Le savonnier Vandeputte s’installe à Hesdin-l'Abbé, près de Boulogne

Inauguration franco-belge sous le signe du développement durable

Le groupe belge de produits d’entretien Vandeputte a inauguré, le 26 septembre, son usine d’Hesdin-l’Abbé, près de Boulogne-sur-Mer. Société familiale basée à Mouscron, Vandeputte va ainsi développer sa production de savons et de détergents en France, son premier marché à travers le monde.

Depuis son démarrage à l’été 2017, la nouvelle usine d’Hesdin-l’Abbé a déjà produit un million de flacons.
De gauche à droite, Christian Vandeputte, et les ministres Marie-Christine Marghem et Brune Poirson, Frédéric Cuvillier.
Depuis son démarrage en été, la nouvelle usine d’Hesdin-l’Abbé a déjà produit un million de flacons.
Les 10 000 m² de bâtiments sont implantés sur une parcelle de cinq hectares au cœur du Parc paysager d’activités de Landacres, géré par la communauté d’agglomération du Boulonnais.

L’inauguration a eu lieu en présence de Marie-Christine Marghem, ministre fédérale belge de l’Environnement, de Brune Poirson, Secrétaire d’Etat auprès de Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, et de l’ancien ministre des Transports Frédéric Cuvillier, président de la communauté d’agglomération du Boulonnais. L’occasion pour les frères Luc, Christian et Pierre Vandeputte  d’ouvrir un nouveau chapitre à une longue saga familiale débutée il y a tout juste 130 ans.

Le groupe Vandeputte regroupait jusqu’à présent les activités savons et détergents sur son site de Mouscron, à la frontière franco-belge, construit en 1993 : 50 millions d’euros d’investissements, 25 000 m² de bâtiments sur un site de 8,3 hectares. Déjà, le développement durable et le respect de l’homme et de son environnement y étaient privilégiés : les 18 000 m² de toiture sont recouverts de 6 000 panneaux solaires qui produisent un million de kWh par an, soit la consommation annuelle de 300 ménages.

Avant même son implantation sur le Parc paysager d’activités Landacres d’Hesdin-l’Abbé, le groupe familial Vandeputte affiche un chiffre d’affaires de 130 millions d’euros et un effectif de 230 salariés. Sa division «Soap & Detergents» développe, fabrique et commercialise des produits d’entretien ménager et de soin des textiles, les moins impactants possible pour l’environnement, pour le compte de grandes marques (Maison Verte, O’Cédar) et pour les grandes enseignes de distribution européenne comme Auchan.

 

Ecoconçu du sol au plafond

 

Fort de son engagement environnemental affirmé depuis de nombreuses années, le groupe Vandeputte a trouvé à Boulogne l’outil ad hoc. Installé dans le premier parc d’activités certifié ISO 14 001 en Europe, ce site de production de construction récente est écoconçu et s’inscrit donc parfaitement dans sa philosophie de développement durable. Ses 10 000 m² de bâtiments (dont 600 m² de bureaux) s’étendent sur près de cinq hectares. Le toit, entièrement végétalisé, permet de moins chauffer en hiver et de moins refroidir en été, ce qui permet d’économiser 25% d’énergie. Le béton cellulaire utilisé assure une meilleure régulation thermique. La structure en bois en cèdre rouge est plus durable et plus facile à entretenir. Des puits de lumière facilitent les économies d’énergie, tout en apportant un confort supplémentaire aux employés. La gestion des rejets est optimisée, tandis que les eaux de pluie sont récupérées pour les sanitaires, le nettoyage du sol et comme réserve incendie. Les emballages vides sont collectés et recyclés. Cerise sur le gâteau : par souci de préserver la biodiversité, des ruches ont été installées sur la parcelle.

La recherche est ici permanente pour diminuer l’empreinte carbone grâce à une approche mutualisée avec les intervenants du secteur, fournisseurs comme distributeurs. La démarche d’écoconception de Vandeputte passe aujourd’hui par les certifications qualitatives «Ecolabel européen» et «Ecocert» qui garantissent au consommateur un niveau de qualité et d’écologie du produit. Même les flacons PET contiennent une part de plus en plus importante de matériaux recyclés (certains jusqu’à 60%).

Parallèlement, comme à Mouscron, le site de production est doté d’équipements high-tech permettant de répondre dans les meilleurs délais et aux meilleurs coûts aux attentes des clients les plus exigeants. Avec sa cellule R&D, il adapte des formules et des packagings selon chaque besoin, en assurant un contrôle qualité continu, de la matière première jusqu’au produit fini.

 

Quinze embauches encore à venir

 

Depuis son démarrage, la nouvelle usine a déjà produit un million de flacons. « Notre objectif est de sortir 25 000 tonnes de produits d’ici quatre à cinq ans, assure Christian Vandeputte. Pour cela, nous envisageons de passer à une équipe de trente salariés d’ici 2020. » Le site français de Vandeputte a déjà repris douze collaborateurs d’Ecover, dont le responsable, Jean-Louis Desmedt.

Les ministres présents à l’inauguration n’ont pas manqué de saluer l’exemplarité de l’entreprise. Le président de la communauté d’agglomération du Boulonnais, Frédéric Cuvillier, est revenu sur le combat des salariés et du territoire pour maintenir l’emploi. «La bataille fut âpre», rappelle-t-il. Les collectivités (Région, Agglomération) ainsi que la Bpi ont été remerciées pour leur engagement et leurs aides à la création d’emploi. Les deux ministres en charge de la Transition écologique ont profité de l’occasion pour improviser un mini-sommet franco-belge de l’environnement. «Cette réalisation, ont-elles chacune affirmé, est l’illustration concrète de ce que nous pouvons faire au quotidien dans nos deux pays liés par l’accord de Paris.»

 

Phrase en grand dans texte

35 000 flacons sortent chaque jour des lignes automatisées de l’usine d’Hesdin-l’Abbé

 

Encadré

Cent trente ans d’histoire

«Comme dans toutes les histoires d’amour, raconte Christian Vandeputte, PDG du groupe éponyme, notre histoire commence par une petite graine.» Ici, il s’agit de la graine de lin que l’aïeul de la famille dirigeante, Gustave, décide d’exploiter en acquérant en 1887 un moulin à Rekkem, entre la Flandre, la Wallonie et la France. Au fil du temps, l’idée prend de la graine, chaque génération de Vandeputte amenant son lot d’innovations et d’investissements en phase avec son époque. En 1930,  ses fils Gaston et Pierre expérimentent la saponification et démarrent une production de savon noir à base d’huile de lin. A la fin des années cinquante, la savonnerie, gérée par la troisième génération, lance sa propre marque sous le nom de «Mousse de Lin», avant de produire et de commercialiser en grandes surfaces ses premiers savons liquides. La quatrième génération, incarnée par les frères Pierre, Christian et Luc, prend les rênes en 1989. C’est elle qui crée Oléochemicols en 2001 pour produire des huiles techniques ou des dérivés oléochimiques, qui regroupe les activités savons et détergents sur le site de Mouscron.

 

Encadré

Chiffre clé

• 10 millions d’euros : le coût de l’implantation boulonnaise, dont la moitié environ pour le rachat de l’usine au groupe PAD Ecover.

 

PARTAGER
Article précédentEloge du métissage
Article suivantDessiner la ville du futur