Le fonds d’investissement national investit dans une entreprise verte

ISIA mise sur Astradec environnement

Le fonds d’investissement ISIA a injecté 3 millions d’euros dans Astradec environnement, entreprise de revalorisation des déchets à Arques.

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Sylvain Makaya du Fonds Idinvest-Isia ; Xavier Bertrand et Eric Bée d’Astradec Environnement lors de la signature. © P. Dapvril-Région Hauts-de-France

Une bonne nouvelle pour Astradec à Arques : le fonds d’investissement national ISIA a prêté 3 millions d’euros pour financer son développement. Ce fonds a pour but d’aider les entreprises industrielles à acquérir leur outil de production, qu’il s’agisse d’un équipement neuf ou d’occasion. Toutefois, ces investissements ne sont bien évidemment pas faits à l’aveugle. «Le plus important est la rencontre avec le dirigeant, affirme Damien Boulangeat, directeur d’investissement pour IDINVEST Partners. C’est un contrat de mariage, il faut être sûr que l’on se marie avec la bonne personne. Mais on ne se contente pas de ce rapport humain : on analyse les comptes de la société afin de vérifier qu’elle présente des garanties suffisantes pour rembourser la dette. Tout le monde veut lever des fonds, c’est à nous de sélectionner ceux qui sont capables de rembourser cette somme.»

De gauche à droite : Sylvain Makaya du Fonds Idinvest-Isia ; Xavier Bertrand, président du conseil régional des Hauts-de-France, et Eric Bée, dirigeant d’Astradec Environnement lors de la signature. © P. Dapvril-Région Hauts-de-France

3 millions d’euros aujourd’hui, 40 demain

«Il y a 3 millions d’euros aujourd’hui. C’est un fonds qui les met, qui cherchait à investir dans la région, glisse Xavier Bertrand, président du conseil régional des Hauts-de-France. Après ces 3 millions d’euros, ils sont prêts à mettre 40 millions d’euros sur la table dans la région pour booster l’économie.» Une bonne nouvelle, qui devrait plaire aux entreprises des Hauts-de-France. Mais, pour maximiser leurs chances, il vaut mieux que les entreprises candidates à ce fonds d’investissement respectent quelques critères supplémentaires. «Nous sélectionnons en priorité des projets qui répondent à nos critères en termes de normes ESG, c’est-à-dire sur les aspects sociaux et environnementaux, détaille Damien Boulangeat. Ces aspects sont très importants pour nous, et c’est ce qu’on a apprécié chez Astradec qui a créé 150 emplois, pas seulement dans les Hauts-de-France, mais dans des régions où les créations d’emplois se font rares. C’est également un moteur de transition écologique, puisqu’il faut plus de recyclage et moins d’enfouissement.»

Astradec, une entreprise verte qui recrute… et qui recrutera

Astradec compte actuellement 250 employés et crée 20 à 30 postes par an environ. Son dirigeant pense rester dans cette cadence de recrutement, voire l’accélérer quelque peu. Il pense investir ces 3 millions d’euros dans de nouvelles lignes de tri. «Le recyclage est un métier capitalistique, il faut mettre des outils pour trier, confie Vincent Joosten, le directeur de la société. La valeur ne vient que sur ces matières valorisables. Pour valoriser comme il le faut, il faut investir dans des outils et une structure.» Le dirigeant détaille : «Les encombrants entrent, on sort un bois de recyclage. Celui-ci est trié, broyé, criblé. Il part ensuite dans des panneaux agglomérés ou dans du bois de chauffage pour les chaudières, ou bien dans des usines pour faire des granulés. Dans le déchet, il y a des matières valorisables.» Des matières valorisables qui ont permis à l’entrepreneur de lever 3 millions d’euros : de quoi encourager le tri sélectif !

Xavier Bertrand et les responsables d’ISIA ont visité l’entreprise à l’occasion de cet investissement.