EuraTechnologies développe un nouvel incubateur spécialisé sur la problématique agricole

AgTech ouvre ses portes à la campagne

Le 2 février, Thierry Rolland, maire de Willems, a accueilli Damien Castelain, président de la Métropole européenne de Lille (MEL), Pierre de Saintignon et Raouti Chehih, respectivement président et directeur général d’EuraTechnologies, dans l’ancienne usine textile Caddy. Ils ont inauguré AgTech, un nouveau hub dédié à l’agriculture et piloté par le parc d’activités lillois.

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directeur général d'EuraTechnologies©AGTECH by EURATECHNOLOGIES, WILLEMS
Raouti Chehih directeur général d’EuraTechnologies, au micro. ©AGTECH by EURATECHNOLOGIES, WILLEMS

Après Blanchemaille, premier incubateur dédié au e-commerce, ouvert à Roubaix au printemps dernier, EuraTechnologies en a imaginé un second, toujours sur le territoire de la MEL, mais centré cette fois-ci sur les nouvelles technologies appliquées au domaine agricole. AgTech a été inauguré début février à Willems, dans une ancienne usine textile entièrement réhabilitée pour l’occasion sur un peu plus de 1 000 m2. Elle devrait accueillir ses premiers porteurs de projet dans le courant du mois de mai. Les jeunes entrepreneurs qui intégreront les lieux – une vingtaine de start-up est attendue – profiteront d’un accès privilégié aux 300 entreprises de l’écosystème EuraTechnologies et auront la possibilité de tester leurs applications et idées en liaison directe avec les agriculteurs locaux et plus largement avec ceux installés sur la métropole lilloise.

«Les agriculteurs ne doivent pas rester au bord du chemin quand on évoque les nouvelles technologies»

Associer agriculteurs et nouvelles technologies

L’idée est de pouvoir ainsi se confronter à la réalité du terrain et aux exigences du métier dans un environnement privilégié. «Les agriculteurs ne doivent pas rester au bord du chemin quand on évoque les nouvelles technologies, et vouloir les associer de la sorte dans ce cadre est très positif, a développé pour sa part Sébastien Bocquillon, agriculteur dans le Ternois et membre du bureau de la Chambre d’agriculture régionale, qui représentait, lors de cet événement, Jean-Bernard Bayard, son président. Toutes ces évolutions dans nos métiers sont très importantes, car nous attendons de la précision et du confort de travail pour adapter nos pratiques aux nouvelles exigences sociétales.» Comme l’a détaillé dans son allocution le maire Thierry Rolland, également membre du conseil d’administration d’EuraTechnologies, cette aventure est née en juillet 2015 lors d’une discussion avec Raouti Chehih, le directeur général du pôle d’excellence lillois, qui lui a soufflé l’idée et à qui il avait demandé quel pouvait être l’avenir de ce bâtiment témoin de la première révolution industrielle. «Je me suis assuré que ce projet était le début de quelque chose et non pas un cul-de-sac, a souligné Thierry Rolland. En face, un permis de construire a été déposé pour un bâtiment de 800 m2 sur deux étages. À côté, nous possédons un terrain sur lequel on peut faire 1 000 m2 de bureaux et de services publics. Et, toujours à côté, dans un partenariat public-privé, on peut imaginer un fablab agricole. Ça, ça n’existe nulle part en France.» Dans ce projet, la commune de Willems a injecté 740 000 €, auxquels il faut ajouter 100 000 € versés par la MEL dans le cadre du fonctionnement de l’incubateur. À noter, pour la petite histoire, que c’est Amber Ogborn, petite-fille d’agriculteurs du Kansas, qui a fait ses classes à EuraTechnologies en cofondant Mail Billy, une start-up spécialisée dans la traduction, qui a été choisie pour diriger le centre.

 

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Pierre de Saintignon : «À EuraTech, nous faisons du développement économique ancré sur le territoire»

La Gazette : Quelles sont les ambitions d’AgTech ?

Pierre de Saintignon : Nous sommes dans un incubateur, un lieu de création d’entreprises pour l’agriculture, sous l’autorité totale d’EuraTechnologies. Ici, va naître toute une série d’activités économiques, de start-up, mais c’est aussi un lieu qui va se connecter avec les agriculteurs. Comme l’a expliqué Sébastien Bocquillon, le représentant de la Chambre d’agriculture, les technologies sont nécessaires pour favoriser le développement de l’activité, mais aussi pour gérer toute sa complexité.

Qui va pouvoir intégrer ce site ?

Tous ceux qui ont une idée, qui ont la volonté de s’engager dans ce domaine, qui ont des projets de création de start-up, et puis tous ceux qui vont s’inscrire dans le cadre des appels à projet qu’on va lancer pour développer des filières. À EuraTech, nous avons déjà des activités qui tournent sur l’agriculture, c’est donc de bon augure pour la suite. Notre challenge, maintenant, est d’animer les lieux en attirant des start-up et en les développant. À EuraTech, nous faisons du développement économique ancré sur le territoire, c’est notre politique !

C’est déjà le deuxième incubateur que vous lancez. L’idée est de les multiplier ?

On a créé Blanchemaille il y a un peu plus d’un an, et on va fêter le 200e emploi, ça va très vite. Là, on crée AgTech. On a à la fois une logique de consolidation d’EuraTechnologies, qui est aujourd’hui dans le top 10 des accélérateurs en Europe, et de développement. L’idée, c’est d’aller dans des villes qui le souhaitent, mais qui ont également une bonne raison de le faire. Comme ici à Willems, une ville agricole, où il y avait une forte volonté de la part de Thierry Rolland.

 

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Samsys, future start-up d’AgTech ?

(De g. à d.) Olivier Guille, Jonathan Lomel et Romain Tribout, récents lauréats du concours #connectingtheworld organisé par Avnet Silica.

Jonathan Lomel, un des cofondateurs de Samsys avec Olivier Guille et Romain Tribout, était présent lors de l’inauguration d’AgTech. Le jeune homme a profité de l’occasion pour présenter son compteur connecté dédié aux machines agricoles lors des portes ouvertes qui se sont déroulées au même moment, et découvrir les lieux. Pour cet ancien étudiant de l’ISEN, ce nouvel incubateur est une belle opportunité pour valoriser leur start-up. «Actuellement, nous sommes installés sur EuraTech, explique-t-il. Donc pourquoi ne pas venir s’installer ici… Nous y pensons, mais pour le moment il n’y a rien de fait. C’est vrai que pouvoir travailler à proximité de nos futurs clients, pouvoir tester avec eux nos compteurs, ça peut se révéler très intéressant.» Les trois amis ont actuellement d’autres priorités, notamment celle de poursuivre le développement de leur projet. Il s’agit d’un service innovant qui permet aux exploitants agricoles de localiser les machines disponibles, de gérer leur maintenance ou encore de mesurer le suivi et la traçabilité de leurs activités et d’en répertorier l’historique complet.