La baisse du chômage continue dans la région

Calais, bon élève de la lutte contre le chômage

Les chiffres du chômage de juin 2019 sont tombés : le chômage a baissé de 0,1 point à l’échelle régionale, à 10,8%, contre 8,4% en France métropolitaine (-0,1 point).

À Calais, si le bassin d’emploi est l’un de ceux où le taux de chômage figure parmi les plus élevés de la région, il est aussi le deuxième, derrière Maubeuge, où la baisse de ce taux est la plus significative, avec -1,3 point en un an et -0,6 point en un trimestre. Dans la cité des Six Bourgeois, on ne cache pas sa fierté à l’annonce des chiffres du chômage par l’Insee. Malgré une conjoncture plutôt difficile liée à l’incertitude autour du Brexit, la tendance est baissière, et clairement : «La baisse du taux de chômage ne peut pas être liée aux radiations», garantit Guillaume Sagot, directeur de l’agence Mollien de Pôle emploi à Calais. «On évite de sanctionner pour des absences à des rendez-vous. On accompagne ces prises de rendez-vous par des coups de téléphone et il y a moins de sanctions administratives. La reprise est claire.» Surtout que cette tendance est constante, même si elle n’est pas forte : depuis le premier trimestre 2013 à 17%, le chômage est passé à 14,1% en 2018, pour atteindre le taux de 12,7%. Et ce, malgré les naufrages successifs ces dernières années de Tioxide et de MyFerryLink, deux pourvoyeurs d’emploi historiques à Calais.

Locomotives tournent bien…

Pourtant, depuis le début de l’année 2019, les entreprises qui portent l’emploi dans le bassin ne prennent pas de gros risques. «Il n’y a pas eu de gros recrutements, même si certaines grosses locomotives sont actives», glisse Guillaume Sagot. Et pour cause : le port de Calais accuse le coup dans l’expectative du dénouement du dossier du Brexit, après avoir enregistré des hausses de passagers venus de Grande-Bretagne en début d’année. De son côté, «Eurotunnel continue à recruter, on forme encore des BTS tourisme». Le turn-over autrefois très fort chez Armatis laisse place à une activité moins importante sur le champ des embauches de la part du centre d’appels. «Il y a toujours des recrutements importants, mais moins dynamiques, détaille le directeur de l’agence Pôle emploi. Ils ont moins besoin de nous.»

A Calais, le chômage a baissé de 1,2 point en un an.
À Calais, le chômage a baissé de 1,3 point en un an.

Les petits poucets prennent le relais

Dans le même temps, des entreprises ont lancé leur activité à Calais, entraînant une série de recrutements de plus petite envergure mais qui, au final, pèsent lourd dans la balance de l’emploi dans le bassin. Du tertiaire, essentiellement : «Le commerce va plutôt bien malgré les difficultés de Conforama et Brico Dépôt.» L’industrie et le bâtiment ne sont pas à la traîne non plus : Alcatel opère des recrutements via ses sous-traitants, et la rénovation du front de mer et les travaux d’aménagement du port ont besoin de main-d’œuvre. Dans le même temps, le transport peine à trouver ses employés et enchaîne les opérations pour trouver des salariés et sensibiliser aux besoins du secteur. La sécurité et le nettoyage, enfin, sont des secteur qui, là aussi, recrutent.

Des emplois en majorité sans qualification

La nature des emplois créés est majoritairement destinée à un public peu ou pas qualifié. D’autre part, un effort particulier a été fait en direction des chômeurs de longue durée : «Il y a eu une baisse de 3,2 points du nombre de demandeurs d’emploi depuis plus de 12 mois», précise Guillaume Sagot. Le chômage baisse plus vite sur le bassin d’emploi calaisien qu’ailleurs dans la région en ce qui concerne les chômeurs de catégorie A, à savoir les personnes sans emploi. Par ailleurs, cette baisse bénéficie davantage aux jeunes, particulièrement touchés par le chômage ces dernières années mais pour qui le ciel pourrait être en train de s’éclaircir (1).

Le Pas-de-Calais s’en sort bien

Autrefois lanterne rouge des Hauts-de-France en ce qui concerne le taux d’emploi, le Pas-de-Calais a remonté la pente et se situe désormais en-dessous de la moyenne régionale…

Département

2014

2015

2016

2017

2018

2019

Aisne

14

13,9

13,8

13,2

12,9

12

Nord

12,8

12,9

12,7

12,2

12,3

11,4

Oise

10,1

10,1

10

9,5

9,3

8,6

Pas-de-Calais

13

13

12,6

11,7

11,4

10,6

Somme

11,8

11,7

12

11,3

10,9

10,5

Hauts-de-France

12,5

12,5

12,3

11,7

11,6

10,8

Source : INSEE – Taux de chômages localisés et taux de chômage au sens du BIT.

(1) L’INSEE ne communique pas les chiffres du chômage chez les moins de 25 ans. Les chiffres de Pôle emploi évoquent une baisse annuelle du nombre d’inscrits de 8,9%, mais ces données sont à prendre avec précaution.