A Coquelles, Eurotunnel compte sur le rail

Des essais à suivre sous le Détroit

Loin des secousses maritimes qui inquiètent les dirigeants d’Eurotunnel toujours silencieux sur la question, le tunnel sous la Manche ouvre à la compagnie franco-britannique de nouvelles perspectives. Une convention a été signée le 11 mars dernier avec l’Institut de recherche Railenium (IRT), avec pour objectif de réaliser des essais.

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CAPresse 2015
« (à gauche) Michel Boudoussier, directeur général de Groupe EuroTunnel et Jean-Marc Delion, délégué général de Railenium ».
CAPresse 2015
Michel Boudoussier, directeur général de Groupe EuroTunnel (à gauche), et Jean-Marc Delion, délégué général de Railenium.

Christian Maquaire, directeur de l’innovation de Railenium depuis quelques années, connaît bien ces 50 km de rail pour les avoir « pratiqués »pendant plus d’une décennie quand il était directeur technique de Groupe EuroTunnel (GET). Ces voies vont désormais servir à l’IRT de la filière ferroviaire. L’accord signé, «autorisant des essais sur des voies exploitées», est crucial : pour les professionnels du rail, ces essais vont permettre de tester la résistance des composants du futur dès cette année. Ces tests, qui interviennent souvent en fin de phase de développement, donneront ainsi à Eurotunnel une appréciation sur le rail de demain, avec, au cœur des préoccupations, la sécurité pour un trafic intense : plus de 100 millions de tonnes acheminées par an et par voie. Outre les 50 km de voies, les utilisateurs de Railenium pourront se servir de deux autres voies «de densité bien différentes : l’une vers les plates-formes de chargement, et l’autre vers la zone de maintenance».

En attendant l’anneau. Cette convention fait suite aux nombreuses relations qu’entretiennent les deux acteurs du rail dans la région. En septembre 2011, Eurotunnel participait déjà à la création de la fondation d’un conseil scientifique. Eurotunnel profitera à plein temps des essais initiés par Railenium pendant au moins deux ans. Le temps que l’anneau d’essais du Valenciennois prenne forme d’ici 2017 : long de 6 km, cet ouvrage mobilise plus de 200 millions d’euros de budget global.

Railenium, une boîte à outils

En vitesse de croisière, Railenium pilote aujourd’hui huit programmes de recherche, relatifs notamment aux systèmes ferroviaires urbains, conventionnels et à grande vitesse. L’objectif de l’IRT est d’aider ses partenaires dans la maîtrise des coûts, le développement des performances du réseau et la réduction de l’empreinte environnementale. Basé à Valenciennes, Railenium a aussi des bureaux à Compiègne.

Voir aussi www.railenium.eu