À Calais, le futur proche d'Axyntis

Entre déménagement et développement…

«Sur le terrain plutôt qu’au bureau», Xavier Bertrand, président des Haut-de-France, sillonne les usines de la région. Sur la Côte d’Opale, Il a rendu visite à Axyntis, le 27 septembre dernier à Calais. L’ancien site de Calaire chimie, repris par le groupe Axyntis il y a près de trois ans, reprend des couleurs au coeur de la stratégie nationale d’une ETI dynamique qui a bénéficié d’une aide régionale.

CAPresse 2016
« A Calais, le groupe fusionne ses deux sites pour optimiser ses capacités ».
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Xavier Bertrand, président des Haut-de-France, et David Simonnet, PDG d'Axyntis à Calais, lors de la signature d'une convention financière.

C’est une avance remboursable d’un million d’euros qui vient appuyer le plan de reprise d’une activité industrielle moribonde : bien que centenaire à Calais, la chimie fine a perdu Calaire en 2014. Victime d’une quasi-disparition de ses marchés, avec un produit phare, la lamotrigine, dont les lignes de production se sont arrêtées, l’entreprise a été reprise par Axyntis dont l’un des sites est à Calais dans la zone industrielle des Dunes, dix fois plus petit et largement saturé d’activités. Convergences matérielles, synergies, optimisation ont guidé le repreneur David Simonnet, PDG du groupe. Surtout, le site dispose d’un incinérateur, un équipement qui attire les productions de certains produits dédiés, entre autres, à la pharmacopée. L’incinérateur – pour les solvants chlorés – disposera à terme d’une capacité de 12 000 tonnes, dont les deux tiers sont déjà consacrés aux déchets de Suez Chemicals. Des atouts pour un groupe en pleine expansion : deux ans après sa formalisation, Axyntis pèse près de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires et emploie 500 personnes en France contre 310 en 2015. Dans l’ex-usine de Calaire, reprise en 2013, 40% des ateliers calaisiens tournent encore. «Beaucoup de machines sont encore à rénover, mais on a le potentiel», indique un ouvrier. Avec le déménagement du site des Dunes vers celui du quai d’Amérique, la production devrait s’apprécier substantiellement. «On est à 400 tonnes sur certaines lignes, on passera 800 tonnes rapidement», indique à cet égard David Simonnet, pour qui le transfert des équipes de la zone des Dunes va provoquer «un choc positif» avec l’arrivée de 40 salariés. Si le début de l’année a été marqué par une période de chômage partiel, la croissance est repartie en 2016 : «40% de la croissance du groupe vient de Calais.» Le Conseil régional veut croire qu’il a eu du flair en misant sur l’industrie et avancer 4 millions d’euros à l’entreprise (une avance remboursable à 0%) pour financer son développement.

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Sur le site calaisien d'Axyntis.

Optimiser le site calaisienLa fusion va surtout soulager le groupe de la gestion d’un site installé à quelques dizaines de mètres du camp de la Lande, en bordure de voie portuaire : les incidents se multipliaient, les coûts liés à la sécurité plombaient l’activité et des fournisseurs n’acceptaient plus de livrer à cause des incidents. «On a perdu 2 millions d’euros de chiffre d’affaires l’an dernier», disait David Simonnet en janvier 2016. Ce site est amené à devenir une zone de stockage. Concernant l’ex-site de Calaire, Axyntis mise sur des nouveaux produits. Dans une pièce mi-laboratoire mi-pilotage, les mélanges sont expliqués : «On introduit les solvants chlorés à 2 300 degrés. Plus il y a de carbone, plus ça chauffe… Les calories récupérées servent au four ; les fumées sont orientées vers le process d’absorption», explique un opérateur. Un filtre tamise les fumées avant leur évacuation.

Entre les bâtiments du site, les équipes s’affairent avant la signature de la convention financière à signer entre le Conseil régional et la société industrielle : 4 millions d’euros d’avance remboursable décidée rapidement : deux mois après les premiers contacts. Après Axyntis, ce fut une visite à ArcelorMittal : l’industrie régionale est au centre des préoccupations. 

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À Calais, le groupe fusionne ses deux sites pour optimiser ses capacités.

Encadré :

Une ETI nationale en développement

Le groupe Axyntis se donne à voir comme une entreprise de taille intermédiaire, de taille nationale avec ses six usines et trois centres R&D implantés dans cinq régions (Haut-de-France, Normandie, Ile-de-France, Centre et PACA). Ses spécialités relèvent de la chimie fine à destination d’industries aussi variées que la papeterie, le médical, les colorants, la cosmétique, la photographie ou encore l’électronique.