Cadeaux de fin d’année – DVD

Gene Tierney Sublime interprète de quelques-uns des chefs-d’œuvre du cinéma américain – Le ciel peut attendre d’Ernst Lubitsch, Laura d’Otto Preminger, Péché mortel de John M. Stahl ou L’Aventure de madame Muir de Joseph L. Mankiewicz –, Gene Tierney aura traversé la décennie 1940-1950 tel un astre magnétique illuminant les films des plus grands cinéastes de l’époque. […]

Gene Tierney

Sublime interprète de quelques-uns des chefs-d’œuvre du cinéma américain – Le ciel peut attendre d’Ernst Lubitsch, Laura d’Otto Preminger, Péché mortel de John M. Stahl ou L’Aventure de madame Muir de Joseph L. Mankiewicz –, Gene Tierney aura traversé la décennie 1940-1950 tel un astre magnétique illuminant les films des plus grands cinéastes de l’époque. Outre Les Forbans de la nuit de Jules Dassin et Mark Dixon détective d’Otto Preminger, cet indispensable coffret présente Shanghai Gesture (1941), l’un des joyaux de Josef Von Sternberg inédit en DVD. Le récit se déroule à Shanghai, enclave internationale peuplée d’individus de toutes nationalités. Des personnages au nom d’emprunt, au passé secret, évoluent dans un casino luxuriant appartenant à une femme appelée ‘Mother’ Gin Sling (Ona Munson). Poppy Smith (Gene Tierney) découvre ce lieu fascinant et, sous l’influence d’un riche Égyptien (joué par Victor Mature), plonge dans l’enfer du jeu. Cependant, le casino est menacé d’expropriation par un mystérieux milliardaire et ‘Mother’ Gin Sling cherche alors à découvrir l’identité de l’acheteur pour le faire tomber… Réalisateur mythique de L’Ange bleu ou L’Impératrice rouge avec Marlène Dietrich, Josef Von Sternberg signe ici l’un de ses derniers films, l’un des plus aboutis de sa carrière hollywoodienne. Conte oriental aux allures de fresque historique, à la fois extravagant et somptueux, Shanghai Gesture est une ode à l’âge d’or hollywoodien magnifiée par une Gene Tierney ensorcelante et vénéneuse.

Wild Side.

 

L’âge d’or d’Hollywood

La « Screwball Comedy » ou comédie loufoque marqua d’une pierre blanche la décennie 1930-1940 à Hollywood, tirant son nom de l’argot américain dans lequel « screwball » désigne un individu au comportement étrange voire excentrique. Une époque incroyablement créative et finalement méconnue, durant laquelle la « Screwball Comedy » révolutionna l’histoire de la comédie hollywoodienne, bouleversant la mise en scène des relations de couples. Les plus grands réalisateurs s’y sont attelés avec notamment Frank Capra, Leo McCarey, Billy Wilder, Ernst Lubitsch, Howard Hawks, George Cukor ou Preston Sturges. Le genre connaîtra ses lettres de noblesse entre 1934 et 1942, avec pas moins d’une centaine de films. Ce magnifique coffret réunit trois grands classiques du genre dont La Dame du vendredi (1945) de Howard Hawks. L’histoire de Walter Burns (Cary Grant), rédacteur en chef d’un quotidien, qui entreprend de reconquérir son ex-épouse, Hildy (Rosalind Russel). Laquelle a décidé de se remarier et d’abandonner le métier de journaliste. Cependant, un criminel s’est évadé et Walter envoie Hildy couvrir l’affaire. Aidé par Louis, un petit truand, Walter fera passer une journée trépidante à Hildy, chez qui il espère voir renaître la flamme du journalisme, et une journée épouvantable à son futur époux. Porté par ses personnages excentriques et la fulgurance de ses dialogues, La Dame du vendredi est un sommet du genre.

Autre parfaite réussite, Mon homme Godfrey (1936) de Gregory La Cava. A la suite d’une chasse au trésor, Irene Bullock (Carole Lombard) persuade sa mère d’engager Godfrey (William Powell) comme majordome. Découvert dans une décharge de New York, Godfrey est un vrai pauvre mais aussi l’héritier d’une grande famille de Boston, ruiné par la crise. Celui que l’on surnomme «The Duke» finit rapidement par tirer les ficelles du jeu et prendre l’ascendant sur ses hôtes… Une œuvre illuminée par le jeu de Carole Lombard dont l’intensité dans la folie et la tension hallucinée atteignent des sommets insoupçonnés.

Editions Montparnasse.