Premier navire d’une série de cinq pour l’armement coopératif Scopale

Le nouveau chalutier étaplois Rose de Cascia est parti en pêche

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 9652 par

Arrivé au port de Boulogne le 12 juillet en provenance de Stellendam (Pays-Bas) où il a été armé, le chalutier Rose de Cascia, du patron étaplois José Leprêtre, a été inauguré le lendemain, lors de la Fête de la mer de Boulogne, en présence du ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Stéphane Travers, et des associés du nouvel armement artisanal Scopale : le groupe Intermarché-Scapêche, la coopérative étaploise Pêcheurs d’Opale et la société Le Garrec. Il a, depuis, pris la mer pour effectuer sa première campagne de pêche.

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Ce navire de 19,20 mètres de long est polyvalent : il peut être armé aussi bien au chalut (de fond et pélagique), à la senne qu’à la coquille Saint-Jacques. Si sa coque, dotée d’une étrave droite qui permet de fendre la vague au lieu de rebondir sur elle, a été construite au chantier MIM de Dieppe, la finition a été assurée par le néerlandais Padmos, spécialiste de la senne danoise.

Le patron, José Leprêtre, (à gauche) et le président de Scopale, Eric Gosselin, (au centre) ont présenté le nouveau navire au ministre Stéphane Travers.

 

Le confort privilégié à bord. «Avec ce nouveau navire, on gagne en volume intérieur et en confort», explique le chef d’armement Etienne Dachicourt. La cale à poissons a une capacité de 80 m3. Le travail de tri se fait, selon le modèle des Néerlandais, à l’intérieur avec des caisses vides déjà en cale – et non plus stockées sur le pont –, ce qui améliore la fraîcheur et la qualité du poisson. Le poste d’équipage est scindé de façon à ce que les marins de garde la nuit ne réveillent pas leurs collègues. De même, un système de wifi satellitaire fournit l’accès à tous des moyens de communication. Un service de plus en plus demandé par les marins.

«À la différence de l’école française, précise Etienne Dachicourt, la technique choisie pour le Rose de Cascia est celle d’une hélice à pas fixe (2 m 30), avec une variation de la propulsion selon le métier et une gestion énergétique séparée.» De fait, le moteur principal, pour 95% de sa puissance, assure la propulsion. Le moteur secondaire est ajusté au meilleur rendement, à la juste puissance demandée. «Concrètement, explique le chef d’armement, on éteint l’auxiliaire la nuit, lorsque le navire n’est pas en pêche.» Le tout est contrôlé par un automate de bord susceptible de procéder à une extinction automatique de certains des 30 points énergétiques surveillés. Enfin, deux treuils suffisent et non plus quatre comme l’actuel Saint-Josse IV, ce qui procure une économie dans l’hydraulique et un gain de place.

Tête de série. Président de Scopale, Eric Gosselin confirme l’arrivée à l’automne du sister-ship Marmouset III,  attendu par Olivier Leprêtre (président du Comité régional des pêches maritimes), et, en décembre, de La Trinité destiné à Stéphane Fournier. La coque de ce dernier a déjà été mise à l’eau à Dieppe. «Si rien n’est encore officiellement signé avec le chantier, ajoute-t-il, la décision de construire un quatrième et un cinquième navires est prise. Leur financement est d’ores et déjà assuré. Cela se fera selon le même schéma : la coque à Dieppe, la finition aux Pays-Bas.»

Le Rose de Cascia sera suivi de quatre sister-ships en 2017 et 2018.

«Ainsi, nous donnons leur chance à de jeunes patrons qui n’investissent chacun qu’à hauteur de 33% dans le coût de leur bateau (2,5 millions d’euros) », se réjouit Eric Gosselin. Parallèlement, cette initiative sécurise les apports du port de Boulogne en poisson sauvage. Si on estime à 500 tonnes l’apport annuel d’un navire, c’est un supplément de 2 500 tonnes, en année pleine, qui sera vendu en criée lorsque le cinquième chalutier sera arrivé à bon port.