Plateforme fluviale de tri

Verdipole : flotter vers le succès ?

Port de Lille, les projets intermodaux émergent : avec l’inauguration de la plateforme fluviale de Verdipole, le 27 septembre dernier, les capacités du transport fluvial à servir les problématiques environnementales sont mises en avant. 

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Le site de Santes couvre près de deux hectares. (Crédit Photo: MR pour Aletheia Press)

Dix-huit mois après le lancement de sa manifestation d’intérêt, le port de Lille voit aboutir la réalisation d’une plateforme fluviale de tri, de transit, de regroupement, de traitement et de valorisation de matériaux issus des activités régionales du BTP. Créée dans ce but, Verdipole, filiale du groupe Energipole, occupe désormais, pour dix ans, près de deux hectares le long de la Deûle, dans la zone portuaire de Saintes. Auparavant, la société s’était déjà illustrée avec le projet Millénium, valorisant «200 000 tonnes de déchets, dont 80 000 tonnes par voie fluviale», rappelle son directeur général, Mathieu Lasvaux. À Santes, et dans le droit-fil des axes du Grenelle de l’environnement, Verdipole a bénéficié du soutien de l’ADEME pour les opération de tri, de pré-retraitement et de recyclage de matériaux inertes (déblais, gravats, enrobés, craie…). De plus, la société est une spécialiste de la dépollution des sols, grâce à un traitement biologique par des composés organiques. Un an après son lancement opérationnel en juillet 2018, Verdipole a fait transiter 240 000 tonnes de matériaux, dont 185 000 valorisées par voie fluviale, soit 80%.

Le transport fluvial est privilégié pour le traitement des déchets.(Crédit Photo: MR pour Aletheia Press)

Une croissance du fluvial et une convergence économique

«Cela nous classe parmi les premiers logisticiens vrac des Hauts-de-France», souligne encore son directeur général. Les capacités de Verdipole se situent à un niveau de transport de 3 000 tonnes/jour. L’objectif du zéro enfouissement est clairement affiché par la direction. Cet argument peut convaincre la clientèle-cible composée des industriels de la région, mais aussi de Normandie et de l’est du pays. Verdipole place également ses espoirs dans les chantiers des JO de Paris. Par ailleurs, Voies navigables de France (VNF) se félicite d’avoir confié à la CCI de Lille l’exploitation du port fluvial de Santes. Sa directrice territoriale, Isabelle Matikowski, a souligné la croissance des trafics fluviaux : «+30% depuis dix ans malgré une part intermodale encore faible». Les acteurs du fluvial peuvent se montrer optimistes si on en juge les 300 millions d’euros d’investissements inscrits au contrat de plan État-Région et par les nouvelles perspectives que promet le traitement des sédiments fluviaux… «Vous êtes totalement dans les prescriptions de notre philosophie d’entreprendre avec rev3 et je constate qu’ici, l’histoire que nous cherchons à bâtir rebondit encore», a déclaré Philippe Hourdain, président de la CCI Hauts-de-France. Fondateur du groupe, Alain Mallard a fixé la prochaine étape : «plusieurs centaines de millions d’euros»…

Le groupe Energipole

Energipole environnement emploie 250 personnes pour un chiffre d’affaires de 61 millions d’euros (2018). Spécialisé dans la dépollution des sols et la réhabilitation des friches de tout type, ce groupe français est dirigée par Alain Mallard. Sa filiale Verdipole est dédié aux donneurs d’ordre publics ou privés dont le passif environnemental se doit d’être traité dans le cadre d’une réglementation toujours plus conséquente. Verdipole est certifiée MASE, fait partie du pôle de compétitivité Team 2 (relative à l’innovation pour l’économie circulaire) et vient d’adhérer à la Fédération professionnelle des entreprises du recyclage. Elle travaille à des projets d’énergie photovoltaïque, à la valorisation du biogaz (La Réunion, Guadeloupe) ou encore en géothermie (Massif central).