Un projet éolien belge qui pose question...

WindVision revient à la charge à la frontière

Très résidentielle, la bande frontalière tournaisienne est encore inquiétée par la société WindVision à Camphin-en-Pévèle et Estaimpuis. Curieux dossier…

Les chemins du site guerrier de Bouvines sont classés par la Région Nord-Pas-de-Calais et protégés par l'Union européenne. Ils auraient donc pour voisines six éoliennes surpuissantes...
Les chemins du site guerrier de Bouvines sont classés par la Région Nord-Pas-de-Calais et protégés par l'Union européenne. Ils auraient donc pour voisines six éoliennes surpuissantes...
Les chemins du site guerrier de Bouvines sont classés par la Région Nord-Pas-de-Calais et protégés par l'Union européenne. Ils auraient donc pour voisines six éoliennes surpuissantes...
Les chemins du site guerrier de Bouvines sont classés par la Région Nord-Pas-de-Calais et protégés par l'Union européenne. Ils auraient donc pour voisines six éoliennes surpuissantes...

Michel Dufermont, maire de Camphin-en-Pévèle, ne décolère pas. Il croyait l’alerte 2009 sans lendemain mais ça recommence : «WindVision1 voulait implanter en 2007 au bout de nos jardins six éoliennes. A force de vices grossiers de procédure, son projet semblait définitivement retoqué !» Le projet revient, peu modifié, avec six éoliennes de 2,5 MW chacune, produisant annuellement 28 000 MGW2. Elles seraient situées à 250 m de la frontière à Esplechin, face à Camphin, et en plein champ de bataille de Bouvines.

 Un projet bancal. Mais, petit problème, on dépend ici du droit belge… Une interminable navette juridique se poursuit en ce moment, le dossier d’autorisation redéposé par WindVision est au Conseil d’Etat belge qui a deux ans pour statuer. Comme la Ville de Tournai3, la Région wallonne et ce même Conseil d’Etat, c’est non au projet. Il n’apporte rien à l’environnement, provoque des remous, peut être installé ailleurs, est truffé d’erreurs, ne s’intègre dans aucune politique globale et peut dégénérer. L’enquête publique a été bâclée, il n’y a aucune étude des normes acoustiques et le site est hautement historique.

Bref, seul M. Henry, ex-ministre qui a perdu les dernières élections en mai, a à deux reprises approuvé le projet. Quelques minutes avant de céder son ministère, il a signé l’autorisation, son ultime acte politique, provoquant un nouveau recours au Conseil d’Etat belge qui ne statuera en 2017. Son successeur depuis octobre, Mme Marghem, un peu écologiste, ne semble pas favorable au projet.

 M. Dufermont a reçu l’appui de la CC Pévèle Carembault et de Tournai, les avocats travaillent. Les administrations françaises auraient dû être consultées, les frontaliers français aussi dans les enquêtes publiques. Plusieurs conventions européennes sont de surcroît ignorées. «Il y a des éléments tendancieux dans ce dossier, poursuit le maire. Le bureau d’études belge classe la zone en zone agricole, alors qu’il y a 150 maisons. Il n’aurait pas trouvé nos documents d’urbanisme, alors que chaque jour les Camphinois les consultent. Il écrit sans rire que le projet éolien ‘n’aura aucune incidence paysagère’, alors que la première éolienne est à 250 m ! D’autres demandes ont été cassées par le Conseil d’Etat belge alors que les dossiers étaient moins scandaleux !»

Dernière précision : en Belgique les recours ne sont pas suspensifs, des sociétés d’éolien ont plusieurs fois érigé leurs éoliennes sans en attendre les résultats, et c’est légal…

 1. Société belgo-néerlandaise d’Heverlee, près de Leuwe (Louvain) dont le siège est en fait à Chypre. Créée en 2002, elle travaille sur huit pays et deux continents, avec 64 projets. Elle veut gagner +3 MGW d’ici 2017, elle produit actuellement 7,4 GW, a 3 projets en France en ce moment et beaucoup en Belgique-Sud.

 2. Sur Estaimpuis, 5 turbines pour une production de 32 000 MGW.

 3. Le village d’Esplechin n’a rien à dire sauf lors de l’enquête publique, réforme territoriale oblige qui fait que c’est Tournai qui parle pour toutes les communes de son «entité».