Chez Arc France, une unanimité qui devra payer

Arc France lève des fonds

15 jours de négociations serrées auront mis la direction et tous les syndicats d’accord sur un plan de réorganisation d’Arc France qui prévoit plus de travail, moins de recours à l’intérim, des économies, et aucune augmentation dans les deux ans. Ces mesures doivent convaincre des investisseurs à recapitaliser dans la société.

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Tristan Borne, directeur général d’Arc France.

Le géant du verre est en cours de négociation pour l’entrée de partenaires «privés appuyés par le public» dans son capital afin de soulager une trésorerie «très tendue en 2018», indique le directeur d’Arc France, Tristan Borne. Après sa reprise par le fonds américain Glass Holding, le numéro 1 mondial des arts de la table est en ordre de marche avec la remise en état des outils du site audomarois, avec 12 fours totalement rénovés. Le plan social d’avant-reprise avait réduit le point mort de l’entreprise, mais le modèle économique n’aura cependant pas duré longtemps. Deux ans plus tard, il a fallu remettre au pot : le consortium russe RDIF allié à des fonds du Golfe amenait 25 millions d’euros avec la Caisse des dépôts International, tandis que l’actionnaire principal ajoutait 10 millions. La trésorerie aura tenu moins de deux ans. Confronté à une concurrence vive, le verrier a alors baissé ses prix et s’est lancé dans l’innovation de ses produits qui lui a permis de croître rapidement. En 2017, l’entreprise facturait 470 millions d’euros. «L’an dernier, nous réalisions un chiffre d’affaires de 488 millions. Les 18 millions supplémentaires viennent de nos innovations. Nous avons relancé le cristallin avec sa sonorité ; nous avons lancé les boîtes de conservation qui ont connu une période de rupture de stock. Les plats en opale de couleur ont connu un très grand succès l’an dernier», égrène le directeur.

Une ambition mesurée

L’usine tourne à plein régime. De 210 000 tonnes de verre en 2015, le site d’Arques devrait atteindre 268 000 tonnes en 2019. Des gains de productivité qui s’inscrivent dans l’accord signé – pour deux ans – avec les six syndicats du site. Le volet «efficacité» doit également permettre d’alléger les coûts de 9 millions d’euros. La diminution des intérimaires l’été économisera plus d’1 million. Les cadres réalisent aussi un effort avec une réduction de salaire de 3% (valable pour les 40 plus hauts salaires). Le gel des autres salaires est contractualisé pour les deux prochaines années. La pyramide des âges de l’entreprise permet de faire baisser les coûts salariaux : dans les deux ans, 500 personnes quitteront l’entreprise alors que 160 les remplaceront. Arc renouvelle ses compétences avec l’arrivée, chaque année depuis trois ans, de 150 alternants. Actuellement, plus de 600 salariés (sur les 5 500 que compte l’usine) ont moins de 30 ans. Une fougue industrielle qui doit convaincre les investisseurs et les banques à soutenir le redressement de l’entreprise phare de la région. Arc cherche 100 millions d’euros et compte retrouver un excédent brut d’exploitation de 70 millions d’euros d’ici 2020. Le printemps devrait dévoiler le nouveau tour de table.