Bilan GRTgaz

Le gaz pour une région plus au vert

Thierry Daniel, délégué Nord-Est de GRTgaz, a présenté le bilan gaz 2019 des Hauts-de-France. Il insiste sur l’importance du territoire pour l’acheminement du gaz dans toute l’Europe. Une énergie fortement sollicitée cette fois pour produire de l’électricité.

28 millions de tonnes de CO2 en moins. C’est ce qu’a permis la production d’électricité à partir de gaz dans la région. Soit l’équivalent des émissions annuelles de 17 millions de voitures.

Face à la moindre disponibilité du parc nucléaire et à la baisse de la production hydraulique française en 2019, le gaz a largement été utilisé pour produire de l’électricité dans les foyers des Hauts-de-France (+26% par rapport à 2018). De quoi stabiliser la consommation régionale en gaz brut (71 milliards de kWh), puisque les industries, elles, ont moins eu recours à cette énergie, notamment à cause d’un contexte économique difficile dans les secteurs du sucre, de la métallurgie et du papier-carton.

Mais le réseau GRTgaz des Hauts-de-France ne profite pas qu’aux Nordistes et Picards : 80% du gaz consommé en France passe par les 4 177 km de réseau de transport de la région. Ces canaux, notamment via Dunkerque, ne sont pas seulement une porte d’entrée du gaz pour toute la France, mais aussi pour l’Europe de l’Ouest. Si bien que le réseau GRTgaz a permis d’exporter un volume record de 115 milliards de kWh vers la Belgique, la Suisse, l’Italie et l’Espagne.

Crédit photo: azmoun hamid

Les Hauts-de-France toujours en tête pour le biométhane

En 2019, 46 millions d’euros ont été investis pour fluidifier le transport du gaz et gagner en compétitivité. Une part de 43 millions d’euros a été dédiée à la conversion des réseaux gaz B et gaz H, sur 2018-2019, autour de Grande-Synthe, Gravelines et Doullens.

«En France, le gaz est importé de Norvège, de Russie ou encore d’Algérie. Cela correspond à du gaz H. Mais auparavant, le gaz était importé de Hollande. C’était du gaz B, qui est actuellement en voie d’extinction. La conversion des foyers est alors nécessaire», détaille Thierry Daniel, délégué Nord-Est de GRTgaz. En 2019, 37 000 clients et 4 industriels ont été convertis. GRTgaz espère 20 millions d’euros de retombées locales grâce à ces travaux.

Autres gros travaux qui ont rythmé la production d’énergie l’an passé : la construction d’unités de méthanisation. Six nouveaux sites de production de biométhane ont été raccordés aux réseaux gaziers de la région, portant à 17 le nombre de sites dans les Hauts-de-France. Soit 124 GWh injectés dans les réseaux en 2019 (+157% par rapport à 2018)

Ce chiffre ne va cesser d’augmenter dans les années à venir, puisque la région enregistre déjà 141 des 1 085 projets de construction recensés au national, promettant 3,9 milliards de kWh de gaz renouvelable produit par an à l’horizon 2022-2023 (l’équivalent de la consommation annuelle de 321 000 foyers ou 5,5% de la consommation régionale de gaz).

Pour mener à bien l’ensemble de ces projets, GRTgaz a d’ailleurs fait l’annonce de sa participation au nouveau fonds « Eiffel gaz vert » à hauteur de 40 millions d’euros (sur les 200 millions prévus), afin de financer 50 à 100 unités de méthanisation.