Spécial Poches

Un cœur sombre Ce puissant thriller suit la trajectoire de Vincent Madigan qui, sous un vernis de respectabilité, cède souvent à ses démons au point d’être aspiré dans une spirale infernale. Endetté, il est redevable à Sandià, le roi de la pègre d’East Harlem, ce qui risque de compromettre son identité officielle, voire de lui coûter […]

Un cœur sombre

Ce puissant thriller suit la trajectoire de Vincent Madigan qui, sous un vernis de respectabilité, cède souvent à ses démons au point d’être aspiré dans une spirale infernale. Endetté, il est redevable à Sandià, le roi de la pègre d’East Harlem, ce qui risque de compromettre son identité officielle, voire de lui coûter la vie. Il décide alors de franchir la ligne jaune et monte un gros coup pour pouvoir prendre un nouveau départ : braquer 400 000 dollars dans l’une des planques de Sandià. Mais les choses tournent très mal, il doit se débarrasser de ses complices, et un enfant est blessé lors d’échanges de tirs. En outre, le NYPD confie l’enquête à la dernière personne qu’il aurait souhaité revoir… Rongé par l’angoisse et la culpabilité, Madigan va s’engager sur la dernière voie qu’il lui reste : celle d’une impossible rédemption. Soit le portrait ambivalent et complexe d’un homme écartelé entre le bien et le mal, l’innocence et la culpabilité, déchirants conflits intérieurs qui dévoilent toute l’humanité enfouie d’un anti-héros à la fois effrayant et attachant. Au-delà d’une intrigue parfaitement agencée et d’un suspens intense, un roman magnétique.

 

Un cœur sombre de R. J. Ellory (Le Livre de Poche – Traduit de l’anglais (États-Unis) par Fabrice Pointeau).

 

 

 

La ville des brumes

Cette deuxième aventure de Claire DeWitt – détective privée adepte du mystérieux détective français Jacques Silette – s’ouvre alors que Paul Casablancas, l’ex-petit ami musicien de Claire, est retrouvé mort dans sa maison de San Francisco. La police penche pour un cambriolage qui a mal tourné mais Claire doute de cette version et, avec l’aide de son nouvel assistant, Claude, elle déniche un éclairage sur le destin de Paul dans ses autres affaires – notamment celle de sa sœur de sang Tracy disparue dans le New York des années 1980. Alors que les visions du passé lèvent le voile sur les secrets du présent, Claire commence à saisir les mots de Jacques Silette : «Le détective ne saura pas de quoi il est capable avant de se heurter à un mystère qui lui transperce le cœur.» Et l’amour, sous toutes ses formes, est le plus grand mystère de tous… Suivant les pas de son héroïne borderline – sur le rythme infernal sexe, drogue et rock’n’roll –, l’auteur renverse le mythe de la femme détective traditionnelle pour brosser le portrait d’une enquêtrice du XXIe siècle.

 

La ville des brumes de Sara Gran (Points Seuil – Traduit de l’anglais (États-Unis) par Claire Breton).

 

 

 

Le paradis n’est pas pour nous

Nouvel opus d’une série remarquable mettant en scène le commissariat de Portsmouth et son sympathique et mélancolique inspecteur Faraday, ce polar s’ouvre sur la découverte d’un corps horriblement mutilé sur une route à Portsmouth. La victime a été percutée par un chauffard qui a pris la fuite. Joe Faraday est chargé de l’enquête. De l’autre côté de la ville, Bazza Mackenzie, le patron de la drogue, a embauché l’ex co-équipier de Faraday, Paul Winter, pour assurer sa sécurité. D’après la rumeur, la fille de Bazza tromperait son mari avec un flic haut gradé…ce qui est à la fois inadmissible et dangereux. A Winter de vérifier la véracité de cette rumeur et d’étouffer l’affaire avant qu’il n’y ait trop de dégâts. Faraday et Winter mènent tous deux leur enquête et révèlent, l’un et l’autre, un monde de violence et de blessures beaucoup plus profondes que personne n’aurait pu imaginer. Un roman noir à l’intrigue prégnante.

 

Le paradis n’est pas pour nous de Graham Hurley (Folio – Traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Valérie Bourgeois).

 

 

 

Les corps de verre

Après la glaçante trilogie Les Visages de Victoria Bergman, Erik Axl Sund publie le premier volet d’une nouvelle trilogie autour du thème de la mélancolie et dont le héros, l’inspecteur Jens Hurtig, enquête sur une étrange vague de suicides qui s’empare de la Suède. En effet, partout dans le pays, des jeunes mettent fin à leur vie. Les procédés sont extrêmement déroutants, les mises en scène méticuleuses. L’élément qui les rassemble : une passion commune pour le musicien Hunger… Des enregistrements – de vieilles cassettes mixées datant des années 1980 – sont retrouvés chez les victimes. Lesquels ont appartenu autrefois à la même femme. Simultanément, une série de meurtres a lieu. Toutes les victimes sont des hommes influents. Les preuves indiquent alors que ces crimes bestiaux ont un lien avec la vague de suicides… Soit les ingrédients d’un thriller très noir et profondément troublant sur la musique, l’art, le désir et la résignation, la haine, l’amour et la vengeance. À travers les vies d’individus fragiles au seuil de l’âge adulte, Erik Axl Sund – nom de plume du duo Jerker Eriksson et Håkan Axlander Sundquist – plonge le lecteur dans les tréfonds du psychisme humain.

 

Les corps de verre. Mélancolie noire d’Erik Axl Sund (Babel Noir – Traduit du suédois par Rémi Cassaigne).