Brexit

Welcome to the City !

Publié dans l'édition Nord N. 8829 par

20 000 emplois pourraient quitter Londres suite au Brexit. La région se mobilise pour essayer d’en attirer une partie. Un bureau aux couleurs des Hauts-de-France devrait d’ailleurs y ouvrir en juin prochain.

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Anne Henry-Castelbou

Londres.

 

 

Avec le Brexit, certains en région se frottent les mains. Le Premier ministre britannique, Theresa May, a annoncé récemment la tenue d’élections législatives anticipées le 8 juin prochain. Son objectif est de renforcer la position de son gouvernement dans ses négociations avec l’Europe concernant le Brexit. Du côté des Hauts-de-France, on n’a pas attendu l’aboutissement de ces négociations pour se bouger. Dès juin 2016, notre région a tout de suite envisagé les opportunités à en tirer.

 

Problème de passeport. Il faut dire que pour les Britanniques, les échanges économiques suite au Brexit vont se compliquer. Grégory Sanson, président de Lille Place financière, émanation de la CCI qui regroupe les acteurs du monde de la finance de la région, en précise les impacts juridiques : «La sortie de l’Union européenne du Royaume-Uni entraîne la disparition du passeport européen. Ce document permet aux entreprises présentes dans un pays de l’UE de travailler dans tous les pays de l’UE.» Sans ce passeport, les institutions localisées à Londres auront un problème. Pour continuer leurs activités en Europe continentale, elles doivent y délocaliser une partie de leurs effectifs. Les enjeux sont de taille :
20 000 emplois pourraient quitter la City dans ce contexte, selon La Tribune de Genève (21/03/17). 

 

Anne Henry-Castelbou

Gregory Sanson, président de Lille Place financière.

Stratégie marketing. La Région, la CCI, la Métropole européenne de Lille, l’association Lille Place financière se mobilisent donc depuis presque un an, comme l’explique Gregory Sanson : «Nous travaillons en coopération. Mais nous ne sommes pas en compétition avec la place parisienne. Nous souhaitons promouvoir l’attractivité du territoire français, et notamment la position de la métropole lilloise.» Francfort, Dublin et leurs régions semblent aujourd’hui plus attractives aux yeux des Anglais. Alors comment faire parler des Hauts-de-France dans la City ? Des actions de communication ont été engagées à destination du public londonien : campagne d’affichage dans le métro, distribution de sets de table dans les restaurants aux couleurs de la région. Un numéro vert a été créé pour toute entreprise cherchant à s’implanter dans les Hauts-de-France. 

 

Un bureau londonien. Et le 27 juin prochain, c’est l’ouverture, en présence du président de Région Xavier Bertrand, d’une permanence nordiste à Londres pour promouvoir les Hauts-de-France. Pour le président de Lille Place financière, «c’est l’occasion d’accueillir des prospects et de piloter des actions de communication locales. Il s’agit de rappeler la proximité de notre métropole par rapport à Londres et nos autres atouts : notre foncier est extrêmement compétitif et la métropole de Lille est la troisième place financière en France après Paris et Lyon. Il y a des compétences, des formations adaptées, des grandes écoles qui forment les financiers de demain.» Objectif : attirer quelques centaines d’emplois. 

Pour la profession financière en particulier, Gregory Sanson verrait bien la métropole lilloise accueillir les services de back-office des acteurs financiers britanniques, très riches en emploi : «Il faut donc agir vite, en prospectant les institutions françaises qui seraient amenées à relocaliser une partie de leurs activités en France. Mais aussi les 250 banques étrangères qui ont fait de Londres la base arrière de leurs activités européennes. Enfin, il y a les porteurs d’opinion en France, ceux qui sont au contact de ces entreprises financières qui se posent la question de la relocalisation. Il faut les convaincre de l’attractivité de la métropole lilloise, en complémentarité avec celle de Paris.» Il faut se dépêcher : les décisions vont se prendre dans les six prochains mois.

 

Nouveau cluster de la finance. Cette mobilisation suite au Brexit devrait servir un autre projet de Lille Place financière : la création d’un nouveau cluster. Il regrouperait les entreprises spécialisées dans les nouvelles technologies liées à l’assurance et à la finance. Une large partie des activités de Fintech et Assurtech britanniques vont subir la disparition de leur passeport européen. Elles pourraient être séduites par la place de Lille.