arras (CUA), a souhaité rencontrer la presse dans le cadre d’une visite du parc d’activités Actiparc. L’occasion de faire le point sur l’activité économique du territoire de la CUA, des implantations actuelles, en cours et en projet.

Un territoire riche en projets.

Pose de la première pierre par Jean Maurice, dirigeant fondateur de la coopérative Scapartois, en avril 2015.

Pose de la première pierre par Jean Maurice, dirigeant fondateur de la coopérative Scapartois, en avril 2015.

Trente projets significatifs en création ou en extension d’activité ont été menés à bien récemment. Ces projets représentent environ 110 M€ d’investissements auxquels s’ajoutent 300 M€ pour le Laboratoire français de fractionnement et de biotechnologie (LFB). Et 1 100 créations d’emplois sont attendus d’ici trois à cinq ans, dont 700 pour Orchestra. Les 600 emplois du LFB n’étant pas comptabilisés, ainsi qu’une centaine d’emplois en provenance d’autres collectivités, le total s’établit à 1 800 emplois à terme, soit une augmentation de 5% des 36 500 emplois privés actuels.

Une année 2015 riche en projets d’envergure.

Décidée en janvier 2015, la plateforme Orchestra-Prémaman, enseigne internationale spécialiste de l’univers pour enfant (vêtements et puériculture), est en cours de réalisation avec un bâtiment logis-tique de 50 000 m² dans une première phase (extensible à 120 000 m²). L’investissement initial est de l’ordre de 50 M€ pour une livraison prévue cet été, avec 700 emplois à terme. Comme l’affirme Philippe Rapeneau, “il s’agit d’un des projets les plus importants dans l’Arrageois depuis quelques décennies.” Le laboratoire français public LFB, 3e laboratoire à l’hôpital en France, fabrique des médicaments dérivés du plasma humain. Il extrait du plasma une gamme de médicaments, sur prescription hospitalière et indiqués dans le cadre d’environ 80 pathologies rares, dans les domaines de l’immunologie, des soins intensifs et de l’hémostase. Le projet d’implantation d’une usine ultramoderne à Actiparc annoncé en juillet 2015 a obtenu le permis de construire. “Le rayonnement et l’impact de ce projet seront considérables et marquent l’histoire économique arrageoise.” Après signature du compromis de vente du terrain, le permis de construire a été obtenu en octobre. La procédure d’installation classée devant être achevée en février, le démarrage du chantier est prévu pour marsavril. Deux années de construction, puis deux années de test du process et d’homologation des médicaments produits seront nécessaires pour aboutir à la phase industrielle en 2020. “C’est le plus gros investissement industriel privé jamais réalisé dans l’Arrageois (300 M€).” Les retombées s’annoncent très importantes en hôtellerie, restauration et en sous-traitance/maintenance.

De nombreux autres projets également porteurs d’emplois.

Démarrage des travaux de la plate-forme Orchestra-Prémaman, enseigne internationale spécialiste de l’univers pour enfant.

Démarrage des travaux de la plate-forme Orchestra-Prémaman, enseigne internationale spécialiste de l’univers pour enfant.

Il est possible de lister succinctement quelques projets en cours. Avec un investissement de 7 M€ et 35 emplois créés, la mise en production de l’usine JB Viande (marque Porketto) dans les anciens locaux Fraisnor a été finalisée. Les travaux de construction de l’usine belge Agrafresh progressent (60 emplois prévus, 8,5 M€ d’investissements), avec une ouverture prévisionnelle en mai. Le centre comptable national Veolia s’installe à l’Atria avec plus de 60 personnes (concurrence avec la région lyonnaise). Avec plus de 20 M€ injectés, l’usine Vandemoortele d’Actiparc développe son implantation et ses effectifs. Dans la ZI Est, Scapartois, base logistique des super et hypermarchés Leclerc qui emploie environ 350 salariés, s’est étendue en passant de 23 000 à 86 000 m2 . Il s’agit d’un important investissement (20 M€) pour Scapartois, avant une seconde phase d’extension encore plus conséquente (60 M€) en 2016. Scapartois va ainsi automatiser ses flux et débuter prochainement la construction d’une tour de stockage de plus de 30 mètres de haut. Hors le développement continu de Caterpillar, CL transport, Grimme, Getec, etc., la zone d’activités Artoipole a accueilli les transporteurs Sautejeau et Célédis, ainsi que le transformateur agroalimentaire Frais concept (20 emplois créés en décembre). Par ailleurs, le bureau d’études Socotec a regroupé, au parc des Bonnettes à Arras, son antenne locale (18 personnes) avec celle de Lens (30 personnes). L’assureur GMF a doublé ses bureaux des Bonnettes (800 m²) pour une activité de téléconseil (environ 40 salariés actuellement). Ces éléments confirment une très bonne tenue pour l’emploi sur le territoire de la CUA. Pour mémoire, avec des effectifs privés en progression de 1,15% (+ 417 emplois) alors que la région baissait de 0,15%, l’Intercommunalité est positionnée en 2014 comme un des territoires les plus créateurs d’emplois de la région.

“Oser en 2016” : le slogan de la CUA.

Le président de la Communauté urbaine d’Arras, Philippe Rapeneau, se montre très serein pour 2016.

Le président de la Communauté urbaine d’Arras, Philippe Rapeneau, se montre très serein pour 2016.

Les perspectives pour 2016 sont d’ores et déjà encourageantes avec plus de 20 dossiers bien avancés, représentant environ 350 emplois et une trentaine de millions d’euros d’investissements dans des domaines d’activité variés et issus d’implantations d’entreprises déjà présentes en développement. La CUA doit renouveler son offre foncière, 39 ha ayant été vendus en 2015 et la prévision pour 2016 étant déjà de 22 ha, dont 15 ha pour le LFB. Pour Philippe Rapeneau, les priorités se déclinent sur plusieurs axes complémentaires. Après une année exceptionnelle avec deux projets d’envergure européenne (Orchestra et LFB), il convient de “maintenir la turbine à création d’emplois à un niveau très élevé”. Pour cela, Artois emploi entreprise et les autres associations seront fort sollicités pour favoriser les demandeurs d’emploi. Il est établi “que 680 M€ de salaires s’évadent hors CUA, 160 M€ étant captés de l’extérieur”. Aussi, l’accueil en CUA doit être développé au travers une offre de logements attractive pour les salariés habitant hors du territoire, une bonne façon d’aider le commerce local. “La volonté d’être proche des entreprises a permis en 2015 d’avoir un contact qualifié et réel avec plus de 400 entreprises de toute taille, de toute activité, commerçants, artisans, industriels, pour les conseiller, les aider, les orienter.” Cet ADN de la CUA est à conforter et amplifier…