Présente sur cinq campus – Lille, Paris, Nice, Londres et Singapour –, l’EDHEC compte près de 8 500 étudiants en formation initiale partout dans le monde, autour de 23 programmes et d’un corps professoral de plus de 180 chercheurs. Un modèle d’école de commerce qui a prouvé ses réussites (plus de 40 000 diplômés dans 120 pays) mais subissant parfois des critiques : frais de scolarité trop élevés, manque d’ouverture à tous les types d’étudiants… Des reproches qu’Emmanuel Métais, directeur général de l’EDHEC Business School, veut laisser loin derrière lui : « Le monde de la formation vit une transformation profonde. C’est une question de survie pour de nombreuses écoles. Nous traçons une nouvelle route dans la continuité de ce que nous sommes. Nous consacrons 30% de notre budget à la recherche mais quelle en est la réelle utilité ? La recherche a, pendant longtemps, servi aux entreprises, mais nous devons aller au-delà : servir la société et l’avenir. » Cette mutation, l’EDHEC Business School, se l’est fixée à travers un plan stratégique ambitueux 2020-2025, baptisé « Impact Future Generations ».

« Nous traçons une nouvelle route dans la continuité de ce que nous sommes. »

Miser sur l’impact de la recherche

Si la business school peut investir 227 M€ dans ce plan quiquennal, c’est notamment grâce à la vente de Scientific Beta, en janvier 2020, à hauteur d’environ 200 M€ à la Bourse de Singapour : cette spin-off (imaginée par Noël Amenc, professeur de finance et doyen associé à la direction du développement de l’école) productrice d’indices financiers, a permis d’engranger de la confiance sur le modèle économique de l’école et de miser sur deux nouvelles activités : Scientific Infra qui veut devenir la référence mondiale en benchmarking des infrastructures (valorisation, risques et impacts, notamment environnementaux, sociaux et de gouvernance) et Scientific Analytics (outils de mesure du risque dans l’industrie de l’investissement). « Je veux faire de l’EDHEC une référence mondiale en finance utile » ajoute Emmanuel Métais. Sur les 227 M€ investis, 60 seront consacrés au développement des cinq campus (nouvelles technologies, création d’amphithéâtres polyvalents…) et le reste sur les axes prioritaires (voir encadré). Quant à l’éventuellement augmentation des frais de scolarité souvent décriés, Emmanuel Métais s’en défend : « Nous reversons annuellement 15% du montant des frais de scolarité aux étudiants boursiers (soit 10 M€, ndlr) et nous voulons augmenter ce montant de 50%. Actuellement, 30% de nos étudiants sont boursiers et nous voudrions atteindre les 40%. Oui, les études sont onéreuses et l’augmentation des frais de scolarité est inéluctable, à raison d’1 à 3% maximum par an, mais notre rôle est d’accompagner au mieux les étudiants. » Sur le budget actuel de 140 M€, deux tiers proviennent de la recherche et le tiers restant, des frais de scolarité. Un budget qui passera à 186 M€ à horizon 2025, pour un total de 10 000 étudiants sur les programmes Bachelor et Master, soit une croissance de 6,5%. Si l’EDHEC poursuit sa logique de développement, cela ne sera pas par l’augmentation significative du nombre de ses étudiants mais bien par une diversification de ses activités. « Nous augmenterons nos effectifs de seulement 1 à 2% sur nos programmes historiques » confirme Emmanuel Métais.

« Transmettre le goût d’entreprendre à nos étudiants fait partie de notre ADN », Emmanuel Métais, directeur Général EDHEC Business School. ©Audoin DESFORGES

Un nouveau modèle de transmission des connaissances

Créé il y a un an, EDHEC on Line (10% du budget à horizon 2025 soit 1 000 élèves), sera renforcé par l’ouverture à d’autres champs de disciplines via des partenariats avec des universités internationales mais aussi par la création d’EDHEC Augmented Law Institute, avec l’ambition de « devenir la référence mondiale en matière de droit augmenté« . Cet institut aura pour vocation d’analyser l’impact des nouvelles technologies sur le droit et les pratiques juridiques. « Tous les programmes seront plus hybrides, plus internationaux, plus distanciels… » ajoute le directeur général. Si l’EDHEC ne souhaite pas ouvrir d’autres campus à l’international mais plutôt se baser sur des partenariats exclusifs, elle envisage l’ouverture d’un hub EDHEC en Californie et à Singapour, deux accélérateurs d’entreprises pour les diplômés et les Alumni. « Nous allons sortir de notre domaine de prédilection pour hybrider nos contenus et les ouvrir davantage au business. »


Un plan articulé autour de sept axes

1. Scientifique : création de deux centres de recherche supplémentaires

2. Former des profils composites, au-delà du marketing, de la finance et de la gestion

3. Tech & Data : former les étudiants aux hard-skills et aux métiers de demain

4. Internationalisation : nouer davantage de partenariats avec des universités internationales

5. Expérience étudiante et orientation vers le carbone neutre d’ici 2030

6. Entrepreneuriat : développement de deux accélérateurs mais aussi d’un fonds d’investissement pour les start-up EDHEC

7. Ouverture sociale