Tech Open Air (TOA) du 11 au 14 juillet à Berlin

Les entrepreneurs lillois à la découverte de l’écosystème berlinois

Publié dans l'édition Nord N. 8841 par

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Ils sont jeunes, créatifs et ambitieux. À Berlin, les entrepreneurs lillois ont démontré l’attractivité de l’écosystème local tout en s’inspirant des tendances au-delà des frontières. Nous les avons suivis lors de leur périple berlinois. Tour d’horizon des projets.

 

 

D.R.

Edouard Coisne, cofondateur de Moffi.

 

 

Moffi ou le nouveau Airbnb du bureau. Fondée par Edouard Coisne et son frère Arnaud en juin 2016, Moffi est une plate-forme de location instantanée d’espaces de travail mettant en relation les travailleurs nomades et les entreprises. «Énormément d’entreprises disposent aujourd’hui d’espaces libres et d’open-spaces vides de temps en temps. D’un autre côté, on assiste à l’explosion des travailleurs indépendants et free lances en France (+85% entre 2000 et 2013). L’idée est de faciliter la location d’espaces de travail et créer de l’échange entre les PME/grands comptes et travailleurs nomades», explique le cofondateur. Grâce à un système de géolocalisation, le travailleur peut réserver son espace de travail, en instantané comme en prévisionnel, sans attendre la confirmation de réservation. L’entreprise ne doit pas valider mais garde la possibilité de refuser. Le «nomade» choisit son espace en fonction des photos et peut donner son avis à l’instar du modèle Airbnb. Disponible depuis six mois, la plate-forme a déjà référencé 1 000 espaces en France. «Le partage d’espaces de travail est un beau marché en pleine expansion. Nous sommes actuellement les seuls à proposer cette offre en France. Nous apportons une flexibilité aux entreprises qui rentabilisent leurs espaces et simplifions la gestion de leurs parcs immobiliers. Chaque entreprise varie ses tarifs de location», détaille l’entrepreneur. Après une première levée de fonds amorcée en octobre 2016, Moffi s’apprête à lever 400 000 euros d’ici deux mois. «Nous souhaitons renforcer notre présence à Lille, puis viser ensuite un maillage national.» La start-up du Village by CA qui compte à ce jour trois employés et huit collaborateurs envisage de recruter cinq personnes supplémentaires. Le séjour à Berlin a permis à Edouard Coisne de visiter des espaces de coworking, de rencontrer des entrepreneurs belges et allemands et ainsi mieux comprendre le modèle du coworking à l’étranger.

 

 

D.R.

Frédéric Détez de la Drève, cofondateur de Allskreen.

Allskreen ou le royaume des BD numériques. Fruit d’une amitié de longue date entre Hervé Creach, Christophe Dezeure et Frédéric Détez de la Drève, Allskreen réinvente le code de lecture de bandes dessinées et propose une version numérisée. «Nous avons réfléchi à un logiciel permettant de rendre plus attractive l’histoire en jouant sur la transition animation, tout en assurant le suspens. Il y a un vrai marché à prendre, nous sommes pour le moment les seuls à faire ça » souligne Frédéric Détez de la Drève, cofondateur. L’idée d’une plate-forme hébergeant des bandes dessinées a donc petit à petit fait son chemin. Disponible depuis avril 2016, une trentaines d’auteurs a pris le virage numérique. «Nous voulons vraiment démocratiser le concept de BD numérique attractive. L’idée est de découper la bande dessinée en épisodes sous forme de série pour le côté addictif. Nous agissons en tant qu’éditeur. Grâce à notre collaboration avec Microsoft, nous sommes capable d’adapter les histoires à tous les écrans (smartphone, tablette, PDC, TV…)», indique le cofondateur. Si la France représente le plus gros marché avec 17 millions de lecteurs de BD, la Belgique et l’Allemagne restent des marchés très intéressants. «Nous voulons toucher plusieurs pays en Europe, notamment l’Allemagne, avant de nous attaquer aux Etats-Unis dans deux ans», dixit l’intéressé. Avec déjà plus de 100 000 lecteurs, la pépite d’EuraTechnologies joue sur deux tableaux : une plateforme payante, Allskreen, à destination des auteurs professionnels, et une plate-forme gratuite, les-auteurs-numériques.com, ouverte à tous. À horizon 2020, la start-up ambitionne le leadership européen et tous les feux sont au vert pour y parvenir.

