L’industrie 4.0 en question au Comité Grand Béthune

Une ère nouvelle où le virtuel rencontre le matériel

La Semaine de l’industrie a fait escale à La Fabrique à Béthune le 22 mars dernier. A l’invitation du Comité Grand Béthune, un certain nombre d’acteurs (industriels, institutionnels, universitaires…) se sont retrouvés afin d’échanger, une matinée durant, sur l’industrie 4.0.

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La réalité virtuelle est devenue une réalité pour les industriels. Cet outil est notamment au service de la formation du personnel.

Secteur géographique historiquement industriel, le Béthunois reste marqué par ce secteur d’activité, avec notamment des fleurons de l’automobile, mais aussi des pépites dans des secteurs comme la plasturgie. Dans un monde qui évolue, ce territoire ne veut pas manquer le train de la quatrième révolution industrielle. Cette dernière allie à la fois le digital et le physique ; en clair, elle instaure un concept nouveau d’industrie, se caractérisant par la convergence du monde virtuel, de la conception numérique, du marketing avec les produits du monde réel.

«L’industrie 4.0 ouvre un champ d’opportunités d’innovation et de développement considérables. A nous d’organiser nos territoires et de créer les outils pour favoriser l’émergence des initiatives», a souligné, en préambule des échanges, Olivier Gacquerre, maire de Béthune. La volonté des forces vives béthunoises est donc de jouer la carte de l’anticipation et d’appréhender ce nouveau virage qui se présente aux industriels.

Les deuxième et la troisième révolutions industrielles ont institué la production de masse. La quatrième révolution continue sur cette lancée, avec une nuance majeure : «Elle laisse la part belle à des produits individualisés, aux spécificités exigées par les clients, et aux délais courts», a confié Francis Kopp, dirigeant de l’entreprise Lenze basée à Ruitz.

Dans ce contexte, les entreprises doivent s’adapter à ce nouveau paradigme. Cela nécessite un personnel formé, une agilité accrue afin de s’adapter à la demande. «Il y a une conduite du changement à opérer et il faut expliquer la vision à long terme, donner du sens à l’action. L’entreprise, c’est d’abord de l’humain et il faut avancer avec les hommes», a insisté Francis Kopp.     

Des perspectives nouvelles

Ce modèle industriel rime aussi avec l’abandon des tâches répétitives et voit l’avènement des pratiques numériques. Dans ce cadre, la question de la protection des données devient une problématique essentielle.   

L’industrie 4.0 permet aussi aux spécialistes du numérique d’investir sur ce champ. En effet, les technologies émergentes en matière d’impression 3D entrouvrent des perspectives inédites aux profils numériques. «A l’origine, nous sommes des spécialistes de l’informatique, des geeks. Aujourd’hui, nous avons choisi de fabriquer nos propres produits… Nous sommes devenus industriels», témoigne Adrien Lombart, dirigeant de la société Avosdim.       

Un salon de l’emploi et de la formation est venu agrémenter les débats. Il s’adressait aux étudiants et lycéens, qui ont découvert des opportunités d’emploi dans l’industrie 4.0 et les formations pour y accéder. Ils ont aussi touché du doigt des outils 4.0 utilisés en matière de formation, par exemple, par une entreprise du poids de Bridgestone.