L'enfer du nord

Du pavé au palais

Brasseur et agriculteur (bien qu’il n’ait plus le temps pour cette activité), Sylvain Delhaye brasse des bières artisanales à Quérénaing. L’enfer du Nord est la dernière de ses créations.

Deux médailles au Concours général agricole cette année. C’est ce qu’a remporté Sylvain Delhaye pour deux de ses bières artisanales.

Ancien agriculteur à Sommaing sur Écaillon et brasseur autodidacte – ses grands-parents étaient eux-mêmes brasseurs -, Sylvain Delhaye s’est d’abord lancé dans la création de la bière blonde L’Écaillon en 2012. «Ca a été la première star. Elle est légère et désaltérante, à 5 degrés. Puis j’en ai fait une à 7 degrés, et je l’ai déclinée en ambrée. J’en ai aussi fait une cuvée de Noël», énumère le brasseur.

En 2015 a suivi la naissance de la Triplus, qui a récolté la médaille d’argent au Concours général agricole 2019. Tout comme l’Écaillon, la Triplus a été déclinée, notamment avec d’étonnantes notes de chocolat. «C’est le résultat d’une complicité avec le pâtissier de la maison valenciennoise La Gourmandine. De son côté, il a créé un chocolat inspiré de la Triplus. La bière et le cacao, c’est une même histoire d’amertume», remarque le passionné.

Sylvain Delhaye brasse l’Enfer du Nord à Quérénaing, près de Valenciennes.

Une bière médaillée d’or

L’objectif de toutes ses créations est de mettre en valeur les atouts du territoire. C’est encore le cas avec sa toute dernière, qui a maintenant trois ans : L’enfer du Nord. Depuis L’Écaillon, elle a finit par prendre la vedette auprès des clients, jusqu’à obtenir la médaille d’or au dernier Concours général agricole. Déclinée en 6 puis 9 degrés, cette bière blonde veut raconter le patrimoine du Nord, en étroite collaboration avec les amis de Paris-Roubaix. «L’enfer du Nord, c’est le patrimoine minier mêlé au cyclisme, et à notre savoir-faire. Il faut rappeler que notre région est la deuxième région brassicole de France, et que le Paris-Roubaix et la deuxième plus grande course de cyclisme à l’international», énonce Sylvain Delhaye.

L’étape phare de Paris-Roubaix est la traversée de la trouée d’Arenberg, tout près d’un ancien site minier. Pour boire l’Enfer du Nord, le brasseur de Quérénaing pousse le bouchon de l’immersion en invitant ses clients à utiliser un verre en forme de pavé. «On sait que le pavé est un enfer pour les cyclistes qui arrivent à l’étape de Wallers-Arenberg, mais il fait aussi partie de notre patrimoine architectural. Boire dans ce pavé, un peu lourd à porter, c’est vivre l’expérience du Nord».

Au service des entreprises

Ces verres et les bières qui l’accompagnent commencent à être commercialisés chez certains cavistes de la région, et dans la boutique Terre et Tradition que le brasseur tient à Quérénaing depuis 2004. Certaines de ses bières sont aussi proposées dans les offices de tourisme : Sylvain Delhaye ne fait pas seulement des bières pour son propre compte, mais aussi à la commande de collectivités ou d’entreprises locales. C’est par exemple grâce à lui que la ville de La Madeleine a sa propre bière : La Madeleinoise.

Pour compléter sa palette de services aux entreprises, l’ancien agriculteur met à disposition une salle de réception au cœur de sa brasserie.

Cependant, celui qui brasse 600 hectolitres de bière par an dit manquer de place. Sylvain Delhaye envisage donc d’élargir ses locaux, voire de démanger.

 «Boire dans ce pavé, un peu lourd à porter, c’est vivre l’expérience du Nord»