 

D.R.

Amber Ogborn, cofondatrice de Mail Billy.

Mail Billy ou la plate-forme de traduction inédite. Issue du programme Scale et sortie de l’incubateur d’EuraTechnologies Lille en septembre 2016, la start-up Mail Billy corrige, traduit et peut même créer du contenu pour les entreprises. «Nous facilitons la communication en langue étrangère des entreprises qui souhaitent se développer à l’international», souligne la cofondatrice, Amber Ogborn, de nationalité américaine. «Au départ, je travaillais sur un autre projet d’entreprise, mais je recevais chaque jour des textes et mails importants à traduire. Je me suis dit qu’il y avait un besoin de traduction de haute qualité.» Officiellement créée en janvier 2017, la jeune pousse compte quatre collaborateurs et une cinquantaine de prestataires. À destination des PME et start-up, Mail Billy peut désormais proposer ses services en une dizaine de langues (anglais, allemand, italien, espagnol, néerlandais…) et d’ici peu en russe et en japonais. «Nous accompagnons les entreprises qui ont beaucoup d’ambitions mais qui ne savent pas gérer leur communication. Ils nous donnent leur support et nous le retravaillons tout en adaptant la traduction à la cible», ajoute l’entrepreneuse. À Berlin, Amber Ogborn a arpenté les allées du salon pour augmenter la notoriété de sa société. Un voyage nécessaire à son développement puisque l’allemand représente l’une des langues les plus traduites chez Mail Billy…

 

 

Dartagnan ou l’expert du e-mail. Créée il y a huit ans et installée à la Plaine Images, l’agence B-Mobile améliore les campagnes de communication de ses clients en imaginant et concevant des dispositifs connectés (développement d’applications mobiles, refonte de sites internet, création de campagnes e-mailing). Depuis un an et demi, B-Mobile a lancé Dartagnan, une solution innovante en matière de e-mails. «Cet outil permet de concevoir des campagnes de e-mails qui viennent s’adapter à tout type de support. Aujourd’hui, pour les marques et pour les annonceurs, le e-mail est chronophage. Nous nous concentrons sur la création et le design des e-mails. Dartagnan génère un gain de productivité et un gain de qualité», explique Kevin Van Hullebusch, business développeur. Pari réussi : une croissance de 600% et déjà 60 grands comptes séduits par la solution. Pour autant, pas question de s’arrêter en si bon chemin. Dartagnan a lancé, début juillet, un partenariat avec la start-up Novastream (lire ci-dessous) afin d’intégrer de la vidéo dans les mails, un marché très prometteur. Après une première levée de fonds de 1 million d’euros en 2015, la jeune pousse prépare une nouvelle levée comprise entre 3 et 5 millions d’euros. «L’objectif est de consolider l’équipe (qui compte une quinzaine de collaborateurs actuellement), de poursuivre l’innovation dans le e-mail et d’opérer un développement international.» Présent dans dix pays, la pépite de la Plaine Images vise désormais le marché de l’Europe du Nord. À Berlin, l’équipe de Dartagnan en a profité pour viser de nouveaux clients et rencontrer de potentiels investisseurs. Le succès semble tout tracé pour Dartagnan…

 

D.R.

Damien Devisme, UX designer (à gauche) et Kevin Van Hullebush, business développeur (à droite) de Dartagnan, ont récemment signé un partenariat clé avec Blaise Kremer (au centre), directeur de Novastream.

Novastream. Basée à la Plaine Images depuis cinq ans, Novastream est une société de service en informatique spécialisée dans la vidéo en ligne. La start-up tourquennoise met à disposition des entreprises – essentiellement des grands comptes – un «Youtube d’entreprise». «Lorsque nous avons lancé notre activité, Youtube et DailyMotion venaient d’arriver. Notre idée était de s’adresser aux entreprises pour faciliter la diffusion de leurs vidéos», note Blaise Kremer, directeur associé. À l’image du groupe Allianz, Novastream a développé une web TV interne pour les collaborateurs. Uniquement sur un modèle B to B, Novastream réalise du sur-mesure : «Les services de communication nous sollicitent et nous leurs apportons un service de A à Z : de la conception à l’informatique en passant par l’hébergement. Nous pouvons développer une plate-forme de communication interne tout comme une plate-forme de formation e-learning», souligne Blaise Kremer. Depuis quelques semaines, Novastream a signé un partenariat stratégique avec Dartagnan (lire ci-dessus) pour embarquer la vidéo dans le mail. «La plate-forme lancée récemment permet aux clients de Dartagnan d’embarquer la vidéo dans le mail. Il y a là un vrai marché à prendre. Les volumes sont énormes, c’est magique», se réjouit l’entrepreneur. Novastream peut donc entrevoir l’avenir sereinement, d’autant plus que la jeune société réalise une croissance à deux chiffres…

 

D.R.

Charles-Alban Lefebvre, développeur de WeGravit.

 

WeGravit ou le réseau social qui simplifie la vie ? Alimenter son réseau, organiser un événement ou publier des photos : telles sont les actions désormais possibles avec WeGravit, le nouveau réseau social made in Lille. Incubée à EuraTechnologies, la start-up lauréate LMI innovation se définit comme le futur concurrent de Facebook au niveau européen : «le Facebook comme il aurait dû être, sans publicité ni utilisation des données». WeGravit veut rassembler en une seule plate-forme le concept de Facebook, Linkedin ou encore Twitter. «L’idée est d’éviter aux utilisateurs de switcher entre différents réseaux sociaux et permettre aux utilisateurs d’organiser à la fois leur vie professionnelle et personnelle», indique Charles-Alban Lefebvre, développeur chez WeGravit. Disponible depuis mai, la première version de WeGravit est constamment améliorée avec l’apport de nouvelles fonctionnalités. Fondée par Yohann Charreyron et Sacha Bettini, la start-up est passé de 4 à 30 collaborateurs en l’espace de sept mois. Le réseau social compte actuellement 1 200 membres et compte sur la version anglaise pour monter en puissance. Une levée de fonds est envisagée à la fin de l’année. Destiné au grand public, le réseau social entend également permettre aux entreprises d’afficher leurs informations clés sur leur mur. «L’idée est d’offrir une interface de communication claire et respectueuse pour les entrepreneurs à destination des utilisateurs», dixit Charles-Alban Lefebvre qui a profité du TOA de Berlin pour augmenter la notoriété de WeGravit et s’informer des nouveautés de l’autre côté de la frontière. «Le marché allemand est plus avancé que nous sur l’utilisation des données. Le salon a été idéal et très intéressant pour nous, notamment les conférences sur le respect et la protection des données.»

 

D.R.

Marc-Antoine Redien et Olivier Lefevre, cofondateurs et directeurs de Dad.

Dad ou le pionnier de la réalité augmentée. Basée à Lille et créée en 2013 par Marc-Antoine Redien et Olivier Lefevre, cofondateurs, Dad est une agence qui conseille les grands comptes dans leur stratégie de communication, mais qui conçoit et produit également des dispositifs de communication en réalité augmentée, ce qui constitue sa force aujourd’hui. L‘offre a d’ores et déjà séduit de grands noms à l’image de Total, Orange, Dickson ou encore Nocibé pour qui Dad a notamment réalisé une expérience assez unique en réalité augmentée pour le dernier spray à ongles. «Depuis quatre ans, la réalité augmentée est devenue un outil essentiel pour la communication des entreprises et bouleverse complètement la publicité. Mais ça, nous l’avons compris avant, ce qui fait de Dad une offre rare sur le marché», souligne Marc-Antoine Redien. «Les choses sérieuses commencent» pour l’agence lilloise qui prépare une levée de fonds en septembre afin d’accélérer le développement international et recruter de nouveaux collaborateurs. «À horizon 2020, nous serons entre 20 et 25 collaborateurs pour continuer à nous déployer à l’étranger», résume l’intéressé. Pour le duo d’entrepreneurs, le voyage à Berlin a permis de tisser des liens avec des start-up belges et allemandes, mais pas que… «Le salon TOA nous a donné une motivation supplémentaire, il faut arrêter de se mettre des contraintes, il faut continuer à créer. Dans notre métier, nous avons besoin de nous tenir en éveil, le TOA nous a permis de ramener des idées et de comprendre comment les entreprises étrangères s’approprient les nouvelles technologies», confie le duo d’entrepreneurs. Une chose est sûre : l’agence Dad n’a pas fini de faire parler d’elle…