Une entreprise calaisienne aux JO de Tokyo

Pro Tracks est dans une forme olympique

Voilà huit ans que Thomas Hamon a monté Pro Tracks. L’entrepreneur construit et s’occupe de la maintenance de pistes de BMX pour des clubs, des collectivités… mais aussi pour les Jeux olympiques de Tokyo, qui auront lieu l’an prochain.

Ancien coureur de haut niveau, Thomas Hamon conçoit des pistes de BMX depuis maintenant 8 ans. © Aletheia Press / C. Escaillet

Si les Jeux olympiques de Tokyo sont reportés d’un an du fait de la crise sanitaire, bien des détails de l’organisation sont d’ores et déjà fixés. Et Thomas Hamon, dirigeant de Pro Tracks, sera de la partie autour de l’épreuve de BMX. L’entrepreneur n’en est pas à son coup d’essai : sportif professionnel, il a démarré son activité il y a huit ans, et faisait partie des quatre ou cinq entreprises spécialisées de ce secteur. Il est chargé de réaliser la piste de BMX, d’une taille de 150 mètres sur 90, avec tribunes. «Il n’y avait pas beaucoup de concurrence, explique le dirigeant. Pour répondre à ce type d’appel d’offres, il faut déjà être identifié par l’Union cycliste internationale.» Suite à quoi l’entrepreneur a été convoqué…

De nombreux rebondissements

Ainsi, Thomas Hamon s’est rendu au Japon, où il a d’abord fait face à la barrière de la langue. L’ancien sportif raconte : «Il y a eu une journée et demie de réunion. La qualité des interprètes variait, leur niveau d’anglais n’était pas toujours très bon…» Deuxième obstacle : la formation. Pour avoir le droit d’intervenir sur le chantier, il fallait passer dix jours de formation. «C’est un peu le CACES japonais. Sans cette formation, je ne pouvais pas intervenir sur mes propres chantiers. L’un de mes homologues qui intervient là-bas avait par exemple l’interdiction de se servir d’une tronçonneuse sur son chantier. Ça l’a beaucoup retardé : pour accomplir ce qu’il fait en un mois normalement, il l’a réalisé en sept.»

Un marché important… mais exigeant

Toutefois, l’opération en valait la peine. S’il ne s’agit pas d’un contrat extraordinaire, comme on aurait pu s’y attendre, Thomas Hamon y gagne surtout en visibilité : «Je ne les ai pas assassinés sur la facture. On a bien vendu le projet, mais il y a aussi de grosses dépenses. C’est une belle opération, on fera une meilleure année que d’habitude.Mais c’est surtout une référence pour la marque.» Car le chantier est exigeant. Si les opérations sont les mêmes qu’ailleurs – préparation du terrain par une entreprise de travaux publics, puis modelage des obstacles et des virages, et aménagement paysager par d’autres entreprises –, les délais ne sont, par exemple, pas les mêmes. La piste doit en effet être réalisée au moins un an avant l’événement (elle était opérationnelle en juin 2019). Elle est ensuite soumise à des tests (août 2019), avant de subir une sorte de répétition générale (octobre 2019). Mais l’expérience n’a apparemment pas effrayé l’entrepreneur, qui devrait essayer de se positionner sur les JO de Paris 2024…