Logement bas carbone

Gitec construit la première maison à énergie positive

C’est une première à l’échelle de la région des Hauts-de-France et même au nord de Paris. Le groupe Maisons Gitec, basé à Arras, est le premier constructeur à se lancer dans la démarche réduction carbone dans la construction de maisons individuelles.

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Laurent Leclercq est un dirigeant impliqué, il se tient au courant des nouvelles tendances et réglementations pour proposer de nouveaux produits et être précurseur dans le domaine de la maison individuelle. ©ACT'STUDIO

Maisons Gitec (Groupe immobilier technique études et constructions) a toujours été innovant sur le marché de la construction de maisons individuelles. Gitec suit en effet de près les évolutions législatives et peut se targuer de mettre en application les nouvelles normes avant même qu’elles ne deviennent obligatoires. En 2004 déjà, le constructeur de maisons individuelles, basé sur Arras, avait déployé son concept Cocoon, une maison basse consommation avec un très bon coefficient d’isolation. «La première version de la maison Cocoon proposait l’équivalent de la RT 2012, la deuxième version développée en 2014 : l’équivalent d’une maison passive avec une consommation inférieure à 70 € par an et par mètre carré», rappelle Laurent Leclercq, dirigeant de l’entreprise. 

Quelques années avant la norme BBC, le constructeur construisait donc des maisons respectant les critères d’isolation imposées. Le tout à un coût raisonnable. «Ce qui est intéressant avec ce type de construction, c’est le confort d’utilisation et surtout la valeur à la revente», poursuit-il. Aujourd’hui, l’optimisation thermique des maisons est systématique et la RT 2012 propose quelque chose de très performant. Le cadre législatif évolue donc sur l’empreinte carbone laissée par la maison pendant sa construction, son utilisation et son éventuelle déconstruction. L’idée consiste à analyser le projet de manière globale. La loi de transition énergétique pour la croissance verte vise la massification de bâtiments à énergie positive et à faible empreinte carbone dans la construction et l’utilisation. 

Tout est à faire

Gitec s’est rapidement penché sur cette nouvelle réglementation qui entrera en vigueur au début de l’année 2020. «Nous avons travaillé avec notre bureau d’études sur l’isolation et l’empreinte carbone pour trouver le meilleur équilibre entre performance énergétique et empreinte carbone», souligne Laurent Leclercq qui précise que le paradoxe réside dans un effet ciseaux : plus on va améliorer la performance énergétique de la maison, plus on va augmenter son empreinte carbone, et donc dégrader la notation. 

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La première maison bas carbone au nord de Paris a été construite par Gitec, elle se situe à Bully-les-Mines, au coeur de l’ex bassin minier. ©ACT’STUDIO

Par ailleurs, à l’heure actuelle, rien n’existe dans le domaine. Il est donc nécessaire de créer les référentiels, mais aussi les fiches techniques. «Le bilan carbone de l’ensemble des matériaux utilisés pendant la construction doit être calculé et cumulé afin d’obtenir une note, avec comme objectif final de faire en sorte de la réduire au maximum pour obtenir la meilleure classification.» Il existe quatre classes de performance énergétique et trois grades en matière d’empreinte carbone. La situation idéale est d’atteindre une performance énergétique 4 et une empreinte carbone 1. «Cette nouvelle réglementation nous pousse à regarder la construction différemment et à utiliser des matériaux plus naturels et en circuit court. Il y a d’ailleurs une forte demande des consommateurs.» 

E3C1: kesako ?

E3C1, c’est le label obtenu par la première maison bas carbone construite dans les Hauts-de-France par Gitec. Ce label a été attribué par Promotelec qui effectue des contrôles en amont et une vérification en fin du chantier. Pour obtenir le niveau E3 (énergie 3), il faut construire un bâtiment à très basse consommation et producteur d’énergie renouvelable : «Il faut toujours avoir à l’esprit qu’une maison bien isolée ne suffit pas. Il faut veiller à l’exposition, mais aussi à l’efficacité énergétique.» Pour obtenir cette classification, Gitec a eu recours à des panneaux solaires photovoltaïques qui permettent de répondre aux besoins du bâtiment. «L’objectif était de réduire la consommation de 20% et d’avoir recours aux énergies renouvelables pour consommer moins de 20 kWh/m2/an.»

«Il faut toujours avoir à l’esprit qu’une maison bien isolée ne suffit pas.»

Atteindre le niveau E1 nécessite de trouver des leviers de réduction de l’empreinte carbone et la répartir entre les consommations énergétiques et le choix des matériaux. «Nous avons par exemple utilisé du béton cellulaire pour les murs porteurs ou encore eu recours au gaz pour la production du chauffage», précise Laurent Leclercq. GRDF a accompagné Gitec sur ce premier pavillon bas carbone, prouvant que le gaz est encore une énergie d’avenir…