CD de la semaine

John Coltrane Un an après la sortie de l’album inédit de John Coltrane, Both Directions At Once : The Lost Album, le légendaire label Impulse sort de ses archives Blue World, un autre trésor oublié du saxophoniste américain. Soit huit morceaux enregistrés le 24 juin 1964 avec McCoy Tyner (piano), Jimmy Garrison (contrebasse) et Elvin […]

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John Coltrane

Un an après la sortie de l’album inédit de John Coltrane, Both Directions At Once : The Lost Album, le légendaire label Impulse sort de ses archives Blue World, un autre trésor oublié du saxophoniste américain. Soit huit morceaux enregistrés le 24 juin 1964 avec McCoy Tyner (piano), Jimmy Garrison (contrebasse) et Elvin Jones (batterie) dans les studios Rudy Van Gelder et composant la bande sonore d’un film intitulé Le Chat dans le sac, signé du réalisateur québécois Gilles Groulx. Pour ce projet, le saxophoniste et son groupe ont rejoué cinq œuvres parues dans des disques précédents. L’album regroupe ainsi deux prises de «Naima», composition tirée de l’album Giants Steps (1960), trois prises de «Village Blues» et une prise de «Like Sonny», deux titres issus de Coltrane Jazz (1960), une prise de «Traneing In» publiée initialement dans John Coltrane with the Red Garland Trio (1958), et enfin le titre éponyme, réécriture d’un morceau composé par Harold Arlen dans Out of this World, et que le saxophoniste avait déjà revisité dans Coltrane (1962). Un album indispensable pour les afficionados !

Blue World (Impulse !).

 

Stephane Belmondo & Sylvain Luc

Vingt ans après leur premier disque en duo, Ameskeri, où ils reprenaient avec brio le «Menilmontant» de Trenet ou la «Chanson Douce» de Salvador, le trompettiste Stephane Belmondo et le guitariste Sylvain Luc publient un nouvel opus au titre numérique : 2.0. Car après avoir marqué de leur empreinte les trois dernières décennies du jazz européen, les deux complices épris de liberté enrichissent leur trajectoire musicale avec cet opus intimiste mais pétri de swing. En osmose parfaite, ils cheminent avec virtuosité entre rigueur et générosité, densité et légèreté, élégance et improvisation. Outre six compositions de Sylvain Luc et trois de Stephane Belmondo, l’album offre deux reprises : «Un homme dans la ville» de Philippe Sarde tirée de la BO de Mort d’un pourri et «Ribbon On The Sky» de Stevie Wonder. Un disque au raffinement rare.

2.0 (Naïve/Believe Digital).

 

Laurent Coulondre

En 1999, disparaissait Michel Petrucciani, le plus petit pianiste du monde et géant de l’histoire du jazz. Le jeune Laurent Coulondre découvrait alors l’album Michel plays Petrucciani et fut littéralement subjugué par l’esthétique de cet artiste rare : l’osmose parfaite entre puissance rythmique et sens de l’épure mélodique. 20 ans plus tard, Laurent Coulondre publie un album en hommage au maestro et s’inscrit dans l’équilibre intergénérationnel que Michel Petrucciani a toujours défendu et promu. Entouré, à la basse et contrebasse, de l’extraordinaire musicalité du jeune Jérémy Bruyère et, à la batterie, de l’immense André Ceccarelli, le brillant claviériste propose un répertoire émouvant à la hauteur du génie généreux et solaire du légendaire pianiste, mariant à merveille des sons riches et chauds et une rythmique volcanique et subtile.

Michel on My Mind (New World Production/L’Autre Distribution).

 

Ethan Iverson & Tom Harrell

Après Temporary Kings en 2018, un album en duo avec le saxophoniste Mark Turner, le pianiste Ethan Iverson est ici à la tête de son propre quartet dans le cadre d’un programme de standards et de blues enregistré live à Manhattan dans le mythique club du Village Vanguard. Un concert enregistré avec le trompettiste Tom Harrell, où Ethan Iverson met en avant la «vulnérabilité» poétique dont fait preuve le trompettiste dans son jeu, tout particulièrement dans des ballades comme «The Man I Love» et «Polka Dots and Moonbeams», deux des sommets de l’album. Mais cette performance est également traversée d’un swing irrésistible, grâce à une section rythmique composée du contrebassiste Ben Street et du batteur Eric McPherson, dont la complicité et l’inventivité contribuent grandement à la réussite du fameux thème bebop de Denzil Best «Wee» ainsi qu’à deux blues originaux d’Iverson.

Common Practice (ECM).