Vie économique et judiciaire

Douze nouveaux commissaires aux comptes

C’est dans un contexte difficile de réforme de leur profession que douze nouveaux commissaires aux comptes ont prêté serment à Douai, début juillet. Entre conseils, mises en garde et encouragements, la cérémonie fut solennelle. L’occasion de rappeler obligations et engagements.

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Les nouveaux commissaires aux comptes viennent de prêter serment aux côtés de Grégory Mouy, vice-président de la Compagnie régionale des commissaires aux comptes (4e à partir de la droite), et de Régis Gourlet, président honoraire (1er à droite).

Tradition oblige, c’est dans la salle du parlement de Flandre de la cour d’appel de Douai que les nouveaux commissaires aux comptes ont prêté serment début juillet. «Bienvenue dans la profession» : c’est en ces termes que Régis Gourlet, président honoraire de la Compagnie régionale des commissaires aux comptes (CRCC), et parrain de la cérémonie, a accueilli les nouveaux inscrits. Et de poursuivre : «Vous allez exercer un beau métier, technique et humain. Vous devrez faire preuve de prudence

Quelques rappels et conseils

Régis Gourlet met en garde : «Un client n’est pas un ami. Vous devez vous faire respecter par le client, tout en gardant une relation humaine et humaniste.» Car c’est bien l’une des difficultés du métier : un commissaire aux comptes est mandaté par le client pour vérifier la bonne tenue de ses comptes. Acteurs incontournables de la vie économique, les commissaires aux comptes jouent un rôle important dans la validation des comptes. «Vous allez aussi avoir un rôle majeur dans la prévention des entreprises en difficulté, rappelle le président de la CRCC. Signaler des irrégularités, faire face à des blanchiments d’argent ou à d’autres délits sont l’une des clés de notre métier.»

Un contexte compliqué

Mais c’est dans un climat tendu pour la profession que ces nouveaux commissaires ont prêté serment. En effet, le gouvernement travaille actuellement sur une réforme qui vise à relever les seuils d’audit légal. Aujourd’hui, un commissaire aux comptes est obligatoirement mandaté dès 3 millions d’euros de chiffre d’affaires et 1,5 million d’euros de bilan. Avec cette réforme, il sera mandaté si l’entreprise fait 8 millions d’euros de chiffre d’affaires et 4 millions d’euros de bilan, des chiffres qui correspondent aux seuils allemands. «En ces temps difficiles pour la profession, vous êtes garants d’une liberté et vous allez devoir vous battre pour que l’intérêt général soit préservé», prévient Grégory Mouy, vice-président de la CRCC. Pour l’instant, aucune date d’application de ce relèvement de seuils n’a été précisée. «Cela représente tout de même une perte de 60% de nos mandats. Pour le pays, on estime à environ 10 000 le nombre de licenciements résultant de cette réforme.»

David Trentesaux (à droite), nouveau commissaire aux comptes, félicité par Grégory Mouy et Régis Gourlet.

Vers de nouvelles missions ?

Après une mobilisation générale en mai dernier à Paris, les professionnels espèrent une nouvelle orientation. «Nous restons pessimistes même si des possibilités se dessinent, notamment avec l’abaissement des seuils d’audit des associations recevant des financements publics.» Autres pistes possibles : des certifications liées à la RSE (responsabilité sociale et environnementale), à la cybersécurité ou à la lutte contre la corruption, dans les grands groupes. Pas de quoi décourager les nouveaux commissaires, conscients de débuter dans une profession en pleine mutation. «Je pense que ce trouble sera conjoncturel, rassure Régis Gourlet. Il n’y a pas que le chiffre d’affaires qui va déterminer notre avenir, l’attractivité de la profession aussi. Vous allez devoir travailler sur la data et maîtriser ces audits. La profession est vieillissante, vous avez donc de la place pour travailler.»

Les nouveaux inscrits
Romuald Dupont, Gaultier Velghe, Julien Poulet, Benjamin Cauchet, David Trentesaux, Nicolas Wilfart, Laurent Varjacques, Eddy Bertelli, Cédric Lesage, Khadija Sabri, Cyril Gevaert et Hélène Malard.