Bornes d'accueil et d'information

La solution Urbik pour une ville plus connectée

Publié dans l'édition Nord N. 8840 par

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D.R.

Frédéric Bonin , fondateur de Urbik (à droite) aux côtés de Nathan Martin, son bras droit.

 

 

«Il y a une multitude d’applications mobiles et il y a de la signalétique, deux mondes qui ne se rejoignent pas. Or, chacun présente des intérêts pour les citoyens. La question qu’on s’est posée est celle-ci: comment rapprocher ces deux mondes ?» À partir de ce constat, le fondateur, Frédéric Bonin, et son équipe développent des bornes d’accueil connectées permettant de valoriser une ville ou un lieu précis. Sans téléchargement, l’utilisateur reçoit en seulement deux actions les contenus sélectionnés directement sur son mobile. Une fois éloigné des bornes, les données restent conservées dans le mobile.

 

Pari réussi. Alors que le projet prend petit à petit forme, Urbik tente sa chance et se porte candidate à plusieurs appels à projet. «Sans forcément d’idées derrière la tête, les appels à projet ont permis de faire mûrir notre réflexion. On a compris qu’il y avait une vraie demande, alors on s’est dit autant poursuivre», raconte le fondateur, ex-designer. Fin 2015, la Ville de Paris lance un marché public sur la question du rapprochement du numérique et du physique afin de renforcer la capacité d’information à destination des touristes. Un tournant pour le projet Urbik encore en cours de maturation. «Ce marché correspondait pleinement à nos idées. Nous ne nous attendions pas du tout à gagner, nous n’avions qu’un petit bout de prototype. Nous avions six mois, avant le début de l’Euro, pour installer le mobilier, trouver le contenu, etc. C’était un gros challenge, avec un défi technique et technologique énorme à relever», se rappelle Frédéric Bonin. Pari réussi : avec onze totems connectés répartis dans Paris (Panthéon, Opéra, Bastille, République…), aucun bug n’a été signalé et les bornes ont enregistré 80 000 utilisateurs en seulement quelques mois. «Nous nous sommes servi du projet parisien pour grandir, mais nous ne devons pas aller trop vite. Les collectivités sont très friandes de cette solution mais restent sceptiques», tempère Frédéric Bonin.

 

«De très belles choses à réaliser dans la région». De plus en plus sollicité par des collectivités des Hauts-de-France, notamment dans le bassin minier, le lauréat de LMI innovation entend bien répondre aux sollicitations. «Nous avons de très belles choses à réaliser dans la région, nous devons bien identifier les différents usages. Ce système autonome marche très fort et il y a une vraie demande pour ces nouvelles solutions.» Mis à part la ville, les totems Urbik peuvent également être implantés dans les musées, salons et grands événements. «Notre solution ouvre beaucoup de champs, c’est une véritable valeur ajoutée pour guider, informer.» En partenariat avec des agglomérations et des offices de tourisme, le contenu des totems peut être constamment alimenté.

Horizon 2020. «De très beaux projets nous attendent au niveau européen, notamment Paris 2024 si Paris est élue » se réjouit l’intéressé. En un an, Urbik s’est déjà installée dans deux capitales européennes, dont Lisbonne où les tramways sont désormais connectés avec des écrans permettant de guider les touristes à travers des parcours de découverte.

Loin du système de fonds d’investissement, la jeune société vient de faire rentrer au capital une entreprise industrielle de la région. Si Urbik n’est qu’au début de l’aventure, les totems connectés ne devraient pas tarder à émerger, et ce, au delà des frontières régionales…