Edouard Laubiès : «Créer un réseau social physique»

Après Rouen en octobre 2015 et Lyon en novembre 2016, Edouard Laubiès et Pascal Givon s’apprêtent à lancer, début octobre, Now Coworking, un espace de travail partagé haut de gamme de 3 000 m2 au sein du palais de la Bourse, en plein cœur de Lille. Pour Yann Orpin, cette arrivée devrait notamment permettre à l’institution économique d’«opérer sa mutation», mais aussi de «participer à la revitalisation du centre-ville».  «Quand les espaces de coworking seront tous occupés, il y aura 2 300 personnes en plus chaque semaine au palais de la Bourse, soit 439 coworkers en équivalent temps plein», détaille le président de la CCI Grand Lille. Le 1er octobre, le rez-de-chaussée ouvrira ses portes, avant le lancement programmé des cinq autres étages au début de l’année prochaine. Explication de ce projet avec les deux fondateurs.

Edouard Laubiès : «Créer un réseau social physique»
Edouard Laubiès : «Créer un réseau social physique»

La Gazette : Quelle est la philosophie de cet espace de coworking que vous avez imaginé ? À qui s’adresse-t-il ?

Pascal Givon : Un des principes fondamentaux de notre coworking, c’est de s’extraire un peu de la problématique de colocation immobilière et de travailler plutôt sur un écosystème qui permet de favoriser la collaboration entre nos coworkers. Exemple : à Rouen, on a très vite eu 400 coworkers, tous profils confondus, qui venaient travailler. Ça allait du jeune créateur d’entreprise à l’entrepreneur averti avec ses quatre, cinq collaborateurs.

 

Comment faites-vous pour être si attractif ?

Pascal Givon : Ça fonctionne grâce à trois ingrédients essentiels. Le premier : nous ne sommes pas thématiques et nous ne sommes pas des spécialistes de la start-up ! Nous accueillons tous les types d’entreprise et tous les types de savoir-faire, et c’est cette richesse-là qui amène les gens à trouver l’opportunité de travailler ensemble. Le deuxième ingrédient, c’est l’espace nécessaire pour accueillir tous nos coworkers dans de bonnes conditions. Il fallait de la place pour développer une grosse communauté, car c’est le sujet essentiel de notre projet : créer une communauté diverse et importante en nombre, car on ne peut pas imaginer que les gens multiplient les rencontres sans qu’il y ait suffisamment de monde pour ça. C’est la raison pour laquelle on a conceptualisé un premier coworking, qui était grand à l’époque, et qu’on continue à développer des coworkings de cette taille-là. Le troisième ingrédient rentre dans notre philosophie de travail : sur ces surfaces-là, environ la moitié des espaces est dédiée à la rencontre.

 

C’est-à-dire ?

Edouard Laubiès : L’idée, ce n’est pas que les gens soient installés les uns à côté des autres dans des cases. Il s’agit de créer un réseau social physique. Et donc, pour ça, il faut des lieux où l’on puisse se parler. Ça commence par une machine à café bien installée, avec un environnement confortable, jusqu’à la cuisine dans laquelle on fait vraiment à manger. L’idée est de réaliser un vrai lieu de vie, où l’on prend du plaisir à venir travailler. Il y a une application qui permet de prolonger le réseau social physique par un réseau digital sur lequel on pourra créer ses événements et être en contact avec les coworkers des autres métropoles.

 

Que va-t-on retrouver d’autre dans ce coworking ?

Edouard Laubiès : Il y a aura aussi une salle de sport, des petits amphithéâtres pour projeter des films ou se réunir, également un bar à sieste… Mais l’esprit, c’est de pousser les chefs d’entreprise à voir le quotidien du travail un peu différemment. Nous avons par ailleurs l’ambition de proposer aux coworkers de travailler autrement dans leur journée. Ne pas forcément rester derrière son bureau avec un clavier devant soi, mais pouvoir bosser dans des positions plus confortables. Le fait de se déplacer dans le coworking permet de rencontrer beaucoup de gens et donc de créer des opportunités de discuter. Ce sont les fondamentaux !

 

Mais avec de tels services, cela doit être assez onéreux…

Pascal Givon : Non. Sur les prix, nous sommes plutôt agressifs. Ce n’est pas un projet immobilier. Nous souhaitons que les coworkers s’inscrivent dans le temps chez nous, même s’il n’y a pas d’obligation. Nous sommes tout de même ouverts sept jours sur sept, 24 heures sur 24. Tout est inclus, café, Internet et animations, car il y a à peu près un événement par jour : conseils d’experts, conférences et formations. Par exemple, comment utiliser Facebook d’un point de vue professionnel ou comment monter son site Internet…

 

Et donc au niveau des prix ?

Edouard Laubiès : Les prix démarrent à 1 euro de l’heure hors taxe le soir à partir de 19h, à 300 euros par mois hors taxe la place en bureau fermé. Une fourchette très large. Quelqu’un qui vient en nomade, qui n’a pas besoin de bureau, mais passe tous les jours, prendra un abonnement mensuel qui lui coûtera 219 euros pour une utilisation libre du lieu. De plus, s’inscrire chez nous, c’est avoir accès à tous nos sites. Vous êtes à Lyon, vous badgez à Lyon, et ce, sans réservation. Tous vos appareils informatiques sont reconnus. Pour Lille, 176 personnes ont déjà prépayé leur carte.

 

Plus de renseignements sur https://now-coworking.com.

Légende photo : de gauche à droite, Yann Orpin, président de la CCI Grand Lille, Edouard Laubiès et Pascal Givon, cofondateurs de Now Coworking.