Le président de la CGPME était l'invité de la CCI Grand-Lille

François Asselin, ardent promoteur de la PME-TPE

Le président de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises, François Asselin, était à la CCI Grand-Lille le 23 septembre 2015 où il était l’invité de Philippe Hourdain pour l’assemblée générale de la CCI.

D.R.
De gauche à droire, Yvonne Tassou, président régionale Nord – Pas-de-Calais, François Asselin, président national, Jean-Michel Pottier, vice-président national en charge dela formation, et Sébastien Horemans, président régional Picardie.

 

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De gauche à droire, Yvonne Tassou, présidente régionale Nord-Pas-de-Calais, François Asselin, président national, Jean-Michel Pottier, vice-président national en charge de la formation, et Sébastien Horemans, président régional Picardie.

Elu à la présidence de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises le 21 janvier 2015, François Asselin, président de la SAS Asselin spécialisée à Thouars, dans les Deux-Sèvres, dans la restauration du patrimoine et des bâtiments historiques (140 salariés et 15,1 M€ de chiffre d’affaires en 2014), était le 23 novembre dernier l’invité de l’assemblée générale de la CCI Grand-Lille. L’occasion de remettre en perspective le poids et les convictions de ce syndicat patronal interprofessionnel et de se poser en ardent défenseur de la TPE-PME.

«Faire entendre la voix des TPE-PME». Il est souvent difficile à la CGPME de ne pas se positionner par rapport à l’autre partenaire social patronal qu’est le Medef. Ne serait-ce que pour constater – et regretter − que «les projets portés par le mouvement patronal ont surtout une vision de la grande entreprise». Ainsi l’Accord national interprofessionnel (ANI) dans lequel «transparaît bien souvent la culture grande entreprise», ou la négociation sur la formation continue, «tellement catastrophique pour la PME que la CGPME n’a pas voulu signer les accords». Et pourtant, rappelle François Asselin, dont la Confédération pèse quelque 550 000 entreprises adhérentes directement ou via les branches professionnelle, «le tissu économique des TPE-PME, c’est 98,5% du tissu économique du pays, près de 3 millions d’entreprises au total, entre 1,3 million de chefs d’entreprise indépendants travaillant seuls et 1,650 million d’entreprises de 1 à 250 salariés, PME et TPE de moins de 11 salariés« . «Mon rôle est de faire en sorte que ceux que je représente soient dignement défendus et que leur voix se fasse entendre auprès de ceux qui sont en charge de créer les lois, parlementaires, gouvernement, mais encore et surtout à travers la loi NOTRe auprès des Conseils régionaux qui concentrent de plus en plus la compétence économique

Fluidifier le marché de l’emploi. «Force de propositions», la CGPME revendique «quelques succès« , comme la disparition, «obtenue de haute lutte», de la fiche de pénibilité individuelle au profit d’un dispositif sécurisé pour les employeurs, ou encore plusieurs propositions retenues par le Premier ministre dans le cadre du plan «Tout pour l’emploi», dont «l’assez symbolique» question du nombre de CDD renouvelables. Mais aussi celles qui n’ont pas abouti sur le RSI ou le plafonnement des indemnités de licenciement «balayé par le Conseil constitutionnel» qui «parfois dépassent les capacités financières de la petite entreprise». «Nous militons pour qu’en France, on arrive à se quitter sans que ce soit un drame pour le salarié et surtout pour l’entreprise. Quand cela se passe mal, le chef d’entreprise est vacciné à vie de l’emploi et, de plus, comme une maladie contagieuse, il le transmet à ses collègues… Ce n’est pas bon pour l’embauche ! On a encore des freins à l’emploi dans notre pays.» Et d’enfoncer le clou : «Dans le domaine économique et social, il faut accepter un peu moins de sécurité pour retrouver de la liberté. On a un marché de l’emploi complètement sclérosé… Les vrais problèmes, on les connaît. On sait que plus c’est dur à la sortie, plus c’est dur à l’entrée. Il faut absolument trouver les moyens de fluidifier le marché de l’emploi, d’où le fait de sécuriser la rupture, qui est un des freins à l’emploi.»

Pour un dialogue social serein et non contraint. Autre cheval de bataille, le dialogue social : «Nous militons pour un dialogue social serein et non pas contraint. L’accord interprofessionnel sur la formation continue prévoit un entretien individuel tous les deux ans. S’il n’est pas réalisé, l’entreprise est passible d’une amende de 3 500 € par salarié. De même, si l’entretien professionnel prévu tous les six ans n’est pas formalisé correctement. Là, on dévoie l’esprit du dialogue social. L’entretien individuel est un outil managérial tout à fait positif, sauf à en faire une contrainte administrative. (…) Le vrai dialogue social, c’est celui qui est construit ensemble et non avec le fouet ou la sanction en cas de document mal compris, mal complété. La loi de modernisation du dialogue social, dite loi Rebsamen, a créé les commissions paritaires interprofessionnelles régionales pour améliorer le dialogue social dans les TPE où 4,3 millions de salariés ne sont pas représentés. Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de syndicats que le dialogue social n’existe pas. (Ces commissions seront) un obstacle de plus pour les TPE. Notre démarche, c’est de laisser au plus près du terrain, au sein même des entreprises, la possibilité de décider entre salariés et dirigeants d’entreprise. Voilà notre vision du dialogue social.»

Conjoncture : «plutôt optimiste». Sur le champ économique, le pacte de responsabilité trouve grâce aux yeux de François Asselin : «Il fallait absolument enrayer la perte de compétitivité (…), il commence à avoir un impact.» Et d’annoncer avoir mis en place d’ores et déjà un groupe de travail pour réfléchir à l’après-CICE sur le coût du travail. « Il est chargé de produire des propositions au gouvernement pour que l’après-pacte de responsabilité, qui est borné jusqu’à fin 2017, corresponde avant tout à ceux qui en ont le plus besoin, les TPE et PME.»

Au final, pour François Asselin, le triptyque qui assure un bon sommeil au chef d’entreprise, c’est le bon niveau des commandes, un bon niveau de trésorerie et la bonne ambiance dans l’entreprise. Donc, «que le dialogue social ne soit pas contraint, que la fiscalité et les charges soient à la hauteur de ce que peuvent supporter TPE et PME. C’est là souvent qu’on se méprend. Tout est lié dans une petite entreprise. On ne peut séparer la personne morale et la personne physique. Quand on touche à l’équilibre de l’un, on touche à l’équilibre de l’autre».

Interrogé sur la conjoncture économique, François Asselin a déclaré avoir « un message plutôt optimiste. Cela fait un moment que l’alignement des planètes (des taux historiquement bas, un coût du pétrole bas et la parité euro/dollar favorable à l’euro) dure. Cela va finir par produire son effet. La mise en place du pacte de responsabilité arrive en année pleine avec un nouvel allègement des charges en 2016, malheureusement avec trois mois de décalage. Hors événement, si les choses restent en place, en 2016 on devrait avoir franchement une amélioration sur le front de l’emploi». Pour autant, il invite à ne pas se méprendre : «Depuis mai 2012, on a perdu 650 000 emplois. Quand bien même l’emploi repart, on sera loin d’atteindre la case départ.» Tout en ajoutant que «l’autre fait qui pourrait accélérer ces éléments positifs est une réforme en profondeur du Code du travail». Et là, si «c’est prévu pour la réforme, la profondeur, je ne me fais pas trop d’illusions !». Pour mieux conclure : «Les chefs d’entreprise sont optimistes. Ils n’ont pas le choix !